Hommage à Molière par Guillaume Gallienne#

Le Lundi 27 novembre, 2017. Pas de commentaires

ca-peut-pas-faire-de-mal-25-novembre-2017

« Ca se joue maintenant », de jeunes comédiens racontent leur entrée dans la vie active

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Article du Monde (via flickr – Ádám Fedelin)

Certes, l’arrivée du mois d’octobre annonce la reprise des cours pour les apprentis comédiens. Mais, pour ceux qui viennent d’achever leurs études théâtrales, cet automne 2017 marque une rentrée « sans rentrée ». Loin du cocon rassurant de l’école ou du conservatoire, d’une scolarité intensive où tout se fait en collectif, les jeunes artistes s’astreignent à devenir maîtres de leur carrière et de leur emploi du temps, à choisir leurs projets et, parfois, font face au vide, à la peur latente d’être oubliés, de ne « plus jouer ». En somme, il s’agit de leur ultime apprentissage, celui qui se fait seul.e et répond à l’élan initial qui avait suscité leur vocation de comédien.ne et amorcé leurs années d’études de théâtre. Choisir quels artistes ils souhaitent devenir. Et aussi, de façon plus concrète, saisir les clefs administratives ou inter-professionnelles pour tenter de vivre de leur métier.

Qu’ils ou elles soient issu.e.s de l’université, d’écoles supérieures, de conservatoires ou de cours privés, L’Ecole du Spectacle a rencontré cinq jeunes artistes sur le chemin de l’insertion professionnelle.

« Lors de ma sortie, je n’ai pas arrêté une minute » : Thalia Otmanetelba, 25 ans, Ecole du Théâtre National de Strasbourg (TNS)

« Même si j’ai été diplômée en 2016, on pourrait dire que c’est ma première vraie rentrée loin de l’école. La première année où il y a des vraies plages de vide dans mon emploi du temps… Je suis parfois un peu perdue mais ce n’est pas douloureux. C’est intriguant d’affronter une période que je ne connais pas, de se demander ce que j’aime vraiment faire, comment je peux travailler quand je ne suis pas sur un projet, ça veut dire quoi « être comédienne » quand on n’est pas au plateau tous les jours….

Ma sortie d’école, c’était le luxe ! La saison dernière, je n’ai pas arrêté une minute entre les tournées des spectacles crées durant le TNS, les ateliers que j’ai donnés et les projets sur lesquels j’ai été embauchée. J’ai joué au Théâtre de la Bastille, à l’Odéon, en Chine avec Thomas Jolly… J’ai fait mon intermittence très rapidement et j’ai déjà renouvelé mes heures, ce qui m’apporte une certaine sérénité !

L’école du TNS m’a permis de rencontrer énormément d’artistes et d’univers différents, ce qui fait, qu’aujourd’hui, je peux m’appuyer sur un certain réseau pour travailler. En ce moment, je passe des auditions, j’aimerais aussi faire du cinéma. J’ai envie de continuer d’explorer les univers des gens en jouant et d’explorer la vie aussi ! C’est un super endroit de recherche, la vie !

Mélanie Charvy ( au centre), directrice artistique de la Compagnie des Entichés qu’elle a fondée avec des camarades du Studio de Formation Théâtrale (Compagnie les Entichés)

« Il faut être solidaires les uns avec les autres » : Mélanie Charvy, 28 ans, Studio de Formation Théâtrale de Vitry-Sur-Seine

Quand je suis sortie, en 2016, ça a été un peu dur car il n’y avait pas grand chose à l’horizon ! J’avais déjà co-fondé ma compagnie, les Entichés, pendant l’école mais je savais qu’il fallait absolument que je sois intermittente pour avoir le temps de m’y consacrer pleinement. J’ai donc cumulé les cachets et, en quatre mois, j’ai réussi à décrocher ce fameux statut. Ce qui s’est avéré concluant. Près d’un an et demie après la fin de l’école, j’ai écrit et mis en scène « Provisoires », un spectacle sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile qui a été joué plus d’une cinquantaine de fois. Ma compagnie s’est implantée en région Centre et nous pouvons enfin commencer à nous payer tout en développant de nouveaux projets.

Je trouve que, quelque soit la formation suivie, on ne nous donne pas assez de clefs administratives. Il faudrait que nous soyons plus solidement préparés à la recherche de subventions, à la gestion de compagnie, à la production… Ca fait aussi partie du métier et, lors de mes premiers rendez-vous professionnels, j’avais l’impression qu’on me parlait chinois !

Enfin, je pense qu’il est obligatoire d’être solidaire les uns avec les autres et s’intégrer le plus vite possible à un réseau, et ce dès l’école. Sinon il y a le risque de s’épuiser à courir les castings et d’envoyer 150 mails qui demeureront sans réponse…

«Créer reste la chose la plus difficile » : Simon Primard, 29 ans, Conservatoire du 6ème arrondissement de Paris

Je ne suis pas aussi effrayé que je pensais l’être de me retrouver « sans rien » à la rentrée. Peut-être aussi car je l’ai déjà vécu à plusieurs reprises ! Je vois cette fin d’études comme l’occasion de commencer à travailler sérieusement dans le domaine théâtral. Cette année, je travaille au développement de la structure que nous avons créé avec des camarades du conservatoire et à la création de Voie(x), un spectacle sur le voyage que je mets en scène. Très concrètement, je vis pour le moment du  revenu de solidarité active (RSA) et un de mes objectifs est de parvenir à être intermittent.

Effectivement, il y a des moments de découragements : on abat des heures de travail sans être rémunérés, on doit parfois payer pour avoir des salles de répétition – ce qui est insupportable : payer pour travailler alors qu’on a pas une thune ! -, on fait des petits boulots qui ne nous laissent plus le temps de nous épanouir artistiquement…

Mais l’enjeu principal est de réussir à créer des pièces que l’on est fier de présenter, qui nous permettent de transmettre au mieux notre point de vue. La principale difficulté pour moi ne sont pas tant les conditions de travail –  si je prends du recul, je viens d’une famille plutôt aisée avec une culture et un entourage qui me préservent de la précarité – mais bien de « faire » les choses, jusqu’au bout. Dans tout ça, créer reste la chose la plus difficile. Mais une fois le rythme lancé, la vie nous veut du bien !

Julien Julien diplomée du Conservatoire de Paris (Julien Julien via CNSAD)

« Je n’ai pas vraiment coupé le cordon ! » : Julie Julien, 29 ans, Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris

Avec ma promotion, on ne s’est toujours pas quittés. Depuis notre sortie, en 2016, nous travaillons ensemble sur des projets, nous passons du temps au Jeune Théâtre National  (JTN) [dispositif d’insertion professionnelle sur 3 ans NDR] pour répéter, on se voit beaucoup. Je n’ai pas vraiment coupé le cordon avec le Conservatoire !

Cette saison, je joue dans plusieurs projets – dont « Carmen » de Lucie Digout au Théâtre de Belleville et « Victoires » de Wajdi Mouawad à la Colline -, je passe des auditions au JTN et j’écris en ce moment une pièce qui questionnera les questions de notre temps et de notre génération dans un univers post-apocalyptique.

Avoir terminé mes études me donne l’occasion de choisir ce que je veux faire. A l’école, tu as envie de tout expérimenter, de tout bouffer. Maintenant, je commence à savoir ce qui me plait, les paroles que j’ai envie de porter. L’humain est aussi de plus en plus important dans mon travail. C’est ce que nous a appris Wajdi Mouawad, une rencontre qui m’a retournée : l’essentiel n’est pas de faire un produit fini mais de créer des voyages et des aventures. Se demander à quel endroit le théâtre devient poème et voyage.

Le Conservatoire nous a permis de faire des rencontres incroyables, aussi bien avec les intervenants que les élèves. Mais je trouve que pour tout ce qui est administratif et concret, on est laissés dans la nature. Il y a eu quelques cours théoriques mais pas assez. Le JTN prend le relais mais sur les questions d’intermittence ou de gestion de projets, on est des bébés !

« Je me donne un an à un an et demi pour trouver un rythme » : Camille Danveau, 25 ans, diplômée d’un Master recherche en Théâtre et autres arts de l’Université Paris 3

Je suis heureuse que mes études soient derrière moi ! L’année dernière, même si la recherche me plaisait beaucoup, je me disais déjà que j’étais dans autre chose, que c’était « l’année de trop ».

Bien sur, il y a les trouilles habituelles : ne pas savoir où tu vas, ni comment tu vas vivre. Mais j’ai envie de me consacrer au travail de création avec ma compagnie – Mots Nu Ment – et à de la recherche personnelle pour mon projet d’écriture. Nous cherchons actuellement des subventions pour pouvoir être payés et cesser de jouer gratuitement.

Pour le moment, je suis encore aidée par mes parents et je travaille comme ouvreuse dans un cinéma, ce qui me permet tout de même de rester dans un univers culturel. Mes parents sont aussi dans le milieu du spectacle donc ils me soutiennent. Ils savent que c’est moins facile qu’avant, quand on pouvait gravir les échelons un à un au fil de l’expérience. Je sais qu’il y a une périodes de galère mais je m’y étais préparée, ce n’est pas une surprise. Je me donne un an ou un an et demi pour me permettre de tâtonner et de trouver un rythme.

Ce qu’on peut me souhaiter ? Que mes projets se concrétisent !

uelles formations pour se préparer aux concours des écoles supérieures de théâtre ?#

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Etudiants de l’étbsa © Anne-Sophie Annese

La rentrée universitaire 2017 marque également le coup d’envoi de la préparation aux concours d’entrées des 13 écoles supérieures d’Art Dramatique (voir notre papier Tout savoir sur les écoles supérieures d’Art Dramatique). Habilitées à délivrer le  DNSPC (Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien), ces formations en trois années sont prisées par un nombre croissant de candidats.

En 2017, le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD) en comptabilisait 1330 pour 30 places ou 430 pour 14 places à l’École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine (l’éstba). Pour se préparer aux fameuses « scènes de concours » – ces trois minutes où le comédien en herbe doit révéler son potentiel artistique – plusieurs options sont possibles. D’un côté les cours publics dispensés dans les conservatoires municipaux, départementaux ou régionaux. De l’autre les cours privés et le « coaching » – des comédiens ou metteurs en scène qui proposent des cours particuliers pour des tarifs avoisinant en moyenne 30 à 40 euros de l’heure.

« Nous n’avons aucun à priori au moment du concours sur l’endroit où les candidats ont été préparés, explique Franck Manzoni directeur de l’éstba. Il est important que les candidats n’arrivent pas totalement vierges au moment du concours mais, davantage que d’avoir toutes les armes, il faut proposer quelque chose de singulier ». Une affirmation reprise par Serge Tranvouez, directeur de l’Ecole Supérieur d’Art Dramatique de Paris (ESAD) : « il faut être bien préparé pour être à l’aise sur le plateau et dans ses scènes mais ne pas chercher à être efficace, il faut tenter d’être soi-même. Certains candidats semblent parfois formatés. Or, ce qui nous intéresse, c’est de laisser entrevoir une fragilité ».

Les cours publics ont le vent en poupe

A titre indicatif, l’Ecole du Spectacle a recueilli la liste des formations suivies par les candidats reçus au CNSAD et au à l’éstba en 2017 et à l’Ecole du Nord de Lille en 2016. Des données à « relativiser au regard du nombre de candidats présentés par chaque école » précise t-on au Conservatoire de Paris où 16 admis viennent du cours Florent sur une promotion de 30 élèves. Il faut dire que le célèbre cours privé a présenté 318 candidats. Un effectif colossal lorsqu’on sait que les conservatoires ne comptent généralement qu’une quinzaine d’élèves par cycles.

« Le niveau des conservatoires a considérablement monté ces dernières années en terme de préparation aux concours, constate le directeur de l’ESAD. Un avis partagé par l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Techniques Théâtrales à Lyon où l’on précise que « la majorité des étudiants proviennent de conservatoires publics, de province ou d’arrondissement. ».

Vers l’égalité des chances

Face à la concurrence, de plus en plus d’écoles supérieures ont mis en place des dispositifs d’égalité des chances (voir notre reportage « Repousser les limites » avec les jeunes comédiens de la classe égalité des chances de la MC93). Après l’Ecole de la Comédie de Saint-Etienne ou le Théâtre National Supérieur de Strasbourg, l’éstba ouvre une classe préparatoire. « Le concours est de plus en plus difficile, affirme Franck Manzoni.  Le niveau monte considérablement et certains jeunes gens arrivent un peu perdus. L’univers théâtral peut sembler très codé, restreint. Nous avons eu envie de donner leur place à des personnes qui n’ont pas les moyens financiers, géographiques de passer les concours ou tout simplement qui n’ont pas accès aux bonnes informations. »

Pendant deux années, l’éstba va organiser des stages (inscriptions  jusqu’au 30 novembre) avant d’ouvrir une classe pour la rentrée 2019. Les frais des concours seront pris en charge par l’école. Car « passer les concours » coûte cher. « Près de 2 000 euros en comptant les déplacements, le logement et les frais d’inscription » estime Franck Manzoni. « Il y a une forme d’urgence à ce que les écoles accueillent des étudiants issus de milieux différents. Cela fait partie de notre mission, assène t-il. On ne peut pas faire vivre une institution qui soit un coffre-fort.» .

Tout savoir sur les écoles supérieures d’Art Dramatique#

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Article du Monde avec les vidéos

tout-savoir-sur-les-ecoles-superieures-dart-dramatique

Vous rêvez de devenir comédien, metteur en scène ou scénographe et vous avez du mal à vous y retrouver parmi la multitude de formations ? L’Ecole du Spectacle vous propose de faire le point sur les douze écoles supérieures d’Art Dramatique ainsi que les possibilités d’alternance et de compagnonnage. Dates de prochains concours, conditions de sélection et modalités des apprentissages, voici quelques indications pour y voir plus clair.

LES ECOLES SUPERIEURES

Ces écoles publiques délivrent le DNSPC (Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien) à l’issue des trois années de formation et proposent des dispositifs d’insertion professionnelle.

Le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris. Fondée en 1784, c’est la plus ancienne et la plus prestigieuse des formations d’art dramatique en France. Gérard Philipe, Michel Bouquet, Isabelle Huppert ou Pierre Niney y ont fait leurs classes. Les élèves étudient rue du Conservatoire dans le neuvième arrondissement de Paris et ont la possibilité de suivre un parcours de mise en scène.

Mode de sélection : Être âgé de 18 à 25 ans – concours en trois tours (présentation de scènes de 3 minutes et entretien oral) – Inscriptions au concours 2017 closes.

Dispositif d’insertion : accès au Jeune Théâtre National.

Coût de la scolarité : 459 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

L’Ecole du Théâtre National de Strasbourg (TNS)

Située au coeur du Théâtre National de Strasbourg, cette école très en vogue réunit des élèves-comédiens mais aussi des apprentis metteurs en scène, dramaturges, scénographes, costumiers et régisseurs.

Mode de sélection (comédien) : être âgé de 18 à 25 ans – concours en trois tours ( scènes + stage probatoire) – Inscriptions au concours 2017 closes.

Coût de la scolarité : 459 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

Dispositif d’insertion : accès au Jeune Théâtre National.

L’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT)

Cette école située à Lyon accueille chaque année près de 200 étudiants. Elle propose une formation à la fois théorique et pratique en jeu, administration, costume, direction technique, écriture dramatique, mise en scène, conception lumière ou son et scénographie.

Mode de sélection (comédien) : être âgé de 18 à 25 ans – concours en deux tours (scènes de 3 minutes puis stage) – Inscriptions au concours jusqu’au 1er février 2017.

Coût de la scolarité : 604 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

Dispositif d’insertion : soutien financier ponctuel à l’emploi, jusque trois ans après la sortie de l’école.

Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes (ERAC)

Mode de sélection : être âgé de 18 à 26 ans – concours en deux tours (scènes et stage probatoire) – inscriptions jusqu’au 15 février 2017.

Dispositif d’insertion : le FIJAD.

Ecole de la Comédie de Saint-Etienne

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans – concours en deux tours (scènes et stage probatoire) – inscriptions au concours 2017 closes.

Possibilité de suivre une classe préparatoire intégrée Egalité des Chances.

Dispositif d’insertion : DIESE # Rhône-Alpes.

L’Académie de l’Union (Limoges)

Mode de sélection : Prochain concours comédien en 2019.

Dispositif d’insertion : aide aux salaires et aide logistique jusque trois ans après la sortie de l’école.

Ecole Supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine (ESTBA)

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans – prochain concours en 2019.

Dispositif d’insertion : fonds d’insertion depuis 2010.

Ecole de théâtre du Théâtre National de Bretagne (TNB) à Rennes

Mode de sélection : être âgé de 17 à 26 ans – prochain concours en 2018.

Dispositif d’insertion : soutien de projets pendant les six années qui suivent la fin du cursus.

Ecole Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier (ENSAD)

Possibilité de suivre une classe d’initiation et de préparation aux concours.

Mode de sélection : être âgé de 18 et 26 ans – deux tours (scènes et stage probatoire) – prochain concours : juin 2017.

Dispositif d’insertion : FIPAM

Ecole du Nord (Lille)

Formation comédien et auteur dramatique

Mode de sélection : avoir entre 18 et 26 ans – prochain concours en 2018.

Dispositif d’insertion : fonds de soutien aux productions théâtrales.

Ecole Supérieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris (ESAD)

Mode de sélection : avoir entre 18 et 27 ans – concours en trois tours (scènes, stage probatoire) – inscriptions 2017 closes.

Dispositif d’insertion : fonds d’insertion PSPBB/ESAD.

Théâtre Ecole Aquitaine, à Agen

Mode de sélection : être âgé de 18 à 30 ans – entretien avec le jury puis stage d’une semaine

ALTERNANCE ET COMPAGNONNAGE

Certains formations mettent l’accent sur l’insertion professionnelle et proposent à leurs élèves-comédiens d’entrer de plein pied dans le monde du travail.

Ecole Supérieure de Comédiens par l’Alternance (ESCA) du Studio d’Asnières sur Seine

Cette école supérieure est la seule à avoir mis en place un CFA des comédiens, une formation en alternance durant 3 années.

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans, concours en trois tours (scènes puis chant, danse et entretien) – inscription avant le 18 février 2017.

L’Atelier de Toulouse (durée 1 an)

Les sept élèves bénéficient un contrat de professionnalisation (rémunération entre 85 et 100% du SMIC) tout le long de leur scolarité.

Mode de sélection : être âgé de 18 à 27 ans – prochain concours en 2018.

Le GEIQ – Compagnonnage à Lyon

Dispositif de formation de comédien en alternance durant deux ans.

Mode de sélection : prochain concours en 2018.

Défense et illustration de l’option théâtre sur France Inter#

Le Samedi 7 octobre, 2017. Pas de commentaires

A écouter sans modération

Retour des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Laurie

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Vaé

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

saigon, dextreit natalia

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

La semaine du spectateur et plus globalement les spectacles que nous y

avons vus m’ont permis de confirmer une idée qui commençait à s’imposer à moi.

En effet à travers tous ces spectacles qui n’avaient de cesse de se détacher de leurs histoires, j’ai perçu une certaine perte de sens. Que ce soit dans les cris et la volonté de toujours plus de Die kabale der Scheinheiligen / Das Leben des herrn de Molière de Michail Bulgakow, ou dans les allées-retour de la souffleuse dans Sopro de Tiago Rodrigues, j’ai vu une recherche de quelque chose. On ne sait pas exactement quoi, peut-être le renouveau ? Peut-être l’inspiration par l’expérimentation ? Une recherche que l’on retrouve aussi dans Les Parisiens d’Olivier Py, où les personnages sont sans cesse pris dans une course pour la célébrité, l’amour ou le sentiment d’être vivant.

Je ne peux revoir certaines de ces pièces que comme un fouillis inachevé,  comme un pas incertain vers ce qui semble être le théâtre de demain. L’utilisation d’écran, de caméra sur scène,  de scénographie décalée, de tout ce qui appartient à d’autres arts essaient de donner à ces pièces une richesse, un intérêt que finalement elles pourraient avoir par elles même et sans ces artifices parfois grossiers ( ici je parle des écrans de Princesse Maleine.) Et il en va de même pour cet espèce d’engouement pour la colère et les cris, que ce soit dans Molière, avec l’insupportable Jeanne Balibar, dans Standing in time de Leni Ponifasio, où une des actrices semblait nous foudroyer du regard tout le long de la pièce, ou dans La Princesse Maleine par Pascal Kirsch, ou la-dite princesse est prise d’une crise de folie, assez bien joué il faut le dire. Mais on retrouve cette violence des sentiments dans Memories of Sarajevo du Birgit Ensemble, avec la reprise de la chanson de Nirvana chanté de façon à donner des frissons. Comme si certains sentiments ne pouvaient être que crié de façon viscérale.

Et c’est justement aussi cette puissance des sentiments qui m’a troublé, car faute d’avoir compris les pièces, ils semblaient déplacés. Et alors que peut-être le personnage de Jeanne Balibar aurait pu avoir toute mon empathie, elle ne s’attire, faute d’explication, que ma haine profonde. Et c’est une frustration encore plus énorme qui nait à l’encontre de ces pièces qui chacune ont démontré leur potentiel, mais qui se sont éparpillées dans des choix artistiques excessifs et qui semblent incroyablement élitistes car incompréhensible sans analyse par la suite. Aussi pour des spectateurs ayant besoin de sens comme moi ce fut une dure expérience.

Et face à ces pièces assez peu équilibrées vient Antigone. C’est en mêlant jeux d’ombre, musique jouait avec des instruments traditionnels, et la modernité des sous-titres projetés sur la vieille façade du palais des Papes qu’Antigone de Sophocle par Satoshi Miyagi m’a paru la pièce la plus complète. Et c’était aussi peut-être par l’expression finalement de sentiment qui nous paraissait compréhensible et vrai que cette pièce m’a plu plus que les autres. Alors que dans La princesse Maleine de Maeterlinck par Pascal Kirsch, seul les cris de la princesse lors de sa crise de folie m’ont paru réellement profond, c’est la totalité de cet Antigone japonais qui m’a paru touchant. Et c’est avec ce spectacle qui renouait avec ce que j’avais le plus l’habitude de voir au théâtre que j’ai vu la difficulté à s’attacher à l’histoire des pièces précédentes de par les dispositifs qui nous distrayait de celles-ci.

Alors que pour Antigone je connaissais l’histoire et que les dispositifs mis en place sur scène ne faisait que servir la pièce, dans La princesse Maleine ces dispositifs ne faisaient que m’en éloigner de par les écrans, ou même les glaçons ou la représentation du Fou assez perturbante. Et il en va de même pour l’effervescence de Die kabale der Scheinheiligen / Das Leben des herrn de Molière qui donnait de cette pièce l’impression d’un fourre tout ou le metteur en scène aurait juste réalisé ces plus grands fantasmes, que ce soit avec la tente Louis Vuitton ou le portrait géant de Staline.

On peut voir déjà combien ces pièces m’ont troublés, tant mon écrit doit être décousu, mais je le pense assez représentatif de cette semaine. Une semaine très enrichissante, mais aussi fatigante, la preuve en est que j’ai dormi à tout les spectacles où presque, contre ma volonté. Et peut-être est-ce dû à cette envie d’absorber le spectateur dans la pièce que j’ai ressenti de par tout ces dispositifs qui m’a finalement détachée de celles-ci. Car comment ne pas sortir de la pièce quand une image de château digne d’un jeu de Nintendo 64 est projetée sur un écran ( merci la Princesse Maleine,) et comment ne pas décrocher quand la pièce ne fait qu’empiller les références à d’autre pièces sans les différencier de la pièce même (Sopro et Molière ) nous perdant ainsi entre la pièce et les références.

Néanmoins j’aimerai parler aussi des bons cotés de ces pièces, même si finalement je comprends qu’on puisse se perdre entre ce que l’on veut mettre en scène, ce que le public veut, et ce qui est finalement réalisé.

Est donc venue ma louange pour mes personnages préférés et mis de coté. Je voudrais citer Hémon, l’amant maudit de Antigone. Ce n’est que pure caprice que de le mettre ici, car finalement dans la pièce de Satoshi Miyagi c’est Antigone elle-même qui m’a la plus touchée. Je ne m’étendrais donc pas sur celui qui est pour moi la vraie victime de cette tragédie, perdant à la suite l’amour de sa vie puis sa vie elle-même. Je passe donc à Lucas et Gilda, les deux personnages m’ayant le plus ému dans Les Parisiens, d’une part pour le coté tragique du poète maudit, et de l’autre pour la volonté de la « travailleuse du sexe » qui va mener sa révolution. On a avec Lucas la recherche de l’expérience, de la vraie vie, des émotions, du sens aussi peut-être, et avec Gilda la quête de la reconnaissance et du respect en quelque sorte. Mais c’est sans parler d’autres personnages rayonnants comme Touraine, joué par le même acteur que Gilda, ou Serena et sa quête qui la mènera sûrement à la mort.

On retrouve un peu de cet essoufflement pour la vie dans le personnage joué par Alexander Scheer dans Molière. Jouant d’une part Molière, et de l’autre un réalisateur en pleine crise, ce comédien est celui qui m’a permis réellement de tenir tout le long du spectacle de par son talent. Je n’aurai jamais cru tant m’associer à un personnage parlant l’allemand et joué par un acteur d’une quarantaine d’année, mais il faut croire que nous sommes tous perdus du début à la fin comme lui.

Mais la palme du sauveur reste le personnage qui remonte un peu La Princesse Maleine, dont on ne sait le rôle mais qui a comme particularité d’avoir le monopole du micro, que ce soit pour chanter ou pour railler les autres personnages, sortant totalement de l’ambiance lugubre de la pièce. Apportant un vent de fraicheur tout de même assez funeste pour l’avenir des autres personnages, il permet de se détacher des écrans horribles sur lesquels nos regards étaient jusque là rivé.

Maintenant je ne peux finir mon écrit sans évoquer les lectures à la Maison Ceccano, On aura tout de Christiane Taubira et Anne-Laure Liégois, portées par des acteurs professionnels et des comédiens amateurs tels que Anita et Maxime, deux amis du lycée. Parlant de sujet tels que le travail, ou l’immigration, qui sont tout deux au centre de notre société ces temps ci, ces lectures nous ont donné une petite entracte entre les spectacles tout en nous apportant une réelle réflexion. De plus, portées par des acteurs convaincants, elles ont su nous donner un point de vue différent dont on a bien besoin ces temps ci.

Et c’est aussi ce que l’exposition « Les Eclaireurs » au Palais des Papes

nous montre, en présentant des œuvres d’artiste venant d’un continent trop peu représenté dans l’art. Avec des œuvres magnifiques tel que Solipsis de Wim Botha, on a une autre image des artistes venant d’Afrique que celle qu’on nous montre habituellement, et ça fait du bien.

Pour ce qu’il en est de l’exposition de Ronan Barrot, qui a donné l’affiche du Festival cette année, je l’ai trouvé extrêmement sombre. Avec des peintures aux couleurs ternes représentant des corps difformes, torturés, cette exposition qui prenait place dans l’obscurité de l’Eglise des Célestins m’a mise assez mal à l’aise. De plus dans l’œuvre choisie pour représenter le festival je ne vois que l’œuvre El Tres de Mayo de Goya dont le personnage principal me fait beaucoup penser à celui du tableau de Barrot.

Ainsi se termine ma part de la semaine du spectateur, qui sera aussi déroutante à lire que les spectacles l’ont été pour les suivre. J’aimerai finir des remerciements pour cette semaine sans laquelle je ne serais pas venue au Festival, et qui m’a permis, malgré mes critiques précédentes, de profiter du théâtre tel qu’il est aujourd’hui. Je remercie donc le lycée Mistral, qui pendant trois ans m’a permis de voir des pièces, des films, m’ouvrir à une culture vers laquelle je ne serais sûrement pas allée par moi-même.

Mona

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Louise