Bienvenue dans la catégorie Ecole du spectateur

Productions des élèves après l’école du spectateur en juillet 2016#

Le Vendredi 19 août, 2016. Pas de commentaires

Image de Vae Sarkissian

Dans quel monde vivons-nous ? Est-il possible que tout soit blanc ou noir ? Existe-t-il d’un côté le bien et le mal ? De quel côté vous mettriez-vous ? Face à qui vous battriez-vous ?

Tous ses médias, toutes ses informations plus sombres et morbides les unes des autres.

Oh ! Pendant un mois c’est la coupe d’Europe de football ! Magie ! Il n’y a plus aucun souci en France ! « Tous va pour le mieux dans le meilleur des mondes » dirait Voltaire : La montée du chômage n’existe plus, la situation des immigrés ne s’aggrave pas, l’Europe n’est absolument pas en train de s’effondrer, le réchauffement climatique n’est plus une menace pour notre avenir, la montée des nationalistes ne divisera pas nos populations, la liberté d’expression n’a jamais été atteinte et les attaques terroristes ont disparu !

Comme quoi, les médias nous font savoir ce qu’ils veulent. Ils rythment nos vies, nos craintes et nos humeurs.

Ne jetons pas la faute sur notre belle équipe de France tout de même. Après tout, elle est l’image d’une France soudée, forte et battante ! …

L’institut Benjamenta, 2666, Les Damnés, Tristesses, etc…

Leurs points communs ? Ces spectacles semblent si proches de notre réalité …

Pourquoi est-ce que je me sens oppressée ? Visée ? C’est comme si les comédiens me faisaient passer un message ou me mettaient en garde face à une menace. Pourquoi ces metteurs en scène ont choisi de nous présenter les folies de l’humanité ? Un retour à la réalité, à notre triste réalité ?

Homosexualité, uniformise, racisme, meurtres, guerres, intolérance, survie, folie, peur, politique, argent, sexe et trahisons. Tant d’ingrédients qui composent notre monde contemporain.

Que dire ? Que penser en sortant de ces spectacles qui vous mettent face à l’horreur et à la décadence de notre monde ?

Pourtant ce ne sont pas des nouveautés. Nous les connaissons tous ces problèmes. Ils sont les principaux sujets de conversations, ils font la une de tous nos journaux.

Peur ? Solidarité ? Unité ? Racisme ?

Tant de questions traversent notre époque.

Pourquoi sommes-nous si surpris de voir l’effondrement de notre monde ?

Rien n’est vrai au théâtre. Tout n’est qu’illusion. Les personnages ne sont que des êtres de papiers. Ils sont l’image ou la représentation des idées de l’auteur. La scénographie n’est que de carton ou de bois. Le principe de mise en abyme redouble cet effet d’illusion.

Or, les acteurs sont réels, ils sont semblables à nous, spectateurs. Les émotions qui découlent du spectacle n’ont rien de factices. Et, le retour à la vie réelle n’est parfois pas chose facile !

Mais, ce sont justement tous ces artifices et faux-semblants qui nous rapprochent des acteurs et de leur propos. Ils sont le reflet de notre société. Le théâtre est un « art vivant ». Il explore les profondeurs de la condition humaine. Il met à nu la vérité humaine. La magie du théâtre n’est perceptible que lorsque le spectateur à la possibilité de se mettre à la place du personnage. Le théâtre a pour objectif de mettre en relief les mystères de l’existence. Comme l’a dit Louis Jouvet, acteur et metteur en scène du XXème siècle : « C’est parce qu’ils sont condamnés à expliquer les mystères de la vie, que les hommes ont inventé le théâtre. ».

Frissonner, rire, larmoyer, s’interroger, se perdre, se sentir berné, rêver, … voici les verbes les plus approprié aux sentiments que j’ai éprouvé durant et en amont des représentations ! Des spectacles principalement sombres et morbides. Cependant, ils dégageaient tant de couleurs. Que ce soit par les impressionnants jeux d’acteurs, les fabuleux décors ou encore les multiples thèmes abordés. Ils étaient transportants et révélateurs. Les obstacles auxquels fait face notre monde étaient plus accessibles et plus clairs pour ma part.

Malgré la forte présence de la caméra dans la plupart des spectacles (en particulier 2666), et donc d’un écran qui était une sorte de barrière entre la scène et la salle, la proximité acteur/public s’est bien effectuée. Elle a permis à chacun d’entre nous de s’immerger dans l’intrigue et d’apprécier les personnages. De plus, les multiples sujets explicites et implicites, enrichissaient les représentations.

C’est tout de même incroyable.

En plein spectacle, se demander si ce qui se passe sous nos yeux est réel ou si nous sommes toujours dans une illusion ?

C’est là que toute la magie et la puissance du théâtre prend forme.

Une seconde magnifique expérience au cœur même d’un théâtre riche et puissant. C’est une chance inouïe de pouvoir participer à ce genre de festival. En particulier pour moi. Comme la plupart des élèves de notre groupe, nous avons l’ambition de travailler dans l’univers du théâtre. Cette expérience nous permet de ressortir plus matures et conscients du monde qui nous entoure ainsi qu’une importante ouverture d’esprit. A la sortie de chaque spectacle, nous nous forgeons notre propre opinion que nous partageons avec plaisir avec nos camarades. Cette école du spectateur nous permet d’accroitre notre culture générale et c’est aussi une école de la vie où nous apprenons le respect, l’écoute et l’enseignement des autres.

Texte de GILLET Shana.

Image créée par Anissa El Bachari

L’école du spectateur est une expérience géniale et même si je ne compte pas travailler dans le monde du spectacle ou de tout autre art, c’était très enrichissant. Durant ces quelques jours j’ai appris de nombreuses choses tant en culture générale qu’en points techniques et je me suis bien amusée. Les spectacles bien que divers et variés, certains m’ayant plus plu que d’autres, ont toujours été intéressants. Ne serais-ce que par les techniques de telles ou telles troupes pour nous communiquer une idée ou un ressenti.

Je pense que si cette « école » est aussi efficace c’est non seulement grâce à l’intérêt commun pour le théâtre ou les arts de tous les participants, mais aussi grâce aux séances matinales durant lesquelles nous revenions sur les spectacles de la veille et qui permettaient toujours de soulever des points intéressants. Tout s’est déroulé sans problème et dans la bonne humeur et pour cela je dois des remerciements aux professeurs qui nous ont encadrés.

Au cœur

C’est le premier spectacle que nous avons vu, mêlant théâtre et danse. J’ai trouvé intéressant que les acteurs soit tous enfants ou adolescents, c’était innovant. Ce spectacle était beau par sa mise en scène et les mouvements des corps sur scène.

Il m’a tout de même semblé que certaines séquences trainaient un peu trop en longueur et que d’autres étaient un peu trop rapides, surtout lorsque chacun des interprètes exécutait un mouvement différent, ne nous laissant pas tout regarder.

J’y ai vu la représentation des liens qui unissent les enfants, les mouvements étant souvent exécutés en groupe et lorsque chacun  se mouvait de son côté tous les actes étaient liés. Cette impression était renforcée par le tableau présent sur le mur au fond de la scène qui a l’aide de néons sur un fond noir représentait des silhouettes stylisées toutes reliées pour un fil à un nerf central (certains y ont vu un lustre ou d’autres choses ce n’est que l’idée qui m’ai apparue à sa vue).

Si l’on nous montrait des scènes assez noires et évoquant la mort comme lorsque l’une des comédiennes est enterrée vivante sous les vêtements, il y avait aussi des symboles de vie. Notamment les chants et les silhouettes sur le tableau de la même forme que l’ânkh, croix égyptienne symbole de vie.

Le lieu était très beau et j’ai trouvé que cette ancienne chapelle des pénitents blancs, lieu propre au silence et à la réflexion, se prêtait tout particulièrement à ce spectacle sans paroles a l’exception de trois « non » et d’un magnifique monologue prononcé par la plus jeune des actrices. A l’identique le son très beau de la viole de gambe, très présent et les chants m’ont semblés à leur place dans ce lieu qui a dû recevoir ceux des pénitents blancs.

La rive dans le noir

C’était un spectacle étrange mais assez fascinant. Il y avait sur scène deux acteurs, un homme et une femme nous contant pêle-mêle des histoires d’oiseaux, de mort et de violence. La femme était la principale conteuse et si tout semblait très décousu pour la plupart de mes camarade il m’a semblé que chacune de ses histoires laissait transparaitre la violence de la mort dans un contexte qui pourtant semblait tout innocent (comme l’histoire d’un enfant qui part à l’aventure et dont le chaton meurt empoisonné après avoir mangé de la pita que la mère de l’enfant avait préparé pour lui).

Le décor faisait songer à une sombre falaise ou à une forêt nocturne surtout à partir du moment où des peintures préhistoriques  d’oiseaux  y sont projetées.

Les oiseaux étaient aussi un sujet récurrent, ainsi l’actrice en imitant des cris d’oiseaux de manière très efficace semble dérouler toute une journée. Des oiseaux bien réels (une chouette et un rapace) font leur entrée apparemment sans autre but que de faire impression.

H to H

Cet opéra contemporain genre que l’on rencontre assez rarement mettait en scène la rencontre de Michel Houellebecq et de Nina Hagen. Si je connaissais le protagoniste masculin ce n’était pas le cas de la plupart de mes camarades qui ne connaissait ni l’un ni l’autre. Cela ne nous absolument pas empêché d’apprécier cet opéra riche en jeux de mots et images drôles.

J’ai trouvé que le mélange d’opéra  « classique » et « moderne »  était très réussi et apportait un dose supplémentaire d’humour ou de gravité selon les passage ( notamment lorsque la cantatrice classique chante des paroles décousues sur Nina et une quête de bananes alors que Houellebecq nous conte sa dernière dépression en date et son envie d’être un chien pour ne plus avoir à se soucier de la pochette -horrible- du disque adapté de ses poèmes.

Cet opéra ne possédait pas encore d’une véritable mise en scène ,3 personnes nous lisant les didascalies aux instants propices, et était pourtant génial (de l’avis du plus grand nombre d’ailleurs) alors cela devrait vraiment être superbe une fois terminé.

L’inconnue de la seine

Il s’agissait aussi d’un opéra contemporain mais bien plus décevant. Il était tard, le lieu bien que très beau (une nef dont l’un des pans, détruit, donnait sur la nuit) résonnait de façon peu harmonieuse et les paroles chantées à la façon d’un opéra classique en devenaient donc incompréhensibles. Ce qui est bien dommage car l’histoire semblait très intéressante pour le peu que j’ai pu en saisir.

L’institut Benjamenta

Ce spectacle utilisait des marionnettes extrêmement réalistes mises en mouvement avec brio par les acteurs. Il y avait une impression de dédoublement des personnages figurés à la fois par l’acteur et la marionnette seulement à un moment une quinzaine de marionnettes sont présentes sur scène pour seulement cinq acteurs ; certaines marionnettes ne représentent plus le même personnage. Cela devient assez difficile à suivre mais dans le même temps représente bien les évènements qui ont lieu dans cet institut, qui alors qu’il se fixait pour ambition de former des domestiques rigoureux se délite peu à peu depuis l’arrivée d’un nouveau venu, Jacob qui bouleverse l’ordre établi entre le directeur, sa sœur qui fait la classe et les élèves.

Jusque-là le directeur faisait figure d’autorité et le monde des élèves tournait autour de la demoiselle qui bien que toujours aimable et souriante tient un bâton à la main; chacun l’attend impatiemment  se tait à son arrivée et obéi avec empressement à ses ordres. Un jour elle révèle à Jacob un chagrin d’amour qui la ronge e finira par la tuer. Après sa mort une vague immense faite d’un drap gris moiré s’abat sur la scène et met à terre toutes les marionnettes. Façon de figurer la chute des penchants de domestiques des élèves la fin de cette éducation destinée à faire d’eux des marionnettes.

L’école ferme et les élèves sont placés dans différentes maisons sauf Jacob à qui le directeur a déclaré sa flamme et avec lequel il s’enfui.

Tristesses

De loin le spectacle que j’ai préféré, il mettait en scène avec un réalisme frappant les problèmes de notre monde actuel. Et tout particulièrement la montée des partis radicaux et les problèmes de pouvoir et d’argent qui en découlent.

Le décor est composé de 4 maisons et une église petites mais à taille humaine ainsi que d’un mat auquel est accroché le drapeau danois ; sur les côtés de la scène sont présents des instruments de musique et suspendu en hauteur, un écran.

Un homme entièrement recouvert d’une substance blanchâtre entre et ce met à jouer de la musique tandis que sur l’écran se met à défiler un message nous indiquant qu’il s’agit d’une histoire vraie qui s’est déroulé sur la petite île danoise de tristesse, 8 habitants, de tel jour à tel jour au mois de novembre 2015. On nous indique aussi qu’auparavant elle comptait plus de huit cent habitants qui ont peu à peu quitté l’île après la fermeture de l’abattoir  qui faisait vivre toute l’ile. La musique s’arrête et une famille jouant à trivial poursuite apparait  à l’écran  c’est avec un humour noir que l’on voit  le père harceler sa femme et ses filles avec une grande violence à propos du nom du restaurant où travaille bob l’éponge avant d’aller frapper chez ses voisin comme un fou furieux pour connaitre le nom de ce restaurant. Le début donne le ton. Cette pièce donne vraiment l’impression de pouvoir exister dans une petite ville bien réelle. Cet humour noir évoqué plus tôt persiste tout le long de la pièce nous permettant en quelque sorte d’entendre les quatre vérités de notre société de manière supportable. Et cependant on rit vraiment !

Tout au long du spectacle on jongle entre film lorsque les protagonistes sont à l’intérieur et théâtre lorsqu’ils sont visibles. Cela permet de suivre jusqu’aux ressentis des personnages comme un reportage accentuant encore cette impression de réalité.

2666

2666 était une pièce au format très long avec ses 12h entractes comprises. Divisé en cinq partie il retraçait au cours de la première partie l’histoire de quatre amis trois hommes et une femme, Lise, fascinés par un auteur allemand Benno von Archimboldi qu’ils recherchent dans toute l’Europe et jusqu’en l’Amérique latine, à Santa Theresa. On suit aussi leurs histoires de cœur chacun des hommes du groupe tombant amoureux de Lise deux d’entre eux allant jusqu’à se la partager avant qu’elle ne tombe amoureuse et réciproquement du troisième et dernier.

Dans la seconde partie on suit d’autres personnages un vieux professeur qui entend des voix et sa fille qui se soucie de la santé de son père. Un homme revient régulièrement il est parmi les étudiants que le professeur s’imagine, laisse des mots sur le Bureau de ce dernier, dialogue avec sa fille…      Tous deux vivent à Santa Theresa où on lieu de très nombreux assassinats de femmes non résolus déjà évoqués lors de la première partie du spectacle.

Lors de  cette troisième partie on suit d’abord l’histoire d’une femme, l’épouse du professeur, vingt ans auparavant. Cette dernière abandonne sa fille et son mari en quête d’un poète avec lequel elle a connu une nuit d’amour des années plus tôt, dans cette quête elle rencontre des gens divers et variés et mène ce que l’on pourrait appeler une mauvaise vie, informant son mari à travers des lettres. Après quelques années elle revient, son poète étant enfermé à l’asile et atteinte du sida conséquence de ces années à voleter d’un lieu à un autre, d’un homme à un autre. Puis on suit l’histoire d’un journaliste venu à Santa Theresa pour couvrir un match de boxe et ayant découvert les meurtres en série mène l’enquête pour écrire un article. Au cours de celle-ci il croise la fille du vieux professeur et une journaliste qui obligée d’enquêter sur les meurtres pour ne pas perdre son travail, craint pour sa vie et propose à son collègue de l’accompagner interroger le principal suspect de la police actuellement sous les verrous alors même que d’autres meurtres sont commis.

C’est durant cette quatrième partie que nous sont listées toutes les victimes, les conditions de leurs morts et les lieux où ont été retrouvés chacun des corps avec un sens du détail et un réalisme glaçants. Cette longue énumération est accompagnée d’un son macabre suffisamment puissant pour faire résonner notre cage thoracique et qui rend le tout d’autant plus percutant. De temps à autre cela s’interromps et l’on suit l’enquête de la police ainsi que le travail du principal suspect et son avocat pour l’innocenter. Au travers de ces scènes on perçoit le machisme ambiant qui ralenti considérablement l’enquête et l’envie que toute la population a d’oublier tout cela. La longue énumération fini par cesser et l’on nous montre la rencontre entre une femme influente du Mexique qui a perdu son amie d’enfance dans ces meurtres et un détective privé qu’elle veut engager et auquel elle raconte tout ce qu’elle sait.

Dans cette cinquième et dernière partie nous est contée toute l’Histoire de Benno von Archimboldi que l’on suit de son enfance en Allemagne auprès d’une mère borgne, d’un père boiteux et de sa petite sœur jusqu’à ses retrouvailles avec cette dernière. Il a participé à la seconde guerre mondiale allant jusqu’en Russie puis se retrouvant dans un camp de réfugiés à l’arrivé des Alliés où il tue un Homme qui a orchestrés les meurtres de dizaines de juifs employant des enfants pour se débarrasser des cadavres. Il a ensuite vécu avec une femme et a commencé à écrire puis publier ses romans dont une large partie est autobiographique. Lorsque la Femme qu’il aime tombe malade ils portent vers l’Italie et c’est dans un petit village qu’elle finit par s’éteindre. Il continue d’écrire et c’est en lisant un de ses romans que sa sœur le reconnait et finit par le retrouver. C’est alors que l’on apprend que le principal suspect des meurtres est le neveu d’Archimboldi.

Ce spectacle mettait en scène la lâcheté et la folie Humaine avec toute la population de Santa Theresa qui détourne le regard, l’homme qui a tué tous ces juifs parce qu’on lui en avait donné l’ordre ou ce vieux professeur qui laisse sa femme partir dans cette quête folle sans opposer de résistance. Finalement on évoquait ici des situations extrêmes pour faire ressortir ces choses que l’on retrouve un peu partout dans la vie quotidienne.

Il se dégageait surtout une impression d’un peu trop de cette pièce, comme l’utilisation de fumée ou les décors changeant composés de compartiments meublés amovibles.

Texte de Charlotte Dubois

Une oeuvre musicale à écouter composée par :

Chloé Longin

Image de Lucie Bonnefoy

Globalement,

en 2 spectacles sur une quinzaine:

J’ai adoré les damnés (comme la plupart des spectacteurs je pense), j’ai trouvé cette adaption de Visconti réellement réussie et Martin dans le rôle d’Elmut Berger m’a conquise, ce qui n’est pas évident!  la comédie française dégage quelque chose de vraiment magique qui pour ma part, me touche, rares sont les spectacles qui m’ont bouleversés et celui-ci en fait partie!!

La scénographie, le jeu des acteurs de la comédie française…

Ludwig, un roi sur la lune m’a littéralement bouleversé, les acteurs étaient profondément touchants, la scénographie réussié, la musique fabuleuse… Et cette rencontre avec ces jeunes comédiens et la metteuse en scène était intéressante et touchante.

Un grand bravo

MAIS le spectacle qui m’a énormément plu (tellement que je suis retournée le voir mercredi 13 juillet est

Tristesses

De part son nom humoristique, sa scénographie et ses acteurs (l’actrice interprétant le Rôle de la femme du pasteur interprétait le belle mère de Cendrillon dans le spectacle de Joël Pommera était simplement formidable et dégagait une énergie très positive)

J’ai vu le spectacle du premier rang tout à droite puis tout à gauche ce qui m’a donné deux visions différentes notamment sur l’église et la maison de la famille d’Ana, permettant une pensée critique plus approfondie et une vue su tout ce qui se passe coté cour ou jardin!!

cet humour décalé, cette musique entrainante et perturbante à la fois (j’ai interprété le rôle des musiciens comme celui des 2 frères décédés), ces différences de forces de caractères entre chaque personnage…

Texte de Diane Gaubert

L’école du spectateur permet de développer un esprit critique, apprendre à formuler un jugement sur ce qui est donné à voir sur scène. Elle permet aux élèves d’acquérir les notions essentielles pour comprendre un spectacle mais est également un lieu de rencontres où chacun apprend des différences de l’autre. Analyser, comprendre une intention n’est possible que par la mise en commun, l’échange et le partage de connaissances et de points de vue. Un spectacle donne aux spectateurs. C’est à nous de prendre et comprendre ce que nous pouvons en fonction de nous-mêmes. Petit à petit, morceaux par morceaux, nous recollons ensemble les pièces d’un puzzle, d’une volonté mystérieuse de l’artiste pour toucher enfin son sens, son caractère universel.  La diversité des spectacles proposés rend les réflexions et les débats multiples et davantage intéressants.

Trois spectacles qui ont particulièrement retenu mon attention :

Au cœur – Thierry Thieû Niang

C’est une nostalgie de l’enfance en même temps qu’un présent riche en changements que j’ai perçu dans le projet du chorégraphe. Le thème de l’enfance est effectivement manifeste rien que par le choix des performers : des enfants âgés de 8 à 18 ans. Les mouvements lents, le fond sonore doux parfois grave, l’espace imposant qu’offre la chapelle peut inscrire la performance dans un registre onirique, où les rêves doux sont mêlés à une tristesse délicate. Ces corps sur scène peuvent même s’apparenter à des spectres, des fantômes qui font écho à nos ombres, nos silhouettes juvéniles, notre passé. Néanmoins, la balance ne penche pas que du côté pesant des souvenirs. La performance s’équilibre : la nostalgie est aussi heureuse. L’immobilité, le silence des performers est le miroir de nos propres interdits. Devant chaque impasse, ces enfants, notre enfant intérieur, apprennent, se relèvent et grandissent. Si la performance invite à la nostalgie, elle est également criante de vérité, pour nous, adolescents à présent, adultes en devenir. Elle est le reflet du passage de l’enfance à la vie adulte. Et cette transition engendre des moments d’hésitations, des instants en suspens où tout est possible le meilleur comme le pire. Elle est assez représentative de cette tension, légère car encore innocente, pas tout à fait mure que l’on peut ressentir durant cette période.

Les Damnés – Ivo Van Hove

Cette pièce traite de la violence sous différentes formes : le metteur en scène, qui s’est inspiré du film de Visconti, voyait plus que du nazisme dans cette œuvre. Pour lui, il s’agissait de montrer à quel point le monde peut devenir barbare pour de simples intérêts économiques, financiers. Il a ainsi retranscrit cet univers où la corruption se mêle à la perversion. Les morts successives, engendrées par jalousie et soif de pouvoir sont explicitement montrées sur scène : les personnages se rendent dans leur cercueil avant d’être filmé durant leur longue agonie. Après chaque mise à mort, la scène est brusquement éclairée et les spectateurs sont directement concernés. Comment peut-on se positionner face à tout ça ? Qu’aurons-nous fait à leur place ? Une autre forme de perversion est abordée : la perversion sexuelle au travers du personnage de Martin, individu à l’identité sexuelle ambigüe. La pédophilie, assez clairement suggérée, s’ajoute au tableau pessimiste d’une humanité déshumanisée. La noirceur de l’homme est ainsi désignée par plusieurs moyens. Même si les évènements traités s’inscrivent dans le contexte de la seconde guerre mondiale et de la montée en puissance du nazisme, ils font paradoxalement écho à notre époque. Ces comportements violents ne seraient pas ceux utilisés et véhiculés par les terroristes djihadistes ? La scène finale est d’ailleurs relative à cette menace actuelle : Martin saisit une mitraillette, se dresse sur la scène et tire frénétiquement et sans interruption sur le public. Tout dans cette scène contribue à impliquer le spectateur. Le son saccadé, répétitif et saisissant, l’éclairage déstabilisant donnent à ces tirs une véritable répercussion sur nos corps. C’est presque comme si les balles perçaient réellement notre peau, détruisaient nos organes. « Les Damnées » établie un lien entre les atrocités du nazisme et la menace terroriste actuelle en dénonçant la violence et la perversité, des comportements apparemment intemporels propres à la nature humaine.

Tristesses – Anne-Cécile Vandalem

« Tristesses » utilise un contraste intéressant : le spectacle mêle humour et atmosphère noir. Il parle de la tristesse, du rapport au pouvoir, à la manipulation. L’utilisation de la vidéo au plateau permet de mieux comprendre certains éléments de la pièce.  Il y a donc deux espaces, théâtral et cinématographique. Le décor permet de définir un espace de jeu, de comprendre l’intrigue et son enjeu en l’inscrivant dans une réalité concrète. La vidéo permet de voir ce qui est question sur scène. La disposition scénique invite la caméra à s’engouffrer dans les maisons. La metteuse en scène s’intéresse particulièrement à la tristesse : elle met volontairement en scène des personnages  qui n’arrivent pas à sortir de leur tristesse. C’est justement en montrant des scènes de tristesses parfois extrêmes que le spectacle devient comique par moments. L’histoire, qui peut être prise pour un fait divers, relève différentes problématiques propres à notre époque : l’abus de pouvoir, la présence omniprésente des médias, l’endoctrinement populaire en jouant sur les faiblesses. Le spectacle interroge aussi la situation politique actuelle avec la montée du parti d’extrême droite avec comme personnage représentatif Martha Heiger.

Texte de Jonathan La Palombara

Image créée par Justin Le Bourhis

Nous sommes ici dans l’univers de 2666 mais ceci est une histoire parallèle. Dans cette scène , Oscar Amalfitano, philosophe et professeur d’université, qui rappelons le, bascule doucement dans la folie durant la pièce (hallucinations), est tourmenté parr tous les crimes qui se passent à Santa Teresa. Il semble entendre les voix des femmes tuées lui répéter les mêmes mots et cela le rend complètement fou, mais jusqu’à quel point ?

« La Partie des crimes 2 »

Oscar Amalfitano est seul , dans une pièce plongée dans le noir

O.A,assis, la tête entre ses mains : « Quelle est cette pensée qui me tourmente encore et encore … ? »

Plusieurs voix de femmes, lentement : « Crimes… »

O.A : « Et ce chiffre … »

Les voix de femmes : « 2666 … »

O.A, sur le même ton : « 2666 crimes »

Les voix de femmes : « Viols, meurtres, enlèvements , cadavres , femmes »

O.A, pousse un long cri : « AHH ! »

Un silence

O.A : « Pourquoi cette torture ? Pourquoi les voix de ces femmes ne cessent de raisonner ? Et tous ces noms, et toutes ces images macabres… » il cri « Pourquoi !? » Se met à pleurer « Pourquoi cela reste gravé sous mes yeux… ? » il chuchote « Qu’est ce que vous voulez ? » puis cri « Mais qu’est ce que vous me voulez?! Je n’y suis pour rien ! »

Un silence

O.A : « Si … ? »

Se lève

O.A : « Y suis-je pour quelque chose… ? Non, non non ! Devient nerveux Ceux ne sont qu’hallucinations ? N’est ce pas ? Se ronge les ongles Je n’y suis pour rien moi… tout ceci n’est que pur hallucination… ? » Un silence «  Pas elles, pas encore… »

Il s’entoure le ventre de ses bras et se plie

O.A : «… la culpabilité… Je-ne-dois-pas-culpabiliser »

Les voix de femmes : « 2666 … »

O.A ,chuchotant : « Non… »

Les voix de femmes : « Crimes … »

O.A, criant et pleurant : « Ce n’est pas moi ! »

Les voix de femmes, répétant : « Torturées, violées, tuées, torturées, violées, tuées … »

O.A se met à genoux et pose ses mains sur ses oreilles

L’une des voix de femmes : « 2666 fois »

O.A se met à crier ,puis s’allonge au sol, le regard droit mais vide

O.A,d’une voix calme: «…du sang pour arrêter la torture…si je leur ai fait du mal, alors je dois me faire du mal »

Il se relève, se saisit d’un couteau et s ’entaille le poignet gauche. La sang coule au sol. Il trempe ses doigts dans la flaque et porte sa main à son front. Il y écrit « 2667 », et se laisse tomber au sol.

Texte de Steffie Chaumard

2666 est une adaptation du roman de Roberto Bolaňo du même nom. Le spectacle, tout comme le livre, se constitue de 5 parties.

La partie 1, la partie des critiques, raconte la relation entre quatre critiques qui se lient d’amitié grâce à l’intérêt qu’ils portent à l’écrivain allemand Benno von Archimboldi, qui mène une vie secrète et que personne ne semble avoir vu depuis des années. Ils décident de partir sur ses traces dans la ville de Santa Teresa, au Mexique.

La partie 2 est la partie d’Amalfitano, un professeur de philosophie à l’université de Santa Teresa qui vit avec sa fille. Alors qu’il devient fou, celle-ci commence à fréquenter Chucho Flores, un malfaiteur.

La partie 3, la partie de Fate, raconte le passage à Santa Teresa de Quincy Williams, alias Fate, venu couvrir un combat de boxe quand il entend parler des assassinats de femmes touchants la ville. Il s’y intéresse alors en compagnie d’une journaliste mexicaine. Il rencontre une jeune femme qu’il sauve des griffes de son copain qui semblait vouloir lui faire du mal. On comprendra plus tard que cette femme est la fille d’Amalfitano.

La partie 4, partie des crimes, décrit tous les corps de femmes découverts et leur nom, quand elles ont pu être identifiées, depuis 1993 à Santa Teresa, année où le décompte de cadavres de femmes a commencé dans la ville et aux alentours, en alternance avec les investigations d’un policier, Juan de Dios Martinez, et les aveux du principal suspect des meurtres, plaidant son innocence en prison.

La partie 5 est la partie d’Archimboldi, racontant l’enfance et la carrière militaire de Hans Reiter pendant la Seconde Guerre mondiale, puis sa vocation littéraire pour laquelle il prend le nom de plume d’Archimboldi, en référence au peintre italien Arcimboldo, pour se cacher après avoir tué un homme. Son neveu n’est autre que l’homme emprisonné pour les meurtres des femmes à Santa Teresa dans la partie 4.

Une question se pose quant à la scénographie, y aurait-il trop de passages filmés qui prendraient le pas sur le jeu théâtral ? Si nous pouvons percevoir les caméras comme un facteur d’éloignement du spectateur par rapport à la représentation, avec une matérialisation du quatrième mur car les espaces filmés sur scène étaient plus ou moins clos, la vidéo peut transmettre plus d’émotions grâce à un rapprochement du spectateur des personnages, et un aspect de confidence lorsqu’un acteur regarde l’objectif, donnant la sensation de s’adresser au spectateur directement. Les changements de mise en scène peuvent être également perçus comme nécessaires pour tenir le spectateur captivé durant 9h. En effet, durant les 5 parties du spectacle, le jeu théâtral, la vidéo, la narration sont utilisés, mais également le texte direct projeté. Le spectateur devient téléspectateur et lecteur durant la pièce. La vidéo, visiblement à la mode cette année au Festival d’Avignon (Les Damnés, Tristesse(s)), peut avoir l’air de dénaturer le théâtre ici, mais ce dernier évolue, se modernise, encore faut-il que la présence de la caméra y soit justifiée….

Dans 2666, la vidéo peut représenter le côté médiatique des critiques cherchant à retrouver Archimboldi, la médiatisation de l’affaire des meurtres de femmes, d’autant plus que dans la dernière partie qui raconte la véritable histoire d’Archimboldi, qui est inconnue des critiques, la vidéo disparaît avec l’aspect médiatique.

Le spectateur sort frustré et déçu du spectacle car la partie des crimes, extrêmement oppressante, insoutenable, poussant le spectateur à bout avec une description très réaliste des corps retrouvés à Santa Teresa durant 2h20 s’agit d’une fin en soi, le but étant de mettre à l’épreuve le spectateur, alors que ce dernier, captivé, s’attend à découvrir la résolution de l’affaire, qui n’aura jamais lieu.

La dernière partie est en effet décevante car le spectateur croit qu’il va enfin découvrir tous les liens entre les 5 parties, or la seule chose qui est révélée est qu’Archimboldi est l’oncle du principal suspect des meurtres de Santa Teresa.

Cette déception est voulue, l’auteur de 2666, suivi par le metteur en scène Julien Gosselin, entraînent le lecteur et le spectateur dans des fausses pistes, jouant avec leurs attentes.

D’autant plus, ils donnent à voir dans la dernière partie des détails sans importance, bien loin de ce qu’on veut savoir, comme l’explication des parfums de glaces durant les cinq dernières minutes, alors qu’on attend désespérément une révélation ultime pour ne pas rester sur notre faim.

De nombreux éléments ne sont pas expliqués à la fin à notre grande surprise, comme si le livre était tellement gros qu’on ne pouvait que nous livrer des bouts des parties sans avoir le temps de nous y immerger, nous faire comprendre leur sens et leur lien entre eux ainsi que leur intérêt.

Pour conclure, trop de points sont restés obscurs et inexpliqués durant cette pièce, on ne saura pas qui sont les véritables responsables des meurtres et les liens entre toutes les parties si ce n’est qu’Archimboldi, l’auteur qui intéresse les critiques de la première partie, n’est autre que l’oncle du principal suspect des meurtres de femmes de Santa Teresa de la quatrième partie. Le titre lui-même reste une énigme : 2666, bien que 666 n’est pas sans rappeler le chiffre du diable. Même en sachant que ce chiffre, qui représente une année, est tiré, d’un autre roman de Bolaňo, Amuleto, on a toujours du mal à comprendre pourquoi il a donné son nom à ce roman.

Le fait que les acteurs jouent plusieurs rôles est également troublant car on ne sait pas toujours quel rôle ils jouent, s’il s’agit de plusieurs personnages ou d’un seul qui revient à plusieurs reprises.

Les similarités notées dans l’état des corps retrouvés, le nom du soit-disant véritable meurtrier révélé par le principal suspect à priori innocent, l’émission télévisée filmée en alternance avec la description des corps retrouvés avec une voyante qui voit tous ces corps, sans oublier le zoom sur l’histoire d’une des femmes disparues, avec une de ses amies qui raconte leur relation à un policier, sont tout autant d’éléments intrigants qui restent sans explication ni suite à la fin, ce qui est très décevant car ce sont ces détails qui suscitent l’intérêt. Si cette frustration est voulue, elle est bien trop grande pour m’avoir fait aimer la pièce, et je n’en vois toujours pas l’intérêt. Je crois que le message du metteur en scène était loin de mes attentes, plus profond, mais surtout trop flou pour être perceptible. Cependant, il m’a donné envie de lire le roman.

Texte de Clément Istre

Image de Axel Gonzales

Répétition publique de « Tu », spectacle de Matias Pilet à la Chartreuse le 19 septembre3

Le Mardi 27 octobre, 2015. Pas de commentaires

La scène était différente des autres spectacles. Elle n’était pas noire mais recouverte d’un papier blanc. Le silence s’est fait. Une forme s’est glissée lentement dessous, puis arrivée à l’extrémité de la scène, a ramené le tissu vers elle, jusqu’à former une gigantesque boule de papier. On aurait pu croire qu’elle était en train d’ingurgiter le papier ! Puis cette boule s’est transformée en quelques instants en un petit trampoline, c’est alors qu’à travers tout l’espace qui lui était accordé, l’acrobate a dansé avec cette boule.

Beaucoup d’harmonie ressortait de cette chorégraphie. Cela a duré quelques minutes mais malgré l’espace restreint, les figures étaient toutes différentes. Puis, tout s’est arrêté. D’autres tissus de papier se sont déroulés du plafond, faisant office d’écran. Cette partie du spectacle a été très émouvante. Une voix féminine nous a dévoilé son histoire, un événement marquant. Durant la diffusion de l’enregistrement, l’acrobate est resté assis sur scène, essoufflé mais tout aussi ému que le public.

A travers ce spectacle autobiographique, Matias PILET, nous a raconté son histoire, celle de sa jumelle non- née. Je n’ai pas pu interpréter correctement toute la représentation, certains éléments de son acrobatie m’ont échappé ou non pas été assez clairs pour moi. Cependant, l’utilisation du papier sulfurisé était un indice pour comprendre ce qu’il voulait nous faire passer et était très ingénieuse. A travers l’utilisation du matériau j’y ai reconnu la membrane de la poche où l’embryon se développe dans le ventre de sa maman.

De plus, l’intégration des images et de l’enregistrement ont vraiment rendu ce spectacle émouvant, nous permettant de comprendre l’importance pour Matias de nous raconter son histoire, qui est un sujet délicat et un poids pour lui. En effet, lors de notre échange à la suite de la représentation, il nous a expliqué qu’il avait le sentiment constant d’un manque, d’une absence.
Ce n’était qu’une représentation partielle du spectacle. Peut-être que si je vois le spectacle entièrement je pourrais comprendre ce qu’y est encore flou pour moi. C’était en tout cas, un beau spectacle dans lequel Matias PILET se dévoile et montre son talent d’acrobate.
Shana

Nous sommes allés voir à la Chartreuse le spectacle d’acrobatie « Tu » avec Matias Pilet et mis en scène par Olivier Meyrou. Il s’agissait d’une répétition. Les répétitions ont commencé trois semaines avant la première représentation officielle. Ce projet est donc en pleine maturation… Ce dernier représente l’intériorité d’une personne, d’un embryon tourmenté par la mort in utero de sa sœur jumelle. La répétition alterne entre extirpements impossibles et témoignages de la mère à son fils.


Les acrobaties, parfois violentes, traduisent son tumulte intérieur, en parti dû au refoulement de cette vérité à l’adolescence. L’acrobate confie notamment à la fin de la représentation que des choses ont besoin de sortir de lui par le corps, des choses qu’on ne peut exprimer par les mots. Il parle d’une renaissance en libérant une tension par le corps.
Le début m’a laissé perplexe : est ce vraiment un homme entortillé dans du papier sulfurisé ?


La suite est beaucoup plus prenante. Je me suis laissé intriguer, toucher par cette volonté farouche de craqueler, froisser, replier inlassablement ce papier qui parait indomptable. Une affaire bien étrange se transforme en lutte acharnée. Puis nous sommes entrainés dans ce tourbillon infernal, nous voulons savoir pourquoi cette détermination, parfois violente, qui s’explique progressivement au fil de l’œuvre par la voix d’une femme, Erika, la mère de Matias, expliquant sa fausse couche.
Nous comprenons peu à peu …


Les gestes lents de Matias, s’étirant le visage, me font penser à quelqu’un qui se lave de ses tourments, peut être de ses illusions. Cette obstination de libération fait sens : j’y reconnais les peines, les obsessions qui nous tiraillent et qui peuvent être extériorisées. Et puis même si ce papier sulfurisé, cette boule de tensions est repliée, il en restera toujours quelques morceaux à certains endroits, comme sur scène, encore à la lumière des projecteurs. Nous savons qu’il faudra vivre avec notre passé.


 » Tu  » délivre un message universel, celui d’une renaissance de l’être, d’une libération par le corps, d’une expulsion d’énergies, de tensions qui ne peut s’exprimer par une réflexion intellectuelle.
Jo


Matias Pilet, acrobate, a décidé de faire ce spectacle en hommage à sa sœur jumelle morte 3 jours avant la naissance.
J’ai trouvé l’utilisation du papier sulfurisé très utile pour représenter la membrane. Pour moi, le papier représente d’abord le ventre de sa mère, Matias étant dessous, donc dans le ventre, se débattant, ce qui m’a donné l’impression qu’il y avait deux personnes dessous mais seul Matias en sort. En effet, il a passé 3 jours dans le ventre de sa mère avec le corps mort de sa sœur avant de naître, seul.


Le papier devient ensuite sa sœur elle-même contre qui il se bat, il essaye de monter sur le papier comme pour surmonter son absence, il tente de mettre le papier le plus en boule possible comme pour la faire disparaître, il veut s’en séparer mais revient toujours vers elle car il y est manifestement lié. S’il essaye de la mettre de côté pour l’oublier, elle revient toujours (le papier revient en se déroulant d’en haut).


J’ai trouvé le témoignage de sa mère très émouvant et paraissait très naturel. Il permettait d’aborder le sujet du spectacle de façon concrète.


Je trouve que l’on peut facilement s’identifier à Matias par la tension qu’il a avec sa sœur qui peut représenter toutes les tensions que l’on peut ressentir nous même dans la vie. Je me suis senti concerné, ce qui a renforcé mon émotion.
Clément

Retours de nos élèves sur l’édition 2015 du Festival d’Avignon, troisième livraison#

Le Mardi 27 octobre, 2015. Pas de commentaires

On est le 12 juilllet 2015 .Aujourd’hui ,je vous écris pour vous raconter ce que je viens de vivre. J’ai participé a l’école du spectateur pendant 4 jours , c’était exceptionnel ,pendant 4 jours j’ai vu des spectacles, des expositions ,des films du matin au soir, c’était incroyable .Je vais vous parler d’une pièce en particulier.

On est le 11 juillet , dans la soirée , je suis avec mon groupe, on se dirige vers l’Opéra d’Avignon pour voir une pièce de théâtre de Shakespeare: Richard III. Je rentre je m’assois je ne suis pas très bien placée mais je vois. Ca commence , je ne comprends pas trop ce qui se passe mais j’aime car c’est très dynamique .Au fil du temps on comprend de mieux en mieux ce qui se passe ,et puis la mise en scène est incroyable, c’est tellement vivant .Les comédiens sont excellents ,il jouent très bien, en particulier le personnage principal ,Richard, le comédien est vraiment dans la peau du personnage c’est incroyable.2h et quelques sont passées, c’est fini,c’était long pour moi ,à des moments c’était trop répétitif  et il y avait trop de détails. J’ai aimé mais pas plus .

Mais, ce n’est pas la pièce que j’ai préférée ,celle que j’ai préférée est Le Roi Lear, toujours de Shakespeare .
J’espère que l’année prochaine je referai l’école du spectateur .
Lydia Chebahi


J-2 de l’école du spectateur. Je me réveille en me demandant ce que cette journée me réserve. Mauvaises découvertes ? Bonnes découvertes ? Surprises ? Stupéfaction ? Joie ? Que de questions… J’aime découvrir de nouvelles choses, ouvrir mon esprit sur le monde, élargir mes horizons, c’est tellement… Excitant ! Enfin bref, la journée commence, nouveaux spectacles en perspective, jolie petite exposition à l’Église des Célestins, découverte des nouvelles lectures des lycéens à la Chartreuse, puis nous arrivons dans la file d’attente de « No world ».


La chaleur est au rendez-vous dans cette file. Les gens se plaignent de cette chaleur d’ailleurs. C’est vrai qu’il fait chaud, mais on est pas dans le sud pour rien. Une petite dame blonde s’évente avec un léger sourire comme pour dire « Vous avez chaud, moi non, j’ai mon éventail, eh oui, j’y ai pensé moi, et toc ! ». Ils sont drôles ces adultes.


Arrive alors un jeune homme pour nous faire entrer dans la salle. L’empressement se fait ressentir. Les gens te passent devant naturellement, mais tu ne dis rien, tu vas profiter du spectacle quand même. C’est quoi cette salle ? Mais… Candy Crush ? Tu es là ? On distribue le flyer du spectacle que je me languis de lire. Une performance de théâtre documentaire… Tiens, tiens… C’est nouveau ça, et ça me plaît déjà !

Les lumières s’éteignent, le spectacle débute. Une multitude de vidéos sont diffusées : concert de Miley Cirus avec un public en furie, une jeune fille déroulant une tablette de Toblerone pendant 20 minutes, François Hollande et Angela Merkel complètement ridiculisés… Les acteurs parlent en même temps, tout est confus, on est un peu perdus. La voilà la société de consommation. Notre société. Où les médias sont omniprésents, où la nouvelle technologie prend le dessus, où les gens oublient ce qu’est qu’un concert décent, où les gens oublient de se cultiver et de découvrir le monde… Et là tu te poses des questions. Comment en est-on arrivé là ? Comment on peut laisser passer ça ? J’en fais partie ? Je dois changer ce que je suis ? En 1h30 on te la balance en pleine gueule ta société et tu te sens vraiment con. Ça te fait réfléchir. C’était le but de cette mise en scène de toute façon. Te remettre en question. Te faire prendre conscience de certaines choses.

Il y a un passage de cette pièce qui m’a véritablement marquée. Un passage sur la nourriture. Je sais même pas si on peut appeler ça comme ça en fait… Une vidéo sur la production des nuggets de Macdonald. Et en parallèle les acteurs en faisaient chauffer. A la fin de la vidéo, ils nous en ont proposé. J’ai jamais été autant écœurée. Mais ça ne dérangeait que peu de monde puisque nombreuses ont été les personnes qui en ont voulu. Beurk. Ça me dégoûte. Mais j’y songe et me dis que je remangerai sûrement Macdo et que je ne penserai même plus à cette vidéo… Ou peut-être que si, qui sait ? Ce spectacle m’a bouleversée et m’a fait prendre conscience de certaines choses de ma vie.

Vive la culture !
Clothilde
Cliquer sur son nom pour voir la video d’Elena Couplet


Le 18 février, une pause théâtrale et poétique dans le bac blanc : Plan B à la Garance, théâtre de Cavaillon #

Le Mercredi 11 février, 2015. Pas de commentaires

Les premières et terminales spécialité et facultatif assisteront mercredi 18 février 2015 à la représentation de Plan B d’Aurélien Bory à Cavaillon.

Rendez-vous à 18h45

Départ du bus : 19h

Début de la représentation : 20h30

Retour du bus prévu porte Saint Dominique  à 22h30, heure à laquelle les parents viennent chercher leur enfant.

watch?v=4skNcjGZsr0



Une Saint-Valentin théâtrale à la Chartreuse !!!!#

Le Mercredi 11 février, 2015. Pas de commentaires

Le lycée propose aux élèves de l’option théâtre d’assister au spectacle « Days of Nothing » de Fabrice Melquiot (l’auteur choisi par les terminales facultatif pour leur bac l’an passé) à la Chartreuse.

Rendez-vous à l’accueil à 20h

Début du spectacle : 20h30

Durée : 1h

Les parents viennent chercher leur enfant à la Chartreuse à l’issue de la représentation à 21h30 à la Chartreuse

La Bohème à l’Opéra le 13 février 2015#

Le Mercredi 11 février, 2015. Pas de commentaires

Pour tous les premières spécialité et facultatif, répétition de ma Bohème, opéra de Puccini, vendredi 13 à l’Opéra théâtre, place de l’horloge.


Rendez-vous devant le théâtre à 18h30

Début du spectacle : 20h

Durée du spectacle : 2h30

Les parents viennent chercher leur enfant à l’issue de la représentation au théâtre à 22h30

Résumé

A Paris, au XIXe siècle. Une bande d’étudiants sans le sou compte sur les joies de la vie pour égayer un peu son quotidien misérable, car manger, se chauffer ou payer son loyer tient du luxe ! La tendresse de la petite cousette Mimi apporte lumière et chaleur au poète Rodolfo : tous deux vivent passionnément leur coup de foudre et font connaître leur amour à leurs amis durant la soirée de Noël. Le peintre Marcello, lui, est habitué aux coups d’éclat avec Musette, sa maîtresse volage : leur couple forme un contrepoint plein d’humeur à celui, plus mélodramatique, de Mimi et Rodolfo, qui finissent par rompre, bien malheureux de ne réussir à s’entendre. En fait, Mimi se sait condamnée par la phtisie qui la ronge peu à peu. Bien que séparée de Rodolfo, elle viendra expirer dans ses bras, sous les yeux des bohèmes, incapables de la soigner dans leur triste mansarde du Quartier Latin.

Acte 1

C’est la nuit de Noël à Paris, et la vraie vie de bohème pour quatre étudiants sans le sou du Quartier Latin : il y a là Rodolfo, le poète, Marcello, le peintre, Schaunard, le musicien, et Colline, le philosophe, et ils sont aussi transis qu’affamés. Tous partent réveillonner à l’extérieur – tous sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. Ce dernier reçoit la visite de la cousette Mimi, sa voisine, en quête d’une chandelle et du grand amour. Rodolfo et elle se présentent tour à tour l’un à l’autre dans deux airs débordants de lyrisme, avant d’unir leur voix : c’est le vrai coup de foudre.

Extrait : « Che gelida manina… Si, mi chiamano Mimi »

Acte 2

Mimi et Rodolfo sont venus retrouver leurs amis au Café Momus, où la fête bat son plein. La bande est rejointe par Musette, l’ancienne maîtresse de Marcello désormais au bras du vieux Alcindoro. Jalousies, prises de bec, réconciliations : la piquante Musetta sort le grand jeu pour reconquérir son Marcello, qui en pince toujours pour elle.

Acte 3

Si Marcello et Musetta passent leur vie à se chamailler, rien ne va plus en revanche entre Mimi et Rodolfo. Mimi est trop coquette et flirte avec tout le monde, se plaint Rodolfo – mais Rodolfo, lui, s’enferme dans sa jalousie, reproche Mimi. En fait, la petite cousette est phtisique, et se sait donc mortellement atteinte. Elle fait ses adieux à son amant, mais tous deux décident d’attendre le printemps pour se séparer définitivement.

Acte 4

Quelques mois se sont écoulés, et l’arrivée des beaux jours a signé la rupture entre Mimi et Rodolfo. Impossible pour les deux amis d’oublier leur maîtresse ; ils évoquent avec nostalgie les bonheurs d’hier.

Musette est arrivée accompagnée de Mimi, mourante. Pour payer un médecin à la jeune femme, les amis décident de vendre le peu qu’il leur reste, mais rien n’y fait : après de bouleversants adieux, Mimi avoue à Rodolfo qu’elle l’aime toujours et s’éteint doucement. Rodolfo s’effondre en pleurs, hurlant de désespérés «Mimi ! Mimi ! » dans une atmosphère chargée de pathos.

Ecole du spectateur 2013 : compte-rendus des élèves #

Le Mercredi 31 juillet, 2013. Pas de commentaires

Sheda de  Dieudonné Niangouna

Un nom étonnant, une pièce longue et difficile à comprendre mais comme Dieudonné Niangouna (le metteur en scène vu lors d’une rencontre) l’a dit : « l’essentiel n’est pas de comprendre mais d’entendre et voir » alors suivons cette phrase et admirons simplement ce spectacle.

Des hommes et femmes, dès le début, surgissaient d’un peu partout, ces comédiens tout au long nous ont envoyé une force et une énergie hors du commun.

Sur ces 4 heures assise nous en avons passé 2 heures sous la pluie, les orages et les éclairs, cela peut paraître étrange mais ce temps se fondait parfaitement avec cette création et l’ambiance présente.

Avec courage nous sommes restés pour continuer à vivre cette folle aventure, ce qui n’était pas le cas de tout le monde, mais le fait qu’il y ai moins de personnes nous a permis d’être plus « intimes » avec les comédiens. Il y a comme un lien qui s’est créé,  ils nous envoyaient cette force et énergie et nous leur en envoyons le double.Ils étaient parmi nous, montaient dans les gradins, dansaient avec des spectateurs lorsqu’ils en avaient l’occasion. Ils nous partageaient leurs aventures, leur histoire.

Nous n’étions plus de simple spectateurs mais des acteurs.

Dès le début on se laisse charmer par les décors et la mise en scène interessante. Dans cette si grande carrière, l’espace était parfaitement bien travaillé. Les différents reliefs étaient occupés, du sol au sommet de la falaise présente.

Chaque personne perçoit le spectacle à sa manière, elle ressent différentes émotions à des moments parfois similaires, ce qui est interessant. Par exemple le manque de compréhension pouvait déranger certaines personnes tandis que d’autres n’y faisaient pas attention et passaient au-dessus.

D’ailleurs pour ma part cette incompréhension était due au manque de connaissances et de références que je pouvais avoir.

Sinon, parfois, il pouvait y avoir un surplus de décors et de personnes en action qui pouvait être pesant. Nous ne savions pas tout de suite qui parlait et nous devions donc parcourir la carrière avec plus d’attention et chaque tableau avec plus de profondeur. Nos yeux s’arrêtaient donc sur des détails auxquels nous n’aurions pas fait attention si nous savions tout de suite qui parlait et où, personnellement ce point là n’était pas dérangeant (je l’ai au contraire trouvé interessant) mais pouvait l’être à nouveau pour certaines personnes puisque ceci pouvait nous déconcentrer encore plus et nous pouvions donc « décrocher » de ce qui se disait, ce qui accentuait notre incompréhension.

En plus du décor, la musique était réussie et réalisée par les comédiens même en « live », elle était réalisée de façon originale, en plus d’une basse, d’un saxophone, d’un xylophone, et de percussions les comédiens utilisaient des bouteilles assemblées et soufflaient dedans ou encore faisaient passer du riz d’un saladier à un autre afin de créer un son plutôt doux. C’était donc parfois des musiques étranges mais toutes aussi emportantes !

Malgré les quelques difficultés évoquées, chaque tableau était intriguant, interessant et tout à fait différent !

Nous avons vécu ce soir-là une aventure étonnante et unique en son genre, une expérience qui permet d’apprendre et évoluer dans ce monde si fou regorgeant d’histoires incroyables !

Tessie Hude


Place du marché 76 de Jan Lauwers

« Mais pourquoi ! » « Mais parce que ! » « Mais pourquoi ! »

« Mais parce que » « Mais pourquoi ! » « Mais ta gueule ! »

Que dire de cette piéce de Jan Lauwers chef de la fanfare Needcompany ? Le challenge et grand : de nombreux sujets graves et parfois tabous vont être abordés dans un spectacle ouvert à tout public et qui passera à tout moment du français à l’anglais pour un énorme choc culturel.

Et bien beaucoup, il y a justement tellement de choses que l’on ne sait pas par où commencer. Et bien peut être tout simplement en introduisant le contexte ou plutôt l’ambiance dans lequel se déroule la piéce : L’histoire se passe sur toute une année, avec les quatre saisons qui rythment la piéce. On prend d’ailleurs un grand plaisir à entendre le nom des actes et scènes ainsi que certaines didascalies dites par Jan Lauwers présent sur scène sous le pseudonyme de « Sergent Pepper ».Cette piéce raconte l’histoire d’un petit village endeuillé par un horrible drame. L’explosion tragique d’une bombonne de gaz sur la place du marché faisant de nombreuses victimes dont de nombreux enfants. On ne peut donc le nier, cette histoire a bien sa place dans le registre des histoires noires bien qu’elle soit magnifiquement jouée par la troupe pleine de vie de Needcompany. Car un évènement inattendu survient lors de la « fête » des 1 ans de l’accident, un bateau tombe du ciel et donne le coup d’envoi à un foisonnement d’images, de chants et de musiques dans la vie triste des villageois. Vous l’aurez sans doute compris par cette coupure plus que soudaine que cette piéce se déroule dans un univers complétement décalé. Dans Place du marché 76 de nombreux tabous tels que l’inceste le viol, la mort, l’enlèvement, le deuil, la pédophilie, le suicide, le meurtre ainsi que l’adultère et la sexualité sont abordés. Autant de sujets présents au sein de cette communauté ardente dans laquelle survivent l’amour débordant, la joie et le bonheur. De nombreux tabous mais qui sont abordés sans pour autant être choquants, ou presque, dans cet univers décalé. Chaque personnage à une personnalité différente des autres et haute en couleurs, des personnages auxquels on s’attache assez vite et avec qui on lie une certaine complicité. De plus ici ce n’est pas parce que l’un d’eux décède qu’il ne fait plus partie de la piéce, loin de là, il sera toujours présent et même bien présent mais cependant sous une forme différente de la première. Jan lauwrens présente l’histoire de la délivrance d’une communauté. Le marché et sa fontaine a toujours été le point de départ et d’arrivée de l’expression de la volonté du citoyen. C’est l’endroit de la prise de parole en public, tout ce qui concerne la communauté se passe sur cette place du marché universelle. Car ce qui se passe sur la place du marché concerne la communauté. Avec ce spectacle épique Lauwers semble offrir aux citoyens une sorte de thérapie de groupe visant à les faire passer du pesant souvenir de ce tragique accident au bonheur total pour presque tous les personnages.

Remy Grandcolas

Philippe Ducros La Porte du non-retour

Jeudi nous avons vu une déambulation théâtrale et photographique de Philippe Ducros.

Cette déambulation est un parcours que le spectateur effectue avec un casque audio dans lequel Philippe Ducros raconte des parties de son voyage durant ses dix ans passés en Afrique du Sud.

Il plonge l’auditoire dans un univers contrasté entre la tranquillité de la musique diffusée et l’oppression de la lumière présente seulement sur les photographies. La déambulation est essentiellement de photographies mais il y a de temps en temps des textes historiques pour replacer dans le temps et mieux comprendre la situation actuelle de misère de ces pays du sud. Il est allé notamment dans des camps de détention et explique les colonisations. Il décrit les conditions de vie des populations et prend quelques portraits. La plupart de ses photographies sont en impression chromogène et leur grande taille nous transporte directement dans cet univers bouleversant. Il raconte son voyage tout en évoquant sa femme qui lui manque et, par moments, elle prend la parole en lui demandant pourquoi il a ressenti le besoin de partir si loin, dans la misère.

Cette exposition est très touchante, voire même émouvante.

Luna Masera

Par les Villages, de Peter Handke, mise en scène de Stanislas Nordey

Artiste associé du festival d’Avignon, Stanislas Nordey présente sa nouvelle pièce « Par les villages » de Peter Handke.Toujours fidèle à lui même S.Nordey minimalise les décors, le jeu et les mouvements des acteurs.En effet les comédiens sont très statiques et récitent de longs monologues. Nordey veut forcer le spectateur à écouter le texte poétique et prenant.

Mais Nordey a-t-il utilisé les bonnes techniques de mise en scène pour ce texte ?

Est il judicieux de laisser les acteurs déclamer leur texte en oubliant le spectateur ?

Car la barrière public/acteur s’est fait ressentir. Nordey n’a pas chercher à nous garder en éveil ce qui en a mené beaucoup au sommeil ou vers la porte de sortie. Pour appuyer cette non assistance, il place à la fin du spectecle un monologue de 40 minutes dont toutes les phrases sont saccadées, terrible coup de massue pour les survivants! Toutefois ce spectacle est une véritable performance d’acteur qui ont appris des textes incroyablement longs . Bravo à eux!!

Alidiere Colombine

Regards de Severine Fontaine

Parfois il suffit d’un regard et nous sommes transformés. Tout change autour de nous. Notre regard sur le monde. Nos propres perceptions et convictions profondes. Il suffit d’un simple regard. Et l’objectif change. Notre vision change. Nous changeons également. Evoluons peut-être. Elle nous raconte.

C’est l’histoire d’une petite fée aux ailes brisées, portant son petit coeur troublé.

Troublé par les moqueries des petites filles de son âge. Pointant la différence du doigt. S’arrêtant à l’apparence même.

Et l’être ?

Qu’advient-il ?

Où a t-il sa place dans le regard de l’autre ?

L’autre. Il peut être en face de nous. Comme il peut être nous. C’est une question de point de vues. Simple comme bonjour nous perdons notre jugement. L’estime de nous-même et nous nous retrouvons perdus, seuls, contre les voleurs d’estime. Elle crie dès lors sa rage de vaincre, contre cette maladie qui nous ronge, qui nous bouffe intérieurement, rendant l’extérieur bien plus qu’important. Et pourquoi ?

Au milieu d’une socièté régie pour la case « image ».

Ainsi, même les personnes creuses peuvent réussir.

Et nous, dans tout ça, on fait quoi ? On se bat.

Réussir à s’armer contre les sales pensées de ce monde : c’est le quotidien de cette petite fille qui se croit laide. Qui se compare à une petite cochonne. Elle trouve alors le repos hors de la lumière, de l’oblique, du reste. Et s’éveille la nuit, dans un sommeil infini sur les doux nuages. Et se raconte des histoires.

Le jour, elle retrouve cette dure réalité des courbes accusatrices, de ces monstres de fer qui l’épillent, la dévore avec les yeux. Des lampes. Projettant cette lumière affreuse qui vous aveuglent. Mais il faut continuer de marcher, il s’agit d’une nécéssité, pas d’un choix. Aller de l’avant, dit-on. Oui, un jour ce désir, quand la maladie arrive  à sa phase terminale prend le dessus. Et nous fait dire OUI ! Oui à la vie débordante ! Oui à la beauté des différences ! Oui au combat de l’affirmation de soi ! Créeons notre propre regard.

Et surtout aimons-nous.

Inès de Domahidy

Faust I et II de Goethe mise en scène par Nicolas Stemann

Ce jeudi 11 juillet 2013, pendant le festival d’Avignon, avec l’école du spectateur organisé par le lycée F. MISTRAL, nous avons eu la chance de pouvoir assister à la représentation de Faust I et II. Cette pièce a eu lieu à La Fabrica et a duré huit heures trente (sans compter le premier entracte d’une heure et vingt minutes les trois autres qui suivirent). La mise en scène de Nicolas Stemann est accompagnée par les artistes et techniciens du Thalia Theater de Hambourg.

Faust I et II est une œuvre de Goethe datant du XIXème siècle. Elle raconte le vie de Faust, un alchimiste allemand, qui se plaint de ne rien découvrir qui puisse le satisfaire. Il va signer un pacte avec Méphistophélès qui va devoir le servir dans le monde terrestre et, en échange, il aura l’âme de Faust à sa mort. Cette œuvre est la plus importante des tragédies allemandes.

Lors de la représentation, l’œuvre Faust I et II fut divisée en quatre parties. Dans la première partie, la prologue va nous être conté puis on découvre le personnage de Faust ainsi que son caractère, ses désirs et le fait qu’il va, par la suite, être lié à Méphistophélès par leur pacte et qu’il va, ensuite, tomber amoureux de Marguerite.

On voit que Marguerite se situe au milieu de Faust lié à Méphistophélès qui lui tient le bras. L’amour de Faust pour Marguerite est mis en valeur par le fait qu’il la tient et semble ne pas vouloir la lâcher. Pourtant on voit que Marguerite en aimant Faust est, elle aussi, liée à Méphistophélès (de part la position de ses bras) et on peut aussi penser que, du fait qu’elle soit face à Méphistophélès, cela va provoquer un acte diabolique…

Cet amour passionnel va garder le coté tragique de l’œuvre de Goethe car Marguerite va par amour tuer, sans le vouloir, sa mère pour retrouver l’être aimé et noyer, par désespoir, son bébé brisant ainsi le lien amoureux de Faust et Marguerite. Cette dernière va donc être condamnée à mort. En prison, elle refusera l’aide de Faust car elle ne retrouvera plus l’amour qu’il avait pour elle.

Dans la seconde partie, le pays est en crise et Faust créa les billets afin de relancer l’économie. Entre temps, il tombera dans le coma lorsqu’il rencontrera par hasard Hélène, la plus belle femme. C’est dans cette partie que le public va se retrouver dans un monde étrange : un monde où l’argent va rendre « fou » le peuple et où on va se retrouver dans le « rêve » de Faust, dans son coma, d’où le fait qu’on va plus se retrouver dans du surréalisme. Le public se retrouve dans un monde qu’il va tenter de décrypter et don’t il va tenter de connaître l’enjeu théâtral. On aperçoit aussi un enfant ou plutôt un être enfermé dans une cage transparente dont on ne connait rien et qui souhaite juste devenir Homme. Mais peut-être est-il trop innocent pour survivre dans ce monde où l’Homme règne en maître et où il ne cesse de le détruire petit à petit…

Dans la troisième partie, Hélène apparaît et, pour ne pas être sacrifiée par une femme démon, elle devra faire la rencontre de Faust.

Derrière ce « rideau de fer », Hélène se cache avec sa servante et ne va pas tarder à sortir. Elle ne pourra plus être surveillée et guidée par cet étrange œil bleu tel l’espoir. On voit, d’autant plus, en premier plan, que le mal rôde et ne va pas tarder à attaquer

Elle finira par tomber amoureuse de ce dernier lors d’un dîner en tête à tête. Ils fonderont une famille, auront un fils et une fille et vivront heureux jusqu’à la fin des temps… On aurait pu penser que cette pièce se terminerait comme cela, tel un conte de fée. Et pourtant, le fils pris de folie tuera sa sœur. Hélène comprendra que Faust a un lien avec le mal et voudra être prise en même temps que sa fille. On verra dès lors que Faust, de par son fort lien avec Méphistophélès, ne pourra tomber amoureux d’une femme sans que le mal ne lui tombera dessus… On retrouvera alors le côté tragique de cette pièce.

Dans la dernière partie, Faust, devenu plus vieux, se remet en question sur tout son parcours. Il semble être nostalgique du monde d’avant et semble souffrir du monde d’aujourd’hui. Tout ces bâtiments, représentés comme des petites pancartes sur scène, et ces peintures noires et blanches, dans le fond, nous renvoient à notre société actuelle qui nous est présentée avec tristesse et une absence de vie et de couleurs. Sur la peinture du fond, seule une petite maison colorée (rouge) semble se différencier et donner une certaine vie à la peinture. Mais, sur scène, cette maison est blanche (couleur de la pureté) et modélisée en 3D. Cependant elle va être brûlée et va donc laisser un monde sans vie prendre le dessus. Faust ne supportera plus ça et voudra se rebeller et manifester (avec un mégaphone) pour montrer aux personnes autour de lui (aux spectateurs) la cruauté de la société de l’Homme de notre époque mais Méphistophélès va, lui, tenter de le ramener à la « raison ». Faust va donc faire la rencontre de quatre femmes habillées de gris représentant la pauvreté, la dette, la détresse et la crainte (souci). Il finira par accepter sa mort, sur scène on voit la tombe de Faust qui est préparée, et son âme sera rachetée par Marguerite et se retrouvera dans un monde paradisiaque où des marionnettes représentant des anges prendront le dessus sur scène et marqueront la fin (heureuse) de Faust.

On aurait pu croire, de par sa longue durée, que cette pièce deviendrait pesante et ferait rapidement perdre l’attention et la concentration du public. Pourtant cette œuvre, représentée en version originale (allemande) et surtitrée en français, nous transporte et nous fait voyager du début à la fin en passant par diverses émotions. En effet, tout au long de la pièce, les acteurs à travers leur(s) personnage(s) deviennent attachants. Notamment avec l’acteur qui joue Faust qui, lorsqu’il conte le prologue avant que l’histoire ne commence réellement, s’adresse directement au public, créé un effet comique de répétition (en faisant des allers-retours vers un ordinateur pour amener une musique sur scène) ou encore joue d’autres personnages de façon burlesque et va ainsi faire naître une certaine complicité entre l’acteur, qui devient personnage, et les spectateurs. De même pour le personnage de Faust qui, lorsqu’il va utiliser certains accessoires (exemple : un micro), va parler en français ou encore va lire les surtitres, va ainsi briser le quatrième mur et créer une complicité entre le personnage Faust et les spectateurs. Cela va alors renforcer l’attention de la pièce et de l’histoire car le public va vouloir savoir ce qu’il va arriver à ce personnage original qu’est, ici, Faust.

On peut aussi ajouter que l’originalité de la pièce est marquée par de nombreux éléments scéniques qu’on ne retrouve dans aucune autre pièce et qui la rend ainsi unique. Ces éléments scéniques sont, par exemples, le mélange des genres (dans la première partie on va plutôt se trouver dans un genre tragique traditionnel alors qu’on va se trouver dans un genre de surréalisme dans la seconde partie), des extraits de documentaires évoquant Faust ou Goethe, l’utilisation de marionnettes semblabless à des fleurs, à de drôles de monstres ou des personnages fantaisistes (leur apparence peuvent représenter le mauvais coté de Faust et leurs sentiments sa belle âme) ou encore à des anges…   On voit, au premier plan, Faust au sol qui semble pris d’un mal alors qu’on voit, au second plan, des marionnettes représentant des fleurs personnifiées qui peuvent faire penser à un univers enfantin. Cela créé un décalage comique, souvent présent tout au long de la représentation,  qui va donner une originalité à la pièce et attirer et faire réagir les spectateurs.

On peut souligner deux autres choses intéressantes qui sont le mélange de divers arts sur scène (peinture, chant, danse qui, ici aussi, sont plus contemporains) et le fait qu’on part d’une œuvre du XIXème siècle pour parler de notre époque à travers des costumes proches des vêtements que portent les Hommes aujourd’hui (chemises, robes de soirées, costumes avec cravates…) et des accessoires évoquant des événements actuels (images de magazines qui évoquent la crise économique d’aujourd’hui…). On peut mettre en relation ces deux utilisations car cela peut montrer l’évolution de l’art théâtral au cours du temps et mettre en avant ce qui a changé ou non dans notre société.

Pour conclure, on peut évoquer l’apparition du metteur en scène qui intervenait à chaque début de partie et s’adossait le rôle du personnage narrateur de la pièce avec un ton comique ce qui peut avoir comme message que, même s’il y a un vrai travail au niveau de la mise en scène et au jeu des acteurs, cette pièce est surtout faite pour divertir, passer un bon moment et essayer de comprendre au mieux l’histoire et les personnages – peut-être moins à la dernière partie car le « narrateur » n’apparaît plus et l’ambiance est plus sérieuse : on voit qu’il y a une remise en question sur l’activité de l’Homme dans le monde ainsi qu’une certaine nostalgie du monde d’avant (d’où aussi le fait d’utiliser une œuvre du XIXème siècle pour parler de notre époque) et de la jeunesse. Le message présent peut, donc, être qu’il faut profiter au mieux de la vie sans pour autant « détruire » le monde qui nous entoure. On retrouve aussi à un moment sur scène cette idée qu’il ne faut pas trop prendre cette pièce (et dans la généralité des cas) au sérieux : c’est au moment du début de Faust II lorsque l’acteur dans la peau de Faust va tenter de continuer la pièce alors, qu’en arrière-plan, on voit tous les autres acteurs sur scène, jouant leur propre rôle, et qui sont assis autour d’une table comme s’ils avaient déjà terminé la pièce et qu’ils se sont tous réunis pour la fêter ; et le fait qu’ils soient sur scène montre qu’ils la fêtent en partie avec le public. Cela montre bien qu’il y a bien une complicité entre acteurs et spectateurs, tout comme au moment où une des actrices présente tous les acteurs autour d’elle ou, encore, lorsque le personnage de Méphistophélès qui, après plusieurs « verres d’alcool », parle aux spectateurs comme à des êtres qui lui sont chers – on voit donc qu’il y a une confidence du personnage vers le public – et confirme encore une fois cette idée de complicité.

A noter que le lien d’un article très intéressant du Figaro a été ajouté à ce compte-rendu car il explique bien l’ambiance générale de la représentation de Faust I et II :

http://www.lefigaro.fr/theatre/2013/07/12/03003-20130712ARTFIG00342-avignon-le-joyeux-triomphe-de-faust.php

Casas Nicolas

Faust I et II

Ce spectacle m’a trotté dans la tête toute la semaine, il m’a d’abord interrogée ensuite inquiétée et je suis même arrivée au point d’avoir peur de voir un spectacle de 8h. Oui cela parait long surtout pour nous, adolescents, qui n’abordons que rarement des spectacles d’une aussi longue durée. Et puis finalement je me suis retrouvée jeudi 11 juillet à 15h30 dans la salle de la Fabrica et je fus agréablement surprise. Ce fut une expérience unique et enrichissante. J’ai trouvé ce spectacle harmonieux et beau. Pourquoi harmonieux ? Car tout simplement en l’espace de 8h j’ai pu voir simplicité et extravagance. Ils ont su doser entre un décor sombre, simple plutôt classique opposé à une seconde partie plus festive, spectaculaire, grandiose, beaucoup d’éléments s’y confondaient, beaucoup plus modernes. C’était deux mises en scène totalement différentes. On remarque que la première partie était plutôt du registre classique, restant dans les traditions, plus calme, moins de décor, dans l’esprit du texte alors cas la deuxième partie on avait l’impression que les personnages sortaient de toutes les contraintes qu’on leur avait infligées, devenaient beaucoup plus festifs, cela paraissait plus brouillon, moins construit, beaucoup plus de décor, de personnages, une grande joie éclatait de leur corps. J’ai beaucoup aimé que le metteur en scène donnent des rôles d’homme à des femmes et des rôles de femme à des hommes, et qu’un acteur puisse incarner plusieurs personnage à la fois. J’ai trouvé ça très moderne, l’esprit plus ouvert du metteur en scène apporte une touche d’originalité.

J’ai également apprécié le coté moderne et classique qui se mélangeaient, au niveau du texte orignal avec une mise en scène pleine de liberté, avec différent matériaux comme la vidéo, la projection, les marionnettes, la peinture, une grande diversité qui rendait le spectacle encore plus intéressant ; on ne savait jamais à quoi s’attendre, on était toujours surpris… La projection au mur se faisait pas que sur scène mais également sur les extrémités de la scène et du public j’ai trouvé ce dispositif intriguant et intéressant. On n’avait l’impression d’être avec eux, de faire partie du spectacle, ça apportait au spectacle une ambiance chaleureuse. La mise en scène était mise en valeur par son texte et aussi par une touche d’humour et de comique, très personnalisée que le metteur en scène a très bien réussie. On sentait l’intention de mettre le spectateur à l’aise, ils ont rompu le 4eme mur, communiqué avec nous et pas seulement par la parole. J’ai trouvé agréable les petits clins d’œil qu’ils nous faisaient comme par exemple des répliques en français ou des références à notre pays.

Nous avons pu aborder diffèrents thèmes d’actualité, modernes, que nous vivons encore aujourd’hui ; l’amour, la politique, la philosophie, la liberté… Des thèmes auxquels nous devons nous intéresser, qui font partie de notre vie future et auxquels nous ferons face un jour.

En 8h j’ai pu traverser différents mondes et univers, différents sentiments…j’ai été tout simplement émerveillée…

Amandine Joly

Faust.

-Mise en scène de Nicolas Stemann.
- Création du spectacle le 30 septembre 2011.

Faust, un savant déçu par l’aporie à laquelle le condamne son art, contracte un pacte avec le diable, dit «  Méphistophélès », qui lui offre une seconde vie, au prix de son âme. Du drame amoureux aux catastrophes économiques, politiques et écologiques, c’est la démesure de l’homme et de notre modernité qui est ici dénoncée.

Cette pièce est une vraie réussite, une mise en scène magnifique. Le metteur en scène a su donner une belle légèreté à ce texte tragique.
Nous avons eu droit à des acteurs présents avec une belle énergie, la pièce a alors emporté avec elle le public, elle a une ressemblance avec les rêves.

Il y a un point négatif, les sur-titres il fallait choisir entre lire et comprendre ou admirer et se laisser emporter. Ce pendant si vous choisissiez de vous laisser emporter vous auriez pu admirer cette montée en puissance puis arrivé au plus haut cette douce redescente c’était comme une drogue.

L’absurde a  été très bien traité, ils ne se sont presque pas éloignés de la pièce originale de Goethe c’est donc en partie pour ca qu’ils ont pu se permettre tant d’absurdités.

Cyril Fillon

Par les Villages

4H de monologues. C’est ce que nous avons pu voir. Ou plutôt entendre. L’histoire d’une famille qui se détériore. Le retour d’un des membres de la famille qui perturbe tout.

Nous assistons à la décomposition d’une reconstruction. Le fils voulant tout remettre d’aplomb. Faire un peu d’ordre. Le texte de Peter Handke est très compliqué. Peut-être un peu trop pour moi.

La fatigue, le vent, le froid entraînent forcément un problème de concentration. On essaye de tenir mais les paupières sont contre nous et réclament le sommeil dont nous avons manqué.

Ce spectacle devait être écouté. Simplement entendu. La sobriété du décor nous obligeait à se concentrer sur la seule chose que l’on pouvait attraper : le texte.

Stanislas Nordey, le metteur en scène nous dit clairement que pour lui le théâtre c’est « un acteur, un texte ». Retour aux sources.

Le moment le plus marquant a sans doute été pour moi le très long monologue de fin récité par la comédienne Jeanne Balibar.

Je me permets de dire « récité » car c’est vraiment ce que j’ai ressenti en écoutant cela. Aucune émotion, mots lâchés dans le vide, dans le vent, la récitation d’une longue poésie. À ce moment-là il ne nous reste plus qu’une chose à faire : lâcher la compréhension de ces mots et entendre la douce sonorité des ces syllabes si justement alignées. Le chant des mots, des phrases. La beauté de la langue française retrouvée. La mélodie des tonalités alphabétiques.

Si je n’avais pas fermé les yeux pour entendre ça, je pense que j’aurais vraiment détesté. Mais je n’ai pas trouvé ce spectacle aussi désagréable que ça.

J’aime la simplicité  et le retour au texte que nous « inflige » Nordey n’était peut-être pas si mal après tout.

Annouck Parrado

Par les villages.

Il est où le voyage? C’est un conte. Tragédie grecque. Je crois. M’a bousculée. Tu te mets (et tu n’as pas le choix) à la place de celui qu’on refuse et on refuse la place. Les charpentiers. Les ouvriers. Les gros bras, les bourrins. Même case que les camionneurs dans la société. Le texte se place là, ou plutôt ailleurs. Par les villages, les chemins, les montagnes, les rivières, les vents, les bêtes, les immeubles, les dunes de sable façonnées par la main et la pelle. En enfer? Peut-être en enfer. Là où on imagine même pas, et pas faute de bouillonnement, mais on n’imagine pas parce que l’on se le refuse. C’est la part « non attrayante » des choses négatives. Va savoir pourquoi le meurtre, le viol et le bidon d’essence et l’allumette sur une gamine en banlieue va obnibuler l’attention totale du spectateur. Pas le temps de penser aux gens qui ne se plaignent pas. Mais alors ne parlons pas non plus des super héros. Héros tout court ! Lui, avec sa pelle, sa cabane, barrique bleu-de-travail, c’est aussi un héros! Bâti tout. Braves types quand même. Oubliés de la reconnaissance. Accablés de haine humiliante et injuste.

Zoé Guillemaud

Un exercice

L’édition 2013 de l’école du spectateur s’est achevée sur la visite de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, venue voir les Céméa et profitant de l’occasion pour découvrir le travail du lycée Mistral. Les temps de travail au lycée sont généralement consacrés à partager ses ressentis sur le specacle et à en débattre ou à  produire une trace écrite. Or un nouvel exercice est apparu cette année qui consistait à reprendre un extrait d’un texte vu en spectacle pour se l’approprier. L’extrait fut choisit dans la pièce Par les villages, de Peter Handke, mis en scène dans la cour d’honneur du Palais des Papes par Stanislas Nordey.

L’extrait travaillé est l’avant dernier monologue. Prononcé par le personnage de Hans, interprété par S. Nordey lui même, il devait initialement clore la pièce, qui se terminait ainsi sur les mots «Que l’humanité est abandonnée. Que l’humanité est abandonnée.» Stanislas Nordey a choisi d’insister dans sa mise en scène sur la notion de monologue, les acteurs se tenant très souvent face au public sans interagir avec les autres acteurs. Nous avons au contraire décidé d’insister sur la dimension chorale du texte, les phrases pouvant être dites par un ou plusieurs élèves, simultanément ou non. Le texte va donc être mis en valeur différement, certains mots ou phrases étant repétés ou accentués. On retrouve tout de même la dimension de monologue du travail de S.Nordey, chaque élève devant annoncer son texte sans se laisser perturber par les autres. On retrouve la notion d’écoute essentielle chez S.Nordey, puisque l’acteur parlant est très souvent accompagné au plateau par un autre acteur qui l’écoute activement.

Un travail sur le mouvement et l’appropriation a été amorcé grâce au professeur de danse, M. Bresson. Dans la cour d’honneur les acteurs bougeaient peu et l’immense plateau n’était pas véritablement exploité. Dans l’espace beaucoup plus réduit du foyer du lycée, nous devions nous approprier le lieu et chercher une position qui mette le corps en tension. D’autres directives ont ensuite été données, comme effectuer un mouvement à la fin de chaque phrase ou changer de place à chaque fois que l’exercice reprenait du début.

Cet exercice de réappropriation du texte nous a permis d’effleurer certaines difficultés de mise en scène. La plupart des élèves ont en effet trouvé la mise en scène de S.Nordey lourde et ennuyeuse. Mais après avoir plusieurs fois repété le texte et donc en le compreant de mieux en mieux, nous en faisions une interprétation de plus en plus lourde. Nous avons donc pu nous rendre à la fois compte de la beauté et de la puissance du texte mais aussi de sa gravité et donc des conséquences que cela peut avoir sur la mise en scène ou le jeu des acteurs. Le temps d’autocritique était aussi interressant car il nous oblige à faire nous même une évaluation de notre travail et permet de confronter plusieurs points de vue et de faire émerger de nouvelles idées.

Ce temps de pratique est selon moi à poursuivre les années à venir car il permet d’appronfondir la reflexion sur les problèmes de mise en scène. Nous sommes confrontés, dans une moindre mesure,  aux même problèmes qu’un metteur en scène et nous devons faire preuve d’inventivité pour les résoudre. De même, si les élèves de l’option théâtre sont habitués à ces situations de mise en forme scénique d’un texte, les élèves de autres sections ne le sont pas forcément. Certaines sections, comme celle d’histoire des arts, n’ont même aucune pratique artistique durant l’année scolaire et l’école du spectateur peut être un endroit privilégié pour nous faire découvrir, même brièvement, d’autres activités.

Marion Paupert

Morand Elena

Cr. Yasou Aida # Berlin

Le Jeudi 5 avril, 2012. Pas de commentaires

Un compte-rendu, un peu en retard (pour une fois que c’est moi !) de Yasou Aida, opéra que l’on avait vu à Berlin par Aude Mondoloni, élève de Tle, enseignement de spécialité.

Dimanche 12 février, Neukölner oper, petit opéra de Berlin est.

Yasou Aïda! Pas de titre en allemand mais en grec. Bonjour Aïda! En ce moment, lorsqu’on parle de Grèce et d’Allemagne on parle de crise et d’économie. Le spectacle de ce soir n’y déroge pas. Fruit d’une collaboration entre le Neukölner et le Beggar’s opera d’Athènes, Yassou Aïda! propose une adaptation de l’Aida de Giuseppe Verdi, histoire d’une jeune esclave éthiopienne au temps des pharaons, éprise de Radamès un grand guerrier égyptien. Une histoire d’amour impossible, et de lutte entre deux peuples où les deux amants se retrouvent dans la mort. La musique reste celle du compositeur, cependant  les textes sont réécrits en allemand, en grec, et en anglais, et ce que nous voyons diffère largement de l’intrigue d’origine.  Aïda devient Elpida, une jeune stagiaire grecque de la Banque Centrale Européenne, et Radamès se transforme en Rainer Mess, cadre de la BCE. La loi capitaliste règne, l’Allemagne trône et la Grèce s’essouffle, endettée… comme nous le savons. Alors à la Banque Centrale, la jeune grecque fait face aux moqueries de ses collègues, et lorsque Rainer Mess refuse, par amour et par indignation, de poursuivre son travail, qui n’arrange évidemment pas la Grèce, Elpida retourne sa veste et lui prend sa place. Ce spectacle révèle ainsi un regard sur la crise, et particulièrement sur le rapport entre la Grèce et l’Allemagne en donnant aux deux personnages principaux ces deux nationalités. Il dénonce l’impérialisme de l’argent et du pouvoir financier, tourné en dérision notamment lorsque les grands chefs financiers portent des masques de cochon (symbole du pouvoir en Allemagne), ou encore lorsqu’une des employées, écervelée, porte une couronne démesurée en forme de pièce d’euro, ou lorsque les décisions financières sont tranchées à l’aide d’ « une roue de la fortune », image finale qui laisse en suspend le sort de la Grèce. Cependant l’opéra ne semble prendre parti pour aucun des deux Etats, mais en faisant de Rainer Mess le héros rempli de bravoure, et d’Elpida une traitresse carriériste, les metteurs en scène donnent l’avantage à l’Allemagne, et rendent la Grèce vouée à l’échec si même ses habitants l’abandonnent pour l’argent. Voilà pour l’histoire, mais comment bien parler de ce spectacle, joué à Berlin, sans parler de l’héritage allemand qu’il porte.

Oui, l’Allemagne c’est la musique de Schubert, Beethoven, Wagner, de tous ces compositeurs qui font la richesse de la musique classique, et de l’Allemagne un grand pays d’opéra. Mais lorsque nous entrons dans la salle, aucune dorure, aucune grande robe et aucun costume que nous sommes habitués à voir dans les opéras français. Pas de théâtre à l’italienne, de simples gradins qui encadrent un plateau en forme de U, très proche du public, et tout le monde au même niveau. Oui, l’Allemagne c’est aussi le théâtre de Brecht, celui de la distanciation qui incite le spectateur à réfléchir sur des questions politiques. Il devient alors évident que ce soit ici, à Berlin est, siège du Berliner Ensemble, que nous sommes amenés à réfléchir sur la crise grecque. D’ailleurs les chanteurs nous sollicitent lorsque deux d’entre eux brandissent des panneaux pour que nous répétions ce qu’il y est écrit, et encouragions un Etat. Ils nous rendent ainsi un peu juges, et la salle allemande s’écrie alors tout d’un coup et sans complexe. Car ici on oublie l’ «opéra bourgeois », et même le décor reste modeste, loin des grandes installations des opéras que nous ayons vus à Avignon. En fond de scène, comme de grandes étagères multifonctions blanches et vides. Elles révèlent parfois des fenêtres qui s’ouvrent, et laissent apparaître des figurines de soldats portant le drapeau grec, des têtes de cochon, ou bien font office de portes étroites d’où se hissent les personnages, ou encore servent d’angles pour espionner. Un seul élément orne le meuble : un écran télévisé où sont parfois diffusées des images des jeux olympiques d’Athènes, et une représentation de l’Aïda de Verdi au stade de France, dont je ne parviens pas vraiment à faire le lien avec la pièce. Peut-être que les jeux olympiques dévoilent la gloire passée de la Grèce, mais je n’arrive pas à comprendre les images d’Aïda en costumes égyptiens alors que l’opéra de ce soir se détache complétement des éléments spatiaux temporels que proposait Antonio Ghislanzoni au temps de Verdi. Mais les images diffusées me semblent bien plus justes quand elles montrent les manifestations des grecs ou bien très drôles lorsqu’elles dévoilent l’employée écervelée présenter une émission de cuisine, bien qu’elles n’aient pas grandes utilité pour la trame de la pièce. Comme autre et dernier élément de décor, des petits bureaux mobiles qui ne sont pas sans rappeler ces petits comptoirs de jeux télévisés derrière lesquels se tiennent les participants, comme si la finance n’était finalement qu’un jeu. Les personnages les déplacent, et de cette manière établissent des lieux ou des moments comme des réunions, des grandes rencontres européennes ou chaque représentant y tient affiché le nom de sa nation, ou tout simplement les petits bureaux de la BCE. Les costumes restent eux aussi sans extravagance, nous voyons seulement la garde-robe austère des hommes d’affaire, à part bien-sûr pour notre employée écervelée qui, elle, porte un pimpant tailleur pailleté. Mais c’est sans doute par le rapport à la musique que la modestie du théâtre allemand est le mieux retrouvée. Qui l’eut cru ! Au pays de Wagner, seuls trois musiciens constituent l’orchestre ce soir, et le chef est au piano. La marche des trompettes, l’air le plus connu de l’opéra qui adopte un ton fier et victorieux, est repris pas les chanteurs…au sifflet. Cela crée en même temps qu’un effet comique, une grande distanciation avec la sacralité que nous accordons d’habitude à l’opéra. Bien-sûr ce rapport avec la musique n’enlève rien à la qualité des chanteurs et des musiciens, qu’en spectatrice novice d’opéra, j’écoute avec grand plaisir.

Heureusement d’ailleurs ! Car les surtitres étant en Allemand, et le jeu des acteurs étant très stéréotypé, je ne parviens pas à entrer pleinement dans l’histoire. Je suis aussi un peu déçue que le bon rôle ne soit donné qu’à un Allemand. Je n’apprécie pleinement que la musique, même si la démarche de cet « opéra populaire » m’enchante.

Stop. Tout est bruit # Hubert Colas

Le Mercredi 1 février, 2012. Pas de commentaires

Vendredi, direction le théâtre d’Arles, pour la dernière création d’Hubert Colas : Stop ou tout est bruit pour qui a peur.

Les terminales et quelques premières ont eu l’occasion, l’année dernière, de voir le très beau Livre d’or de Jan.

Vous pouvez vous rafraichir la mémoire en allant lire les compte-rendus de ce spectacle sur notre site (celui de Jérémy et de Coline). Je vous renvoie aussi au Pièce (dé)montée que j’avais écris sur le spectacle : vous trouverez dans la première partie une présentation de l’univers de cet auteur-metteur en scène-scénographe.

Pour cette nouvelle création, Hubert colas explore nos peurs. Un article de Mouvement rend compte du processus de création et donne des éléments sur le spectacle. A compléter avec une émission de France Culture, que vous pouvez réécouter en podcast.

Pour les détails pratiques : départ à 19:00 de la Porte Saint-Dominique (et les internes, repas à la cantine à partir de 18/20, mais si, mais si, les paniers vont vous manquer). Retour vers 23:30-24:00.

CR Gardenia # Platel

Le Vendredi 20 janvier, 2012. Pas de commentaires

Par Erwin Claes, TL1

Gardenia. C’est le nom d’une fleur blanche qui ne vit qu’un jour. De belles fleurs aux parfums sucrés. Dans le langage des fleurs, le gardénia représente l’amour inavoué, la timidité.

Alain Platel crée ses propres chorégraphies, mélangeant des arts différents tels que la danse, le théâtre, la musique et le cirque, avec une conscience sociale et une expérience individuelle, travaillant aussi bien avec des artistes professionnels que des amateurs.

Gardenia, c’est un spectacle riche et généreux en couleurs et humour qui compte l’histoire d’une troupe de transsexuel, anciennement divas des établissements nocturnes, et qui montent une dernière fois sur les planches. Pourtant, le spectacle ne s’arrête jamais, il doit continuer, et aucun des acteurs ne veut le quitter.

La scène était illuminée par les projecteurs avant même que le spectacle ne commence, pendant que nous nous installions. C’était un grand plancher, aux carreaux de bois. Des chaises sont installé sur le côté. Puis le spectacle commence et les acteurs rentrent très rapidement sur scène. A première vue c’est un groupe d’hommes ordinaires. Semblant être plutôt affaiblis par le temps. Ils sont vêtus de costumes tout à fait masculins et seule Vanessa Van Durme semble être femme l’indiquent ses talons hauts notamment.

Au début, ce n’est qu’une errance. Ils marchent lentement, l’air souffrant, à travers la scène. Puis Vanessa s’approche du micro, pour annoncer à tous qu’il s’agit ici bel et bien de la dernière représentation du cabaret. Et tous retranscrivent ce message par de la nostalgie. Yeux rivés au sol. A l’issue de cette annonce, il sera demandé une minute de silence pour tous leurs acolytes qui ne sont plus. Cette scène apparaît alors comme une fin. C’est la fin du cabaret, la fin du spectacle et de la couleur. Ils ont tous perdu espoir, et pourtant c’est bien de cela que traite ce spectacle. C’est garder espoir, et croire en soit, croire en son identité.

Et soudain, comme une césure , tous commencent à se déshabiller. Ils quittent leurs costumes d’hommes rayés et grisâtres pour de petites robes légères et colorés. Bariolés de fleurs et volant au gré du mouvement. Même Timur, un jeune acteur dont nous ne connaissons d ‘abord rien, et l’actrice qui était en arrière plan, suivent le mouvement. Durant cette métamorphose, ils n’hésitent pas à laisser entrevoir leurs implants mammaires par exemple. Preuve qu’ils s’assument pleinement. Le seul fait de s’exposer dans ces corps qui sont finalement très marqués par le temps est une preuve indéniable de leur courage!

Et c’est à partir de ce changement de vêtement que nous changeons de dimension. Tout devient plus festif, plus coloré. Les robes y jouent beaucoup bien sur, mais l’attitude des acteurs change. Ils ne sont plus faiblard et ternes. Ils débordent d’une énergie à laquelle on ne s’attendait pas. Leurs déplacements et mouvements sont légers et gracieux. Des musiques dansante sont diffusées et ils s’amusent. Ils s’amusent à prendre des poses très féminines et amusantes. Ils deviennent statiques pendant un moment puis reprennent leurs changements. On voit alors un des acteurs descendre le plateau dans une robe recouverte de paillettes. Ils enfilent des collants et des talons. Ils paraissent très rétro dans leurs vêtements. C’est une ambiance chaleureuse et agréable. Tout le monde rit beaucoup. Parfois l’un d’eux s’approche des micros pour lancer une blague sur les homosexuels, en général.

Pourtant ils finissent par se rhabiller avec leurs vêtements d’hommes. Comme par timidité. Et c’est ici que commence les présentations. Après tout ce tumulte de musique, de pose très glamour et de couleurs, c’est comme un rembobinage. Vanessa présente un a un ses acolytes d’une façon pour le moins originale. Elle leur donne des surnoms de prostitués, des appellations vulgaires en les décrivant comme les meilleurs créatures en matière de sexe, surtout auprès des soldats. C’est un spectacle véritablement généreux, le rire est prédominant.

Et c’est à partir de là, que nous entrons dans le vrai cabaret. Celui ou les acteurs ne sont pas comme au début simplement déguisés mais ou ils seront véritablement métamorphosés.

Tout devient plus sérieux mais c’est également un moyen de montrer le revers du décor. Cela commence par la dite métamorphose des acteurs. Cela commence par le maquillage. Leurs visages couverts par les cicatrices du temps est alors recouvert par les fond de teins, les fars et les paillettes. C’est trop de tout. Les maquillages sont trop chargés, trop lourds et cela les modifient. Ils défilent ainsi. Vient ensuite les vêtements, les robes. Les chaussures à talons et les sacs a mains. La aussi c’est une effusion de brillants, de clinquants. Les robes sont moulantes et accrocheuses. Ils semblent tous être devenus des divas. Suivent les perruques. Et ça y est. Il sont devenus ce qui les rend fier. Ils se pavanent, ou doit on dire, elles, se pavanent sur scène, femmes dans les moindres détails. Dans ce groupe qui incarne la différence, deux personnages sont la, par défaut, ou bien par choix. Ils sont ceux qui sont encore dans la norme physique. Timur; c’est un jeune homme qui semble se retrouver là, parce que le cabaret aurait été son seul recours. Parce qu’il lui aurait ouvert ses portes après avoir errer seul. C’est une hypothèse possible, pourtant, n’est il pas le fils de Vanessa.

Ce garçon, qui nous révèle son goût pour les créatures scintillantes qui l’entourent ainsi que le monde qu’elles créent (il chante Comme ils disent, d’Aznavour ), paraît pourtant ne pas s’y retrouver la dedans. Car il est tout de même différent de ses compagnons de scène. Et il semble avoir une famille, un frère et des parents, qui lui manquent.

La femme blonde; c’est cette femme qui est finalement la seule vraie femme dans cette affaire et qui semble être arrivé ici parce que elle, justement s’y retrouvait. Nous la voyons tout le long du spectacle s’affairait à prendre soin de ses acolytes. À les aider à s’habiller, à mettre leurs talons, à choisir leurs sacs à mains. Elle est la pour les écouter, les soutenir. Par exemple lorsqu’elle se bat avec le jeune danseur, pour le faire revenir à la raison, pour le faire sortir de son désespoir passager.

Mais finalement, la nostalgie et les pleurs, ce n’est pas ce qui domine notre cabaret, bien qu’on y distingue une faille, cela reste actif et joyeux.

C’est la fin du spectacle. La scène se penche, en descente vers nous. Un tapis rouge se déroule sous nos yeux. Et nos vedettes apparaissent sous nos yeux, surélevées par une plateforme. Ils sont changés, et cette fois ils sont dans leurs robes de grands soirs. Boa, paillettes à outrance, colliers scintillants et vestes de fourrures opulent.

C’est la fin du cabaret, au début ils disaient qu’ils effectuaient ici leur dernière représentation en public, au grand cabaret. Pourtant, le public est convaincu que ce n’est pas la dernière fois, et qu’il ne peut pas y avoir de dernière fois, parce que se donner en spectacle fait du bien à ces gens. La scène leur permet d’affirmer leur différence, leur identité. Ils ont fait disparaître la timidité si récurrente du début par un simple souffle de paillettes.

J’ai eu le privilège de voir cette pièce a deux reprises. Ce ayant des bons comme des mauvais aspects. A commencer par le fait que la seconde fois, il est difficile de ne pas s’arrêter sur

certains petits défauts. Pourtant le spectacle reste extraordinaire! C’est une chaleur, une luminosité, une ouverture sur autre chose qui est offerte au public et qui lui fait généralement cruellement défaut. Le rire nous est offert sur un plateau d’argent, et nous le prenons sans gêne.

Ce spectacle est une leçon de vie, acceptons nos caractéristiques et nos personnalités comme elles viennent et exploitons les a notre avantage. C’est certainement la recette du bonheur…

Erwin CLAES.