Bienvenue dans la catégorie Espaces Pédagogiques

Des sites à consulter sur Dionysos#

Le Lundi 15 décembre, 2014. Pas de commentaires

http://www.cndp.fr/archive-musagora/dionysos/default.htm


http://www.mediterranees.net/civilisation/religions/dionysos/bacchus.html

A propos du travail de Joël Pommerat#

Le Samedi 6 septembre, 2014. Pas de commentaires

ENTRETIEN JOEL POMMERAT 04.02.09

entretien joel pommerat 18.07.09

entretien joel pommerat 18.07.09

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Reprise des programmes # 2012-2013

Le Dimanche 23 septembre, 2012. Pas de commentaires

Quelques aperçus de la programmation de cette année.

Du Pommerat pour bien commencer :

et du Pippo Delbono !

Hamlet # Scénographies

Le Dimanche 13 mai, 2012. Pas de commentaires

Allez, hop ! Quelques documents en ligne pour une analyse de dispositifs scénographiques pour Hamlet.


Le Hamlet avec Sarah Bernhardt (1896)

Le Hamlet d’ Edward Gordon Craig (1912)

Continuer la lecture…

CR Gardenia # Platel

Le Vendredi 20 janvier, 2012. Pas de commentaires

Par Erwin Claes, TL1

Gardenia. C’est le nom d’une fleur blanche qui ne vit qu’un jour. De belles fleurs aux parfums sucrés. Dans le langage des fleurs, le gardénia représente l’amour inavoué, la timidité.

Alain Platel crée ses propres chorégraphies, mélangeant des arts différents tels que la danse, le théâtre, la musique et le cirque, avec une conscience sociale et une expérience individuelle, travaillant aussi bien avec des artistes professionnels que des amateurs.

Gardenia, c’est un spectacle riche et généreux en couleurs et humour qui compte l’histoire d’une troupe de transsexuel, anciennement divas des établissements nocturnes, et qui montent une dernière fois sur les planches. Pourtant, le spectacle ne s’arrête jamais, il doit continuer, et aucun des acteurs ne veut le quitter.

La scène était illuminée par les projecteurs avant même que le spectacle ne commence, pendant que nous nous installions. C’était un grand plancher, aux carreaux de bois. Des chaises sont installé sur le côté. Puis le spectacle commence et les acteurs rentrent très rapidement sur scène. A première vue c’est un groupe d’hommes ordinaires. Semblant être plutôt affaiblis par le temps. Ils sont vêtus de costumes tout à fait masculins et seule Vanessa Van Durme semble être femme l’indiquent ses talons hauts notamment.

Au début, ce n’est qu’une errance. Ils marchent lentement, l’air souffrant, à travers la scène. Puis Vanessa s’approche du micro, pour annoncer à tous qu’il s’agit ici bel et bien de la dernière représentation du cabaret. Et tous retranscrivent ce message par de la nostalgie. Yeux rivés au sol. A l’issue de cette annonce, il sera demandé une minute de silence pour tous leurs acolytes qui ne sont plus. Cette scène apparaît alors comme une fin. C’est la fin du cabaret, la fin du spectacle et de la couleur. Ils ont tous perdu espoir, et pourtant c’est bien de cela que traite ce spectacle. C’est garder espoir, et croire en soit, croire en son identité.

Et soudain, comme une césure , tous commencent à se déshabiller. Ils quittent leurs costumes d’hommes rayés et grisâtres pour de petites robes légères et colorés. Bariolés de fleurs et volant au gré du mouvement. Même Timur, un jeune acteur dont nous ne connaissons d ‘abord rien, et l’actrice qui était en arrière plan, suivent le mouvement. Durant cette métamorphose, ils n’hésitent pas à laisser entrevoir leurs implants mammaires par exemple. Preuve qu’ils s’assument pleinement. Le seul fait de s’exposer dans ces corps qui sont finalement très marqués par le temps est une preuve indéniable de leur courage!

Et c’est à partir de ce changement de vêtement que nous changeons de dimension. Tout devient plus festif, plus coloré. Les robes y jouent beaucoup bien sur, mais l’attitude des acteurs change. Ils ne sont plus faiblard et ternes. Ils débordent d’une énergie à laquelle on ne s’attendait pas. Leurs déplacements et mouvements sont légers et gracieux. Des musiques dansante sont diffusées et ils s’amusent. Ils s’amusent à prendre des poses très féminines et amusantes. Ils deviennent statiques pendant un moment puis reprennent leurs changements. On voit alors un des acteurs descendre le plateau dans une robe recouverte de paillettes. Ils enfilent des collants et des talons. Ils paraissent très rétro dans leurs vêtements. C’est une ambiance chaleureuse et agréable. Tout le monde rit beaucoup. Parfois l’un d’eux s’approche des micros pour lancer une blague sur les homosexuels, en général.

Pourtant ils finissent par se rhabiller avec leurs vêtements d’hommes. Comme par timidité. Et c’est ici que commence les présentations. Après tout ce tumulte de musique, de pose très glamour et de couleurs, c’est comme un rembobinage. Vanessa présente un a un ses acolytes d’une façon pour le moins originale. Elle leur donne des surnoms de prostitués, des appellations vulgaires en les décrivant comme les meilleurs créatures en matière de sexe, surtout auprès des soldats. C’est un spectacle véritablement généreux, le rire est prédominant.

Et c’est à partir de là, que nous entrons dans le vrai cabaret. Celui ou les acteurs ne sont pas comme au début simplement déguisés mais ou ils seront véritablement métamorphosés.

Tout devient plus sérieux mais c’est également un moyen de montrer le revers du décor. Cela commence par la dite métamorphose des acteurs. Cela commence par le maquillage. Leurs visages couverts par les cicatrices du temps est alors recouvert par les fond de teins, les fars et les paillettes. C’est trop de tout. Les maquillages sont trop chargés, trop lourds et cela les modifient. Ils défilent ainsi. Vient ensuite les vêtements, les robes. Les chaussures à talons et les sacs a mains. La aussi c’est une effusion de brillants, de clinquants. Les robes sont moulantes et accrocheuses. Ils semblent tous être devenus des divas. Suivent les perruques. Et ça y est. Il sont devenus ce qui les rend fier. Ils se pavanent, ou doit on dire, elles, se pavanent sur scène, femmes dans les moindres détails. Dans ce groupe qui incarne la différence, deux personnages sont la, par défaut, ou bien par choix. Ils sont ceux qui sont encore dans la norme physique. Timur; c’est un jeune homme qui semble se retrouver là, parce que le cabaret aurait été son seul recours. Parce qu’il lui aurait ouvert ses portes après avoir errer seul. C’est une hypothèse possible, pourtant, n’est il pas le fils de Vanessa.

Ce garçon, qui nous révèle son goût pour les créatures scintillantes qui l’entourent ainsi que le monde qu’elles créent (il chante Comme ils disent, d’Aznavour ), paraît pourtant ne pas s’y retrouver la dedans. Car il est tout de même différent de ses compagnons de scène. Et il semble avoir une famille, un frère et des parents, qui lui manquent.

La femme blonde; c’est cette femme qui est finalement la seule vraie femme dans cette affaire et qui semble être arrivé ici parce que elle, justement s’y retrouvait. Nous la voyons tout le long du spectacle s’affairait à prendre soin de ses acolytes. À les aider à s’habiller, à mettre leurs talons, à choisir leurs sacs à mains. Elle est la pour les écouter, les soutenir. Par exemple lorsqu’elle se bat avec le jeune danseur, pour le faire revenir à la raison, pour le faire sortir de son désespoir passager.

Mais finalement, la nostalgie et les pleurs, ce n’est pas ce qui domine notre cabaret, bien qu’on y distingue une faille, cela reste actif et joyeux.

C’est la fin du spectacle. La scène se penche, en descente vers nous. Un tapis rouge se déroule sous nos yeux. Et nos vedettes apparaissent sous nos yeux, surélevées par une plateforme. Ils sont changés, et cette fois ils sont dans leurs robes de grands soirs. Boa, paillettes à outrance, colliers scintillants et vestes de fourrures opulent.

C’est la fin du cabaret, au début ils disaient qu’ils effectuaient ici leur dernière représentation en public, au grand cabaret. Pourtant, le public est convaincu que ce n’est pas la dernière fois, et qu’il ne peut pas y avoir de dernière fois, parce que se donner en spectacle fait du bien à ces gens. La scène leur permet d’affirmer leur différence, leur identité. Ils ont fait disparaître la timidité si récurrente du début par un simple souffle de paillettes.

J’ai eu le privilège de voir cette pièce a deux reprises. Ce ayant des bons comme des mauvais aspects. A commencer par le fait que la seconde fois, il est difficile de ne pas s’arrêter sur

certains petits défauts. Pourtant le spectacle reste extraordinaire! C’est une chaleur, une luminosité, une ouverture sur autre chose qui est offerte au public et qui lui fait généralement cruellement défaut. Le rire nous est offert sur un plateau d’argent, et nous le prenons sans gêne.

Ce spectacle est une leçon de vie, acceptons nos caractéristiques et nos personnalités comme elles viennent et exploitons les a notre avantage. C’est certainement la recette du bonheur…

Erwin CLAES.

Voyage sur place # ATP

Le Dimanche 16 octobre, 2011. Pas de commentaires

Les élèves de seconde et de première iront mardi soir aux ATP pour voir Voyage sur place d’Alain Reynaud et Alain Simon.

La Menuiserie

Quelques mots d’Alain Reynaud sur ce spectacle.

Il y a une trentaine d’années, j’ai choisi le métier que je voulais faire : « clown ». Cette pensée a pris naissance dans ma tête d’enfant. Depuis, le temps a largement passé.
J’ai beaucoup  créé et joué aux côtés de mes partenaires Nouveaux Nez.
Cependant une chose reste intacte dans ma mémoire : ce point de départ dans l’enfance, des rêves réalisés (rêvalisables), l’impression d’un périple gigantesque dans un mouchoir de poche.
Comment regarder ce passé avec mes yeux d’aujourd’hui et un nez de clown dans mes bagages…
La rencontre avec Alain Simon, c’est la rencontre avec le texte, un auteur, acteur metteur en scène, étranger au pays clownesque dont il a pourtant toute l’intuition.

Rendez-vous à 20h devant la Salle Benoit XII, rue des Teinturiers (pour les externes). Pour les internes, départ du lycée à 19 h 50. La pièce dure 1 h 30, prévoyez d’être récupéré vers 22 h 00.

Sun de C.Teste # Sc. nationale de Cavaillon

Le Jeudi 6 octobre, 2011. Pas de commentaires

Vendredi, les élèves de premières et de terminales (obligatoire et facultatif) iront voir le très beau Sun de Cyril Teste à La Scène Nationale de Cavaillon.

SUN © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Photo : Christophe Raynaud de Lage

Outre le travail de découverte fait autour de Cyril Teste en classe, je vous encourage à regarder la vidéo de la rencontre mensuelle entre le metteur en scène et le public avignonais en mai dernier. C’est un très beau « carnet de bord » de sa création : http://www.festival-avignon.com/fr/Renc/812/Video.

Et puis, pour les premières qui n’ont pas eu la chance de voir Reset l’an dernier, il est encore temps d’aller lire les critiques écrites sur le site : http://www.thatremistral.fr/reset-cyril-teste.

Pour les détails pratiques : départ à 18h00 porte Saint-Dominique, retour vers 22h45 porte Saint-Dominique

Novarina # Tle

Le Samedi 24 septembre, 2011. Pas de commentaires

Une vidéo sur le rapport de Novarina à la langue hongroise… A écouter en y entendant aussi ce que Novarina dit, plus généralement,  de son rapport à la langue.


Valère Novarina Une langue maternelle incompréhensible

En chansons # 1ères / TLe

Le Samedi 24 septembre, 2011. Pas de commentaires

Allez, pour vous aider à être au point sur les chansons que l’on vous a demandé d’apprendre, quelques vidéos. Désolée, je n’ai pas trouvé les versions Karaoké.

Et puis, pour Héloïse, la chanson de Barbara, sur une chorégraphie de Maurice Béjart :


Barbara et Béjart Dis Quand Reviendras-tu par btayeb

Regards croisés, Encore une heure si courte # ATP

Le Mercredi 16 mars, 2011. 4 commentaires

Margaux Martin, 1L2 (et un chamallow pour Margaux, un !)

 - Le temps était suspendu, seul le rire pouvait nous emporter -

Surprise, surprise, on s’avance dans la salle bruyante, en se demandant «  qu’est ce qu’on va  voir? ». Nous n’avons pas travaillé sur le spectacle en cours, donc l’étonnement est au rendez-vous. Le rideau se lève, des boîtes. Que des boîtes, parfois grandes, parfois petites, en longueur, en largeur, carrées, rectangles. La scène est pleine d’une multitude de boîtes formant une montagne inaccessible, en fond de scène, puis des petits restes par-ci, par-là. Une salle de jeux s’offre à nous. Mais, alors que mon regard est capturé par cette mise en scène, mes oreilles sont dérangées par ces chuchotements. Croyant au départ que certaines personnes n’ont pas compris qu’il fallait se taire, je comprends par la suite que ce n’était pas exactement cela.

En effet, ces chuchotements deviennent persistants, et même de plus en plus forts. Je n’arrive pas à reconnaitre du français, car les chuchotements, devenus ambiance sonore, ressemblent plus à  des bruits, des syllabes, mots collés, superposés, coupés, mâchouillés. Puis, un échange s’instaure, l’un appelle, l’autre répond, personne sur scène. On cherche. Des boîtes commencent a bouger. « Ah! », je l’ai vu ».

Je me surprends, moi-même, à être emportée. Puis, une tête sort. Là, stupéfaite. La boîte est réellement toute petite; alors ou l’homme présent à l’intérieur est nain, ou le sol est troué, je ne vois pas d’autre possibilité. 

             -Le jeu avait déjà commencé-

 « YES,yesyesyesyes,YES » : tête sur une planche, sa bouche débite cette phrase de manière tout a fait anodine. Serait-ce une réponse? Silence, il se tourne, non apparemment. Alors, il recommence. La boîte-nid, a côté de lui, commence sérieusement à bouger. Le deuxième personnage entre en scène ou plutôt se dévoile. Ils se regardent, curieux, comme s’ils n’avaient jamais vu des personnes. L’amusement nous guette, les visages des deux acteurs sont fabuleusement enfantins. Puis, hop! Un troisième acteur dévoilé. Ils sont tous, originalement mais surtout « gymnastiquement », disposés dans ces cubes, comme attendant la pluie ou le courage de sortir de leurs tanières. Parlant, avec leur langage, ils échangent.

  Ils sortent, tombent, se rattrapent, voltigent, rampent, s’accroupissent, sautent…Ils deviennent alors la réincarnation de Tarzan. Les boîtes servent d’appuis, de tremplins, de maisons, de tout.  Ils s’amusent. Je les envie. Une boîte est plus intéressante que les autres, elle cache d’autres boîtes. Une rouge qui abrite une jaune qui abrite une verte qui abrite une bleue, on s’y perd correctement. La bleue cache quant à elle une grise, une grise? Oui. Celle-ci, ne résiste pas, au test du pied, elle est alors légèrement écrasée. Mais heureusement pour elle, on lui découvre une autre utilité. Elle devient alors, une carte renfermant tout ses secrets, ou autrement dit: une carte au trésor. Ils partent à l’aventure. Avec leurs caisses, leurs planches, la boîte magique, et la carte. Un bateau est improvisé, tout le monde est prét à embarquer. Une tempête les percute. Ils arrivent, in extrémis, à s’en sortir. Ouf!

Une planche, une boîte, une autre planche, une autre boîte. Ils arrivent, vers une nouvelle conquête. Les gestes, plus rapides, les paroles deviennent de plus en plus accessibles. Un mot, un morceau de phrase, on commence à saisir une histoire, une signification. Alors, on continue à suivre le périple. Un des aventuriers se retrouve aspiré vers un autre monde, il a disparu, comme ça, d-i-s-p-a-r-u. Les deux autres  se remettent de leurs émotions, un pas en avant, un pas en arrière. Lequel va y aller en premier? Le problème se pose. S’en suit, un challenge entre eux pour savoir lequel ira le plus loin. Un saut, deux sauts, trois sauts, mais pour finir, il n’y va pas. Bon après X et Y, figures, pirouettes et cacahuètes, ils s’y vont. Noir.

            -on croit qu’il y a une fin, mais qui sait? Les mystères ça existe-

La fin, n’était pas là, en tout cas pas au sens propre, car une autre fin se dessine pour eux. Du papier, du papier et encore du papier. Mouvements de plus en plus saccadés, les machines naissent. Les paroles, les costumes… OULOULOU, ça ressemble à la vie d’un adulte; métro-boulot-dodo. PAPIER. Le chaos. Les lunettes, les discours à n’en plus finir, les noms, je veux des noms, et des dates aussi, beaucoup de dates, des chiffres, des chiffres et encore des chiffres. La société de consommation. Ils se perdent, se noient, y perdent la vie.

 Et là, une femme, une voix, un espoir. On l’a échappé belle! Le monde a peut-être une chance, vous ne croyez-pas? Ils l’entendent, se dressent, lui répondent. Cette voix est douce, calme, parfois on a l’impression qu’elle rigole, qu’elle s’amuse, elle et sa voix. Le noir arrive doucement, c’est la fin.

             Pour savoir, si vous allez aimer ce spectacle, restez avec nous, vous verrez ce qu’on en pense.

   ils pouvaient faire mieux «  bof »       **    c’était plutôt pas mal          ***    très intéressant, bien. « bien »          ****   excellent, félicitation «  ouha!

  rire: ****             émouvant: **         réflexion: ***        mise en scène: ***     engagement des acteurs: ***           interprétation: ***       recherches, et risques pris par l’équipe: ***

     P.S:  « Margaux compte-rendus » vous recommande très fortement d’aller le voir. Vous pouvez même amener vos enfants, ils s’apprécieront. N’oubliez pas, si vous croyez que c’est la fin lorsqu’ils se font aspirer par un des cubes, de ne pas applaudir car il y a une suite.

Ella Benoit, 1L2 (et un chamallow pour Ella, un !)

            Cela fait à peine quelques heures que l’on lui a rappelée la pièce de ce soir. Elle ne connait pas son nom, ne connait pas son sujet. Ne sais plus la durée, connait juste le lieu. Mais c’est comme ça qu’elle l’aime, le théâtre. A l’improviste, et singulier. Surprenant. Inattendu, au dernier moment.

             Encore une fois, nous nous retrouvons plongés dans le noir, dans l’attente du commencement. Petit à petit, les conversations deviennent murmures, et les murmures se font silence. Le théâtre est comme suspendu. L’ambiance se fait furtive, et tout autour, on peut sentir la salle grincer et vivre. La lumière se fait. Le silence se brise. La scène s’anime.

            Le plateau, noir, est parsemé de multiples caisses blanches aux formes géométriques. Éclairées d’une lumière rouge, elles se retrouvent là, certaines entassées, d’autres mise à l’écart, comme tombées du ciel ou dérivées d’un naufrage. Au départ presque sourd, puis de plus en plus fort, des murmures, susurrements, petits bruits de bouches et rythmiques vocales viennent rompre le mutisme. Un caisson tombe. Un autre s’anime. Puis d’un troisième sort un visage. Un homme, aux mimiques comiques, fredonne un air au rythme marqué, tout en agitant la tête. Un autre personnage s’agite. Puis enfin arrive le troisième. Tout trois se démènent sur scène, s’exerçant par des gestes insolites. Leur langage est une étrange aubade, composée de différentes sonorités et de phrases dénudées de sens. Tel les premiers êtres vivant s’animant sur une terre inconnue, les trois personnages pénètrent et explorent l’espace scénographique, tout en découvrant les matériaux qui les entourent. Ils se lancent alors dans une étrange chorégraphie, jouant de leur corps, de leur être et de ce nouvel environnement. S’ouvrant à la vie et à ce nouveau monde, ils se risquent dans une étonnante et désopilante découverte métaphorique, à la fois de ce nouvel univers, d’un nouveau temps et de leurs entités.

            Dans un perpétuel mouvement, les trois personnages manipulent avec souplesse les objets qui les entourent. Avançant toujours dans cet inconnu, ils s’expriment par un jeu mêlant corps et chœur, entre expression corporelle et musicalité. Lentement – parfois trop – , leurs personnes évoluent. Au départ à quatre pattes, ils se retrouvent debout. Tel les premiers hommes au temps de la préhistoire, ils découvrent et apprennent à utiliser leurs êtres. Tout autour, l’évolution suit. Par des acrobaties et une désinvolte agilité, les trois comédiens deviennent aventuriers d’un royaume perdu. Sur leur navire de fortune, ils traversent un océan imaginaire, emmenant avec eux les quatre petits caissons des couleurs primaires. L’étrange trio avance ainsi tout au long de la pièce, dans une continuelle mutation. Leur périple à travers le temps les mène alors au terme d’un monde industriel. En proie aux artifices de l’informatique et des technologies, les trois personnages se prennent au jeu de l’homme moderne. Leurs mimiques, au départ flexes et fluides, se transforment en accoue saccadés d’hommes robots. Peu à peu, les caisses et planches, au commencement insolites, prennent la forme de tables et meubles contemporaines. Par des mouvements répétitifs, en référence au taylorisme, les trois aventuriers troquent leur liberté pour la manufacture. Tandis qu’un enchaînement se crée pour une monotone mais comique répétition, une voix de femme les interrompt. Toutes logiques s’exaltent alors. Comme habités par quelques forces supérieures, les comédiens s’agitent, courent, se démènent à travers toute la scène. Une pluie de papiers et de feuilles s’abat sur le plateau, au même rythme que la course des trois acrobates. Pris d’une violente frénésie, comme en réponse à l’appel de cette femme, les trois hommes se lancent dans une presque transe qui les mènent à exorciser cette emprise des temps moderne, cette marque pesante d’une société industriel. Dans la fuite d’un monde dénudé d’humanité, si semblable au nôtre, les personnages se dirigent et répondent à l’appel de ce cri inconnu, cet occulte appel d’un nouveau voyage, méconnu encore …

             Je ressors, silencieuse. Dehors, il pleut – encore. L’esprit enfantin de la pièce m’a ravie, l’ambiance dégagée aussi. Dans un jeu d’expression combinant corps et esprit, qui s’accorde et s’appuie sur un espace sonore varié, la pièce à su me surprendre. Cette aventure dans le temps, maniée avec souplesse et humour, a réussi à me prendre en son naïf jeu, me faisant chercher les comédiens lorsqu’ils disparaissaient, rire aux éclats en réponses aux acrobaties et aux mimiques parfois clownesque, et surtout, en me faisant imaginer. Pour moi, la force de cette pièce reste dans sa faculté à faire voyager le spectateur par les limbes fabuleuses, le menant par des chemins oniriques sur les chroniques de l’humanité. Le fond sonore, réinvention de la langue française, à ce côté fantastique et puérile qui nous abîme dans ce rêve mutin. Cependant, la pièce à tendance à se perdre en longueur. Les mouvements, parfois déjà vus, ont tendance à se faire lents et excessifs. La dynamique penche à se perdre, et l’attention se dissipe. De plus, les trois comédiens semblent, tout au long de leur performance, réfléchir et penser chaque actions et enchainement, au lieu de le vivre et le donner comme tel au public. La pluie tombe autour de moi. Doucement, je marche, divertie, mais inassouvie. Au loin flotte les bribes d’un souvenir, pas si lointain que ça, d’un mélange similaire entre corps et cœurs, l’insigne « Appris par corps ».