Deux performances des élèves de théâtre le 26 mars#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

Soirée de lectures à Jean Vilar le mardi 26 mars à 18h00 :

Les extraits des textes de Mariette Navarro, Sylvain Renard, Karin Serres, Carole Thibaut… seront lus par les élèves en terminale option théâtre du Lycée Frédéric Mistral, sous la direction de Christian Giriat.

Cet événement est organisé à l’occasion du don à la BnF d’une importante collection de tapuscrits de La Chartreuse – Centre national des écritures de spectacle de Villeneuve-lez-Avignon.
Il sera en présence de Catherine Dan, directrice de la Chartreuse, et de Joël Huthwohl, directeur du département des Arts du spectacle de la BnF.

Entrée libre et gratuite.

Lecture de textes d’élèves inspirés par l’exposition de Yuan Chin-Taa au musée Vouland le mardi 26 mars à 17h00 :

Dans le cadre du Printemps des Poètes, Insaisissable beauté :
Les élèves de première option facultative théâtre du Lycée Mistral vous révèlent la [mystérieuse] beauté cachée dans ce lieu, d’une tapisserie flamande à un poisson-feuille de Yuan Chin-taa, dans un jeu de correspondances poétiques.
Sur réservation auprès du Musée

Au théâtre de La Colline Stanislas Nordey monte et joue Edouard Louis#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

« Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question esthétique :

une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne.

Pour nous, c’était vivre ou mourir ». Édouard Louis

Dans la lignée de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux ou Didier Eribon, l’écriture d’Edouard Louis se déploie à partir de son existence. Après avoir marqué nombre de ses lecteurs avec ses deux premiers romans aux allures biographiques En finir avec Eddy Bellegueule en 2014 et Histoire de la violence en 2016, il répond à l’invitation du metteur en scène et interprète Stanislas Nordey, un texte à dire, à lire, une œuvre pour le théâtre.

Ce nouveau récit se présente sous la forme d’un monologue. Un homme se rend dans l’appartement de son père et découvre, sur une chaise, un corps abîmé, celui d’une certaine classe ouvrière d’une région défavorisée de la France d’aujourd’hui. Il prend la parole et se remémore des épisodes de son enfance dans la tentative d’expliquer comment le corps de son père en est arrivé, encore jeune, à un tel délabrement. Dans une volte-face littéraire, le politique rejoint l’intime et raconte le corps des hommes.

Et aussi, cet entretien avec Stanislas Nordey : l-humeur-vagabonde-16-mars-2019

Une leçon de théâtre dans « Le Capitaine Fracasse »#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

Faites-vous plaisir et écoutez particulièrement le passage de 24’30 à 26’02 et celui entre 48’20 et 49’40…. À méditer…


ca-peut-pas-faire-de-mal-02-mars-2019

L’édition 2019 du Feuilleton du Festival d’Avignon#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

Nous préparons le prochain feuilleton théâtral organisé par le Festival d’Avignon.
Nous avons le plaisir de vous inviter à une réunion de présentation du projet
le mardi 19 mars à 18h30 à La FabricA, 7 rue Paul Achard, 84000 Avignon.
Cette nouvelle expérience collective suit les grandes lignes des éditions passées et nous sommes à la recherche de personnes amateurs, habitants de la région et souhaitant participer à cette création dont le thème est celui de l’édition : les odyssées.
Pour participer : l’envie est le premier des pré-requis mais au-delà, il faut également prévoir une disponibilité d’avril à juillet qui reste à définir selon un planning de répétition et de représentation.
Un autre pré-requis est d’être âgé de 16 ans minimum ainsi que de participer pour la première fois à ce projet de feuilleton théâtral.
Des groupes seront constitués, il n’est pas nécessaire d’être présent durant tout le Festival d’Avignon.
Le travail sera d’avantage de l’ordre de la lecture à voix haute et de la présence que du jeu théâtral.

Pétition pour la défense des enseignements artistiques au lycée#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

LISEZ, SIGNEZ ET DIFFUSEZ CECI  CAR LES ENSEIGNEMENTS ARTISTIQUES SONT MENACÉS PAR LA RÉFORME DU LYCÉE (cliquez sur le lien en blanc ci-dessous) :

pour-la-sauvegarde-des-enseignements-artistiques?recruiter=935518885&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Le témoignage d’un ancien élève du lycée devenu acteur, auteur, metteur en scène reconnu :


« Je m’appelle Baptiste Amann. Je suis un ancien élève de l’option théâtre du lycée Frédéric Mistral à Avignon.
Nos heures de pratique se déroulaient à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon, magnifique lieu de résidence pour les écrivains de théâtre, et structure essentielle pour la représentation de l’écriture dramatique contemporaine en Europe.
Ce fut une expérience incroyable, un choc, une révélation.
En fin de terminale je tentai le concours de l’ERACM, animé par la nécessité de faire du théâtre un métier. Je rentrai dans cette école à tout juste 18 ans.
Aujourd’hui je suis comédien, auteur, metteur en scène. Je suis directeur artistique de ma compagnie implantée en Aquitaine, et artiste associé au théâtre du Merlan à Marseille, au TNBA à Bordeaux et à la Comédie de Béthune. Mes pièces sont publiées aux éditions Théâtre Ouvert-Tapuscrits et jouées sur les plateaux de nombreux CDN et scènes nationales. Je vis de mon métier. Ce n’est pas pour me faire valoir que j’établis cette liste, mais pour souligner le fait que sans l’option théâtre je n’en serais pas là. Je ne ferais certainement pas de théâtre car je suis d’un milieu où l’idée ne pouvait pas apparaître d’elle-même. Il fallait être « initié », sans quoi le passage d’un monde à l’autre n’aurait jamais eu lieu. Et ce sont bien les professeurs et artistes intervenants Jacques Roubaud, Géraldine Tellène, Nathalie Fillon et Christian Giriat, à qui je rends aujourd’hui hommage, qui ont eu ce rôle de passeurs essentiels.
Ils ont, et ce n’est pas une formule, c’est un fait, changé ma vie. »

Le théâtre, une gourmandise….#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

Sans commentaire….

Avis de disparition#Bobo#Serge Merlin#

Le Lundi 25 mars, 2019. Pas de commentaires

Deux grands chers interprètes disparus….

L’acteur de théâtre Serge Merlin, connu notamment pour ses interprétations des pièces de Thomas Bernhard, Beckett et Shakespeare est mort samedi à 86 ans à Paris.

Au cours de sa carrière, il a joué avec les plus grands metteurs en scène, Patrice Chéreau, Matthias Langhoff, André Engel, Alain Françon, et il avait été marqué à jamais par ses deux interprétations du Roi Lear de Shakespeare. Il avait connu un passage à vide, pendant une dizaine d’années, avant de remonter sur scène au Festival d’Avignon en 1978 avec Le Dépeupleur de Beckett.

« Il avait un rapport quasiment religieux au théâtre », a estimé de son côté son ami et ex-agent Nicolas Derouet, qui voit dans sa disparition une perte majeure pour le théâtre.

Outre ses nombreux rôles au théâtre, Serge Merlin avait joué dans une vingtaine de films. Son rôle le plus célèbre sur le grand écran était sans doute le personnage de Raymond Dufayel, « l’homme de verre », qu’il avait incarné dans Amélie Poulain

au début des années 1990. Un personnage particulièrement poignant, puisqu’il incarnait « l’homme de verre », un peintre atteint de la maladie des os de verre et vivant cloîtré.

Il avait également joué dans un autre film célèbre de Jean-Pierre Jeunet, La Cité des enfants perdus. Son dernier rôle au cinéma était celui de Louis XI dans Un peuple et son roi de Pierre Schoeller, sorti l’an dernier en salle.

Et puis Bobo, comédien cher à Pippo Delbono est parti lui aussi.

« La vérité au théâtre, c’est quand l’acteur réussit à faire un geste, à dire un mot comme si c’était la première et la dernière fois qu’il le faisait dans sa vie. C’est comme si quelque chose naissait et mourait à cet instant. Et toi, en tant que public, tu as la sensation de voir un geste qui est fait pour toi seul. En cela Bobo est un grand maître. » Voilà ce qu’écrit Pippo Delbono dans son livre Le Don de soi, paru chez Actes Sud en octobre 2018. Aujourd’hui, il faut mettre à l’imparfait la dernière phrase du metteur en scène italien : Bobo est mort, vendredi 1er février, d’une pneumonie, à l’hôpital d’Aversa en Italie, à 82 ans.

Pippo Delbono et lui étaient indissociables, depuis qu’ils s’étaient rencontrés, en 1996. A l’époque, Pippo Delbono traversait un de ces « trous noirs » qui jalonnent sa vie. Son psychiatre lui a conseillé de faire des stages avec des internés. Il est ainsi allé dans l’asile psychiatrique d’Aversa, près de Naples, où il a vu Bobo, qui y vivait depuis trente-cinq ans. « Il est destiné à être pour toujours un enfant », disaient les médecins.

Microcéphale et sourd-muet, Bobo – Vincenzo Cannavacciuolo, à l’état civil – ne connaissait le monde que par la télévision quand Pippo Delbono l’a pris sous son aile. Ou l’inverse. Car les deux hommes se sont sauvés l’un l’autre. Dans l’exposition « Ma mère et les autres », présentée à La Maison rouge, à Paris, en 2014, on voyait sur un écran de télévision Bobo et Pippo en Vespa. Ils venaient de quitter l’asile d’Aversa, où ils étaient retournés, et ils roulaient sur un chemin caillouteux, au milieu des arbres.

Lire la critique de l’exposition « Ma mère et les autres » : Pippo Delbono enfouit ses souvenirs entre les murs de La Maison rouge

Vent de la vie

Passons au présent, parce que ce souvenir ne nous quitte pas : ils roulent, Pippo devant, Bobo à l’arrière. Après les longs couloirs terribles de l’asile, on sent sur leur visage le souffle du vent. C’est le vent de la vie, plus fort que tout. Bobo l’avait en lui. Il a su l’insuffler à Pippo qu’il voyait prostré dans un fauteuil, après la mort de sa mère. Il venait tout près, poussant de petits cris, pour lui redonner ce désir de vivre qu’il avait perdu.

Pippo Delbono et Bobo (à droite) dans le film réalisé par Pippo Delbono, « Grido ».Pippo Delbono et Bobo (à droite) dans le film réalisé par Pippo Delbono, « Grido ». PIERRE GRISE DISTRIBUTION

Sur scène, c’était pareil : Bobo ne jouait pas, il était, et cela seul suffisait pour que le théâtre advienne, comme il en va avec certains acteurs d’exception. Miracle de la présence immédiate : il suffisait à Bobo d’enfiler un costume pour qu’il soit le personnage. Et la salle ne voyait que lui. Là encore, les souvenirs affluent, au présent.

2002, le Festival d’Avignon découvre Pippo Delbono avec Il SilenzioGuerra et La Rabbia, présentés dans la cour d’une école, avec un sol de terre et d’immenses platanes. A la fin d’Il Silenzio (Le Silence), qui fait entendre le silence de la mort après un tremblement de terre, un homme tout petit prend par la main la femme la plus grande, la plus belle. Une silhouette dans la nuit du temps. Bobo. Le même qui, dans Guerra (Guerre), fume sa cigarette, ou s’assied sur une malle et pose des masques sur son visage pendant que Pippo Delbono, de sa voix à la Carmelo Bene, raconte des fables en quelques phrases.

Emblème de la compagnie

Il est toujours ainsi, Bobo. Si fortement ancré dans l’instant qu’il en arrive à effacer ceux qui voudraient immortaliser un instant, comme Yasser Arafat, auprès de qui il a été photographié quand la troupe de Pippo Delbono a joué Guerra à Ramallah, en 2003. Sur la photo, la star, c’est lui, pas le leader palestinien… Rien d’étonnant si, au fil du temps, Bobo est devenu l’emblème de la compagnie qui travaille à la frontière de l’art et de la vie. Sur le plateau, il sait être multiple, tout en restant lui, unique et semblable à ceux que Pippo aime réunir, des êtres loin de la normalité et proches d’une vérité immémoriale.

Bobo pouvait tout être : grand-père idéal dans une famille idéale qui vole en éclats, dans Gente di plastica (Gens de plastique), en 2002, Mozart dans l’opéra Don Giovanni, en 2014, fier comme un roi, filmé dans les galeries du château de Versailles, dans La Visite, en 2015… Mais, s’il fallait ne retenir qu’un souvenir, ce serait celui-ci, qui les contient tous. En 2008, à la fin de la pièce La Menzogna (LeMensonge), Bobo s’approche de Pippo, qui est nu comme un vers. Il lui tend ses vêtements, le fait s’habiller, le prend par la main et le mène au bord du plateau, tout près des spectateurs. On croit alors regarder Bobo. C’est lui qui nous voit.

A propos de « Ça ira, fin de Louis (1) » de Joël Pommerat

Le Jeudi 22 mars, 2018. Pas de commentaires

Ayez la curiosité de consulter cet abécédaire du spectacle écrit par des chercheurs en littérature qui se questionnent sur l’imaginaire de la révolution. Ils parlent du spectacle par des entrées spécifiques, en mettant en parallèle avec des textes, la plupart du temps contemporain de la révolution.
http://www.thaetre.com/2017/03/24/ca-ira-de-a-a-z/

Recrutement d’amateurs pour le prochain feuilleton du Festival d’Avignon#

Le Mercredi 14 mars, 2018. Pas de commentaires

En 2015, le Festival d’Avignon lançait le feuilleton La République de Platon d’Alain Badiou, réunissant des artistes et habitants de la ville d’Avignon autour de lectures à voix haute. Depuis, ce rendez-vous quotidien est devenu un incontournable du Festival d’Avignon. En 2016, La Piccola Familia a conçu un projet original en seize épisodes à partir de L’Histoire du Festival d’Avignon. En 2017, Christiane Taubira et Anne-Laure Liégeois, accompagnée d’une quarantaine de femmes et d’hommes volontaires de 10 à 77 ans, ont donné à entendre des auteurs et des textes porteurs d’émancipation et de combats pour l’acquisition et le respect des droits.

Après ces réussites, nous sommes heureux de préparer le prochain feuilleton, composé de 13 épisodes, qui se déroulera du 7 au 21 juillet 2018, à 12h dans le Jardin Ceccano.

Cette nouvelle expérience collective suit les grandes lignes des éditions passées et nous sommes à la recherche d’amateurs, habitants de la région et souhaitant participer à cette création.

Cette année, la ligne directrice est la lutte contre les discriminations.

Nous souhaiterions, au sein de ces amateurs, accueillir des adolescents volontaires, auprès desquels vous pourriez, si bien sûr vous le souhaitez, vous faire le relai de ce projet. Si, dans vos classes, certains élèves étaient intéressés, n’hésitez pas à me faire remonter l’information, leur éventuelle inscription à la réunion d’information, et également à les renvoyer directement vers moi s’ils souhaitaient en discuter de manière plus poussée.

Pour participer : l’envie est le premier des pré-requis mais au-delà, il faut également prévoir une disponibilité de mars à juillet qui reste à définir selon un planning de répétition et de représentation. Des groupes seront constitués, il n’est pas nécessaire d’être présent durant tout le Festival d’Avignon.

Le travail sera d’avantage de l’ordre de la lecture à voix haute et de la présence que du jeu théâtral. Il est en revanche important d’insister auprès de vos élèves éventuellement motivés sur l’engagement que représente un tel projet, qui demandera notamment de prendre sur leur temps libre et de faire preuve d’assiduité dans le travail avec l’équipe artistique et les autres amateurs.

Une réunion de présentation du projet est ainsi proposée à toutes les personnes intéressées

le jeudi 22 mars à 18h30

Salle audiovisuelle de l’ISTS (Institut Supérieur des Techniques du Spectacle)

Cloître Saint-Louis, 20 rue du Portail Boquier, 84000 Avignon

Concours des écoles de théâtre : « tout se passe dans l’instant »#

Le Vendredi 23 février, 2018. Pas de commentaires

Article du Monde daté du 14 février 2018
Etudiants du Conservatoire en répétition en juin 2017 (Christophe Raynaud de Lage)

Ils étaient 1331 candidats inscrits au premier tour du concours du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris en 2017. Ils n’étaient que trente, quinze garçons et quinze filles, à voir leurs noms affichés sur la liste des admis à l’issue de trois épreuves éliminatoires.

La saison des concours a débuté pour les jeunes comédiens souhaitant intégrer des écoles supérieures d’art dramatique (lire notre post Quelles formations pour se préparer aux concours des écoles supérieures d’art dramatique ?). Cette année, le premier tour du CNSAD – l’établissement qui attire le plus grand nombre de candidats – se déroulera du 5 au 17 mars 2018.

Pour départager ces postulants âgés de 18 à 25 ans, un exercice imposé : la scène de concours. Au Conservatoire de Paris, elle ne dure jamais plus de trois minutes, au risque de se voir imposer un implacable « merci » en cas de dépassement du chronomètre.

Trente candidats par jour

Quatre scènes sont à préparer pour le premier tour :  une en alexandrins, une écrite avant 1980, une après 1980 et enfin un parcours libre, expression des talents du candidat. Claire Lasne-Darcueil, directrice du Conservatoire depuis 2013, a imposé une règle simple. Le candidat a le choix de la première scène qu’il souhaite passer durant l’épreuve, « ce qui lui permet de bien se concentrer », détaille la directrice. « Le jury demande ensuite à écouter une à trois scènes supplémentaires ou pose quelques questions au candidat sur son envie d’entrer à l’école ».

Ce jury, composé de cinq professionnels du monde du spectacle, voit défiler trente personnes par jour. Trente candidats accrochés au même rêve, présentant en cent quatre-vingt secondes le fruit de plusieurs mois, parfois même d’années, de travail acharné. « Nous avons le devoir de rester frais et ouverts à toutes les propositions» affirme Claire Lasne-Darcueil. Nous votons ensuite pour les candidats admis au deuxième tour. D’ailleurs, nous sommes en général assez unanimes sur les gens que nous souhaitons revoir. Il y a des évidences.»

Savoir « être au présent »

Ce qui est déterminant pour le jury, selon Claire Lasne-Darcueil, ce n’est pas tant le niveau technique que la capacité à être « au présent ».

« Tout se se passe dans l’instant. Tout d’un coup, on ne voit plus quelqu’un qui fait du théâtre mais on est face à quelqu’un qui est tout simplement là. »

Un fragile équilibre entre présence scénique et gestion du stress qui induit bien évidemment des rendez-vous manqués entre les acteurs en herbe et leurs auditeurs : « Les concours sont arbitraires, il suffit de voir le nombre de candidats pour le nombre d’admis. Et il y a des gens formidables qui ratent parce qu’ils ne sont pas vraiment là au moment de leur passage. Ce qui ne remet en aucun cas en question leur potentiel ou leur valeur. »

Concernant le choix des scènes de concours, Claire Lasne-Darcueil n’a pas de préconisations particulières mais elle apprécie lorsque les jeunes comédiens lui font « découvrir des textes ou des auteurs » : « Des scènes trop passées par les candidats peuvent appauvrir l’écoute du jury. L’année dernière, on a entendu beaucoup de Wajdi Mouawad ou de Falk Richter. »  A bon entendeur… Mais, « il n’y a pas de recette » ajoute prestement Claire Lasne-Darcueil.

Changer la place des femmes sur scène

La directrice du CNSAD a néanmoins formulé une doléance, il y a trois ans de cela, lors d’une rencontre au Théâtre de la Colline questionnant les représentations de la femme sur scène.

« J’avais remarqué qu’en concours, les jeunes filles jouaient des scènes de viol, d’agression, de dégradation. Des situations caractéristiques du répertoire classique, écrit par des hommes, où la femme est malheureusement souvent montrée comme victime. C’était un spectacle assez inquiétant. »

Et Claire Lasne-Darcueil a été entendue : « en une année, ça a changé du tout au tout, c’est tout juste si les candidates ne mettaient pas des beignes à leurs partenaires ! Plus sérieusement, elles m’ont prise au mot de façon fine et humoristique. D’ailleurs, montrer la femme comme drôle, ça c’est quelque chose qui est moins habituel ! »

Enfin, lorsqu’il s’agit de donner des conseils aux candidats qui se présenteront 2 bis rue du conservatoire dans moins d’un mois, Claire Lasne-Darcueil met l’accent sur l’envie et le travail. « Je crois que quand on a un désir profond, il faut se sentir légitime, assure t-elle. On est légitimé par la force de son désir et par son travail, c’est le meilleur cocktail. »