4 level 4 à la Chartreuse#

Le Mercredi 5 février, 2014. Pas de commentaires

Compagnie. Imprimerie. Réécriture. Nouvelle. Création. Inspiration. Pays. Merveilles. Carroll. Interprétation. Rêves. Jung. Représentation. Chartreuse. Spectateurs. Silence. Lumière. Femme. Actrice. Alice. Tasse. Table. Lapin. Trou. Chut. Chute. Silence. Découverte. Innommable. Perdu. Étrange. Lumière. Scénographies. Film. Tissus. Écrans. Vert. Reflet. Ombre. Sculpture. Nuage. Voix. Femme(s). Lumineuse. Chaise. Soutien. Nourriture. Manger. Moi. Inconnu. Intemporelle. Heure. Mouvement. Temps. Illimité. Lumière. Illusion. Flash. Répétition. Aveugle. Réplique.Boucle. Diagonale. Mystère. Sans. Fin. Table. Tasses. Expérience. Élévation. Rideau. Théâtre contemporain…

Le metteur en scène Nicolas Geny et la comédienne Sophie Mangin nous ont proposé, à la Chartreuse, une réécriture de Level 4 no elevator. La spécificité et l’originalité de cette pièce est la réutilisation de quatre scénographies : l’utilisation d’un film, de tissus, d’une sculpture et de la lumière. Le texte est inspiré de Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll et de Sur l’interprétation des rêves de Jung.

Un écran géant prend toute la scène. Une image apparaît et semble montrer progressivement une table. L’écran disparaît pour laisser place à une table sur laquelle se trouve un grand nombre de tasses de thé. A côté de cette table  se trouve une femme .

Elle boit et regarde au loin. Une faible lumière éclaire derrière son dos, l’obscurité dévore toute la scène. Elle regarde au loin en espérant peut-être trouver une lueur d’espoir, un sens à sa vie tout en buvant sa tasse pour rejoindre un pays plus merveilleux.

Qui est-elle ? Où est-elle ? Que fait-elle ? Nul ne le sait. Derrière un écran blanc dont les lumières ne cessent de provoquer un effet de mouvement (incompréhensible), elle regarde son reflet dans un miroir. Elle semble vouloir le traverser mais elle reste enfermée dans cet étrange monde. Devant un écran vert, elle reste immobile puis s’évade; mais sa silhouette s’est « tracée » sur cet écran : son ombre, son âme est prisonnière de cette lame verte sans vertu. Coincée dans ce monde, sans personne, sans bruit, sans vie, elle semble tourner en rond. Qui est-elle ? Où est-elle ? Que fait-elle ? Elle-même ne le sait pas. Elle a suivi cet étrange lapin, portant des vêtements et tenant une horloge  jusqu’à son terrier et est tombée dans cet étrange monde.

Assise sur une chaise, l’actrice est engloutie par une étrange chosequi  tombe progressivement sur elle ne laissant apparaître que ses jambes. Est-ce un rocher ? Mais comment peut-il planer ? Est-ce un nuage gris libérant de la pluie ? Mais comment peut-il pleuvoir alors qu’il n’y a pas de nature, de paysage ? On ne voit que la misère de cette femme perdue dans ce lieu obscur. Tout semble perdu pour celle qui est plongée dans cette solitude.

Soudain une voix au loin. Une voix de femme. Elle s’adresse à la femme sous l’étrange chose. On pourrait penser que c’est sa conscience qui permettrait de la guider ou de la sortir du brouillard. Mais cette femme, cette voix sont-elles réelles ? N’est-ce qu’un rêve ? Cette femme égarée n’est peut-être que la vision, le rêve, l’imagination d’Alice ? Elle n’est peut-être rien. Enfin elle décide de sortir de la chose qui pèse  sur elle pour ne plus s’apitoyer sur son sort mais elle est enfermée comme dans une boite. Un sachet de chips tombe sur elle. Comme s’il était écrit «mangez-moi » sur le paquet, elle dévore son paquet de chips tout en parlant. Se rend-elle compte que c’est elle qui se fait dévorer par le vide, l’absence ? Toujours assise sur la chaise en mangeant, elle parle, elle s’adresse au public comme si elle voulait se libérer, comme si on lui demandait d’avouer un crime et nous, le public, on ne peut que la regarder comme si elle était un vulgaire cobaye que personne ne prend le temps d’écouter. Elle parle dans son monde, elle parle dans le vide.

Debout sur scène, des flashs apparaissent, disparaissent  encore et encore et de plus en plus vite jusqu’à ce qu’elle finisse de parler et s’en aille. Une fois qu’elle est partie, les flashs se transforment en une lumière, une lumière qui donne espoir, qui guide vers la vérité et le bonheur. Mais cela ne dura qu’un instant. Plus tard elle parlera du temps qui n’est plus : en tombant dans ce trou, dans sa perte, elle pouvait faire plusieurs choses en même Temps. Le « reflet » d’une horloge  affiche le temps de manière aléatoire pour montrer qu’ici le temps est détraqué. Elle se met à danser sur cette horloge comme pour montrer que ce temps détraqué lui pèse et l’empêche d’avancer et lui fait faire du sur-place.

Elle finira par refaire cette étrange danse  sur une ligne de cercle de lumière. Mise en lumière comme si elle était la vedette de ce monde, comme si elle se battait pour pouvoir avancer dans ce lieu sans temps.

Une lumière apparaît soudain au loin, lorsqu’elle atteint la lumière le personnage n’est pas le même que lorsqu’elle était dans l’ombre. Est-ce un dédoublement de personnalité pour qu’elle se sente accompagnée, une folie pour ne plus se sentir seule ? Est-ce une hésitation à suivre la lumière, à se libérer de se monde pour toujours ? Y a-t-il vraiment d’autres personnes qui l’entourent ? Tout cela est-il vraiment réel ?

Une table, des tasses, cette femme en train de boire. Tout cela sur scène. Elle semble maintenant « détendue ». Où est passée cette femme perdue dans un monde étrange et sans vie ? Elle s’approche du public et nous raconte que ce que nous avons vu n’était que le résultat d’une Expérience dont elle était le cobaye.

4 level 4 est une pièce étrange qui gagne en originalité grâce à la réutilisation des répliques précédentes, à la volonté de ne pas tout faire comprendre et à la reprise des  quatre scénographies de 4 level no elevator le spectacle précédent de la compagnie de l’Imprimerie. J’ai préféré cette réécriture malgré le fait que la répartition de ces quatre scénographies était, selon moi, meilleure dans 4 level no elevator – car on retrouvait bien l’univers d’Alice au Pays des merveilles et le fait de le transformer en théâtre contemporain donne une originale réécriture.


Nicolas, terminale

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