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Novarina # à aller lire

Le Dimanche 9 janvier, 2011. Pas de commentaires

Des articles à aller lire, à propos de la création de la dernière pièce de Novarina, Le Vrai sang, à l’Odéon : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/01/08/novarina-l-art-du-lancer-de-langage-dans-l-espace_1462835_3246.html et http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/01/08/petit-lexique-novarinien-a-l-usage-de-toutes-et-de-tous_1462836_3246.html

"Le vari sans" Valère Novarina, photo Alain Fonteray

et dans le dernier numéro de Mouvement (excellente revue), une interview de Daniel Znyk, grand acteur novarinien, mort juste avant la création de l’Acte inconnu : http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/LOrigine-rouge/ensavoirplus/idcontent/9500

Nach Moskau ! Nach Moskau # F. Castorf

Le Samedi 11 décembre, 2010. Pas de commentaires

Nach Moskau! Nach Moskau! d’après Tchékhov

Mise en scène de Frank Castorf

  par Zelda Gourru, TL1

             Paris, métro 1, Hôtel de Ville-George V, -3 élèves, RER A, Nanterre Préfecture, + 3 élèves, -1 – 1 prof, Navette, Théâtre des Amandiers, au complet. Après une journée dans la folie parisienne et son métro insoutenable, enfin, du théâtre. Ce soir, c’est Nach Moskau! Nach Moskau!, une adaptation par Franck Castorf de deux textes de Anton Tchekhov, Les Trois sœurs, et Les Paysans. 4H en allemand sous-titré, cette langue trouve enfin une certaine utilité dans ma vie ! Le théâtre allemand est un véritable mystère pour moi, et nous réserve ce soir bien des surprises..

 

Anton Tchekhov est un des grands noms de la littérature russe du XIX éme siècle. Fils de petit commerçant, il a su montrer, au théâtre ou dans ses nouvelles, les malheurs de l’Homme, usé par le temps et l’esprit humain qui s’auto-détruit peu à peu, dans un monde bourgeois qui s’oppose  au prolétariat, que l’auteur défend. Franck Castorf lui, réunit sur scène ces deux univers chers à Tchekhov. Né en 1951, dans une Allemagne en pleine reconstruction, il vit jusqu’à la chute du mur en 1989 à Berlin-Est, sous l’emprise du monde soviétique. Dés lors, il choisit le théâtre. Le théâtre, un monde où l’expression est reine, mais où , en ces temps là, l’expression n’a pas la parole. Censuré et confiné, Castorf est restreint à plusieurs reprises par les autorités. Et c’est là que que ces idées et celles de Tchekov se croisent. Alors que l’un écrit sur le prolétariat, l’autre le vit. Une société qui réprime une façon de pensée qui n’est alors plus la liberté de l’homme.

En s’inspirant de ces textes, Castorf met le doigt sur des problèmes, politiques ou non, qui sont toujours d’actualité. Grâce à une mise en scène pleine de symboles, il nous entraîne dans un univers où riches et pauvres finissent par se confondre, n’hésitant pas à imposer son point de vue. Dans une scénographie de Bert Neumann, les deux univers sont nettement représentés, par une terrasse en hauteur à cour, où se succèdent les personnages, dégringolant des escaliers ou s’esquivant par les coulisses, et une frêle cabane à jardin qui s’effondrera au fur et à mesure de la pièce. Séparant les deux, au centre, un écran sur lequel sera projeté le sur-titrage des acteurs, communiquant en allemand, et parfois en russe ou en anglais. En fond de scène, une toile tendue durant la première partie de la pièce où sont peint de grand bouleaux, représentant les grandes forêts russes occupant une large partie du territoire. Et, derrière la terrasse de la maison des Trois sœurs, un piano,  autour duquel les acteurs se réuniront à plusieurs reprises pour ensemble, chanter.

                        Les deux parties de la pièce de Castorf jouent avec la notion de temps. Alors que dans un premier temps nous nous retrouvons dans le monde bourgeois et aristocrate russe du début du XX ème siècle, dans une phase de transition, où les personnages désirent partir de cette campagne qui les contient et retourner à Moscou, leur ville, la seconde partie est, quant à elle dans un temps bien plus avancé, où se croisent étoile communiste, faucille, marteau, et griffe de grande marque. En effet, Castorf actualise des problèmes de société qui remontent à plus d’un siècle, en les associant à ceux que nous connaissons. Entre les débuts de la révolution russe, la fin des deux Allemagne, et les soucis d’identité français, le metteur en scène s’amuse à passer d’un univers à l’autre, les confondant de temps à autre. Il soumet Andreï et met  Natacha au pouvoir, telle une tsarine rouge, sur son trône avec d’élégants apparats, alors  que son mari, muni d’un tee-shirt quadrillé devient une figure de bouffon, s’occupe de l’enfant et dilapide son héritage dans de somptueux casinos. Le pouvoir se renverse. La grandeur des sœurs  du début  nest plus qu’un lointain souvenir. Les moujiks, ces paysans dans leur cabane, sont, eux, attirés par un mode de vie occidental ( symbolisé par la marque, le luxe, ou encore le rappeur US Eminem sur le tee-shirt de l’un d’entre eux) où tout semble plus simple et accèdent à la vie moscovite, mais ne sont que plus désemparés face à ce monde qui leur reproche tout et où l’appât du gain les oblige à mendier ou à se prostituer. Castorf soulève une nouvelle fois un sujet délicat, la concurrence entre les pays, opposant Allemagne et Russie (quelque fois empire russe ou URSS) à qui sera le meilleur, mais aussi la différence entre ces deux classes sociales que beaucoup réfutent, comme si de rien n’était. Mais ces temps là ne sont pas si loins que ça.. Utilisant des figures emblématiques à chaque fois, des personnages qui nous semblent proches et éloignés à la fois, Castorf image ces propos. Ces sœurs, au début dans leurs habits d’époque, puissantes et belles, se retrouvent parachutées au bas de l’échelle par la dictature de la belle sœur, ce frère poète et fringuant, soumis, ces paysans pleins de bonne volonté qui ne sont plus que poussière face à la dictature. Représentatifs de différentes époques, que relie la déchéance sociale.  Castorf met la barre très haute et soulève en une seule fois beaucoup de ce que nous ne voulons pas voir, mais aussi très subtilement des sujets tel que l’homosexualité, l’inceste, l’adultère ou l’amour..

            Malgré une traduction mal retransmise et de nombreux blancs par rapport au texte des acteurs, l’énergie des comédiens nous propulse au dessus de ce mal-aise crée par l’incompréhension de la langue. L’allemand certains trouvent incompréhensible, qui ne permettrait pas de faire partager ces sentiment, nous a prouvé le contraire. Bien que criée, la langue passe d’une bouche à l’autre et la force du comédien permet de remettre tout en situation et de recréer une nouvelle force sur scène. Le théâtre allemand est surprenant ; capable de passer de l’émotion la plus forte au rire le plus simple. Un à un, les comédiens viennent nous chercher, nous cueillent sur nos sièges, dans n’importe quelle langue, et attaquent. Attaquent le texte de Tchekhov, que Castorf réécrit, de manière à le sortir de l’ornière du théâtre psychologique. Un discours sur la classe paysanne, en russe, où l’actrice est puissante et sensible à la fois. Elle n’a pas peur du regard du public et le soutient. Les comédiens vont au bout de leurs pensées, de leur action, et je ne pense pas que nous pouvons parler de surjeu. Le public est aussi largement pris en compte dans la mise en scène de Castorf. Utilisant un système vidéo, il permet une double vision de la scène, celle imposée par la place qui nous a été attribuée, et un œil plus libre, circulant au plateau parmi des choses que nous ne pouvons pas voir. Quelque fois, la caméra est celle d’un reportage et nous plonge dans la misère paysanne. De plus, cassant la tradition théâtrale, les comédiens font aussi parfois appel au public, recherchant son approbation, comme un soutien.

            Révolté contre ce système communiste où l’oppression était constante, Castorf, qui l’a connu, n’hésite pas à souligner l’effet de cette « bombe » qui a placé de nombreux pays dans la déchéance la plus totale. Mais cette critique de la pensée stalinienne passe aussi par son contraire. Ces personnages désemparés qui réussissent à en sortir, ne sont que mieux propulsés dans un monde du « chacun pour soi », qui fait rage et ne les détruiront que mieux. Un juste milieu innacessible, nach Freiheit,,

(vers la liberté..)

Paris # En images

Le Mercredi 8 décembre, 2010. 1 commentaire

 

Photos d’Audrey Larange

Le livre d’or de Jan # H. Colas

Le Dimanche 5 décembre, 2010. Pas de commentaires

Jeudi 9 décembre, les élèves de première et de terminale iront voir :

Le livre d’or de Jan d’Hubert Colas au Théâtre du Gymnase, à Marseille.

Nous parlerons du travail d’Hubert Colas en classe, mais vous pouvez déjà aller lire ou regarder quelques vidéos pour vous préparer à ce spectacle.Le livre d’or de Jan est un spectacle qui propose un portait d’un jeune artiste, Jan, disparu au passage de l’an 2000; Réunis, ses amis évoquent tour à tour son souvenir.

Jetez d’abord un œil au site de Bas Jan Ader, un plasticien des années 70, qui a beaucoup travaillé sur le motif de la chute et de la disparition :  http://www.basjanader.com/. Hubert Colas a découvert son travail au moment où il préparait le spectacle.

Allez ensuite écouter les compositions magnifiques de Oh ! Tiger Mountain, jeune chanteur marseillais qui a accompagné le projet d’Hubert Colas et qui sera présent sur scène.

et puis, visionnez un extrait du spectacle

et s’il vous reste des forces, vous pouvez allez lire la première partie de mon Pièce (dé)montée, en cliquant sur l’image ci-dessous :

Paris # 2.3.4/12

Le Samedi 27 novembre, 2010. 5 commentaires

Départ des terminales théâtre et histoire des arts pour le traditionnel voyage à Paris ce jeudi.

Rendez-vous à 6 h 15 à la gare TGV.

Détails techniques : pensez à prendre des serviettes de toilettes. N’oubliez pas non plus le pique-nique pour le premier jour et de quoi vous achetez à manger le vendredi midi et le samedi. Nous passerons chercher les internes vers 6 h…

Rappel du programme ci-dessous. N’oubliez pas qu’une visite surprise est prévue. Mme Fabreguettes et moi tenons à vous emmener dans un haut-lieu culturel parisien, très récent… Un indice : c’est le genre d’endroit dans lequel je passe déjà une grande partie de mon temps…

Continuer la lecture…

Nach Moskau # Nanterre

Le Vendredi 26 novembre, 2010. Pas de commentaires

Les élèves d’HIDA et de théâtre iront voir Nach Moskau de Tchekhov, dans une mise en scène de Frank Castorf aux Amandiers à Nanterre le vendredi 4 décembre.

Pour se faire une idée de l’univers de Castorf, voici un lien vers une vidéo de Nord, une pièce qu’il avait présenté au Festival d’Avignon en 2007 :

http://www.volksbuehne-berlin.de/praxis/nord/?PHPSESSID=666ca1dc56f5b1214f141f5c974af4ab


Extinction de Th Bernhard # ATP

Le Mercredi 24 novembre, 2010. Pas de commentaires

 Compte rendu d’ Extinction de Thomas Bernhard par Clémentine Furic, TL1.

Lecture de Serge Merlin, mise en espace de Blandine Masson et Alain Françon. 

Extinction c’est avant tout un texte. Une grande association. Celle de l’auteur Thomas Bernhard  et du comédien Serge Merlin. C’est le comédien qui est allé à l’encontre de l’auteur, après avoir lu chacunes de ses œuvres. Il deviendra par la suite l’interprète fétiche. Favori. Le meilleur. Celui dont T. Bernhard ne pourra plus se séparer.

Ce spectacle est né d’une conférence radiophonique. Lors d’une soirée, au théâtre de la Colline, une lecture d’Extinction, le dernier roman de T. Bernhard fut enregistrée pour France Culture. S’en est suivi une proposition de tournée grâce à Frédéric Franck, le directeur du Théâtre de la Madeleine, qui avait le désir faire découvrir ce texte, préalablement coupé, de manière à aller aux points les plus importants : un écrivain des années d’après guerre, un professeur se confiant à son élève, sur les traces de sa famille, autrichienne, Nazie, Collaboratrice. Quel dégoût.

Sur scène, Serge Merlin prend place. Il s’assoit à une table en bois. Seul objet meublant l’espace scénique. Quatre projecteurs mandarines éclairent le comédien. D’une lumière douce. Bleutée. Tamisée. Le manuscrit sous les yeux, il débute sa lecture. C’est d’une voix frêle, tremblante que l’homme nous raconte son histoire. L’histoire de son personnage. Celui qui vient se confondre , se mêler à lui avec rage lorsqu’il nous parle de sa langue, allemande. Il retrace son enfance. Le décès de ses parents. Le récit du comédien est parfois entrecoupé par des extraits de la lecture radiophonique. Les deux éléments étant séparés par un air de musique jovial, ainsi qu’une modification de l’éclairage qui devient d’autant plus tamisée. Le comédien se met alors en veille, laissant à ces mots enregistrés auparavant, le soin de narrer des souvenirs. Car on peut en fait, distinguer deux instants. Celui des souvenirs, la grande villa, l’enfance… Ainsi que celui du ressenti, à vif. La parole de l’acteur. L’expression du personnage. Le spectateur peut parfois se sentir bercé par cette voix douce et monotone. Mais il est vite ramené à lui par ces cris de douleur. De rage. De haine. Que l’on pouvait annoncer. Pré-sentir. Voir naitre dans les mains tremblantes du comédien, qui semble porter en lui toute la rage contenu dans les mots. La lecture sort alors de ces codes traditionnels. Nous n’avons pas à faire à un simple comédien se contentant de lire son manuscrit. Bouteille d’eau à sa droite. Mallette en cuir à sa gauche. La lecture va plus loin. Dans l’adresse. Dans l’expression. Dans le regard soutenu du comédien vers le public. Ça se rapproche du théâtre. C’est un peu comme une performance . Celle d’un comédien. Trop vieux pour porter son corps, qui nous fait part de sa vie marquée par l’occupation allemande, qui tourne autours de ses obsessions liées à ce qu’il a vécu, dans un dispositif scénique simple. Car cette table pourrait être celle de son personnage, qui y prendrait appui pour rédiger. Extérioriser. Procédant à mesure de la pièce, à l’extinction de ce feu qui brule en lui, de ce dégout créé par sa langue maternelle, par les membres de sa famille. Matérialiser son ressenti en mots. Les poser sur le papier pour les y laisser. C’est ce que le personnage effectue. Ce feu, cette haine, qui s’éteint, est symbolisé par la lumière des projecteurs qui s’éteint elle aussi progressivement jusqu’au noir.

 On ne peut pas vraiment définir cet événement. Le comédien n’avait nullement besoin de son texte, il ne lisait pas. De plus cela serait devenu une pièce de théâtre à part entière si Serge Merlin avait simplement été debout. On aurait alors parlé de monologue. Car durant ces quelques heures, le comédie n’a pas seulement dit les mots, mais a servi, a fait entendre le texte, la parole, de Thomas Bernhard.

 Pour ceux qui veulent retravailler leur compte-rendu, je signale le dossier de presse, très riche : http://theatremadeleine.com/spectacles/dp-extinction.pdf

Seul Richard – Th. Fournier # Fanadeep

Le Mardi 23 novembre, 2010. Pas de commentaires

 Les élèves de première (obligatoire et facultatif) et les élèves de seconde 5 assisteront jeudi 25 novembre à 18 h 30, à La Chartreuse à une présentation publique des travaux en cours de Thierry Fournier et de la compagnie Fanadeep.

Quelques informations à propos des travaux qui seront présentés. Seul Richard est un projet développé par Thierry Fournier. Vous pouvez aller vivister son site internet personnel et plus particulièrement la page consacrée à Seul Richard : http://www.thierryfournier.net/seul-richard/. Le projet part de la pièce de Shakespeare, Richard II, dont vous pouvez lire un résumé ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_II_(Shakespeare) . Pour entrer dans l’univers de Thierry Fournier, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous, qui rend compte d’une de ses installations, Step to Step (2008) dans laquelle le spectateur est amené à entrer en interaction avec une vidéo de fitness :


Step to Step
envoyé par thfo. – Films courts et animations.


Quant à Fanadeep, développé par les plasticiens Mr X et Mr J, vous pouvez voir un teaser de leur travail ici : A.H from fanadeep on Vimeo et consulter leur site : www.fanadeep.com

The cat, the reverend and the slave # Alain Della Negra

Le Dimanche 14 novembre, 2010. Pas de commentaires

Jeudi 18 novembre à 18 h 30, les terminales volontaires iront voir

The cat, the Reverend and the Slave d’Alain Della Negra et Kaori Kinoshista à La Chartreuse-CNES.

La projection dure 1 h 20. Prévoir d’être récupéré vers 20 h. L’entrée est payante : cinq euros par personne.

Quelques informations et liens pour vous préparer à la projection de ce film. Alain Della Negra et Kaori Kinoshista ont été accueillis à la Chartreuse lors de la Sonde 01#08, pendant laquelle ils avaient présenté des extraits de leur film, alors en chantier. Ce film est une plongée dans l’univers du monde virtuel, crée par Linden Lab, une société californienne :   »Second Life ». Pour entrer dans cet univers virtuel, il suffit de se créer une nouvelle identité en choisissant un avatar. A vous ensuite de la faire évoluer dans ce monde parallèle, régis par des régles sociales et des lois, et dans lequel on même investir ses économies !

 Pour découvrir Second Life, le mieux est d’aller visiter le site : http://secondlife.com/ et notamment la section « What is Second Life ? ». Il existe aussi un petit ouvrage très intéressant, sous la direction d’Agnès de Cagneux et Cécile Guibert, Second Life, un monde possible, édité aux Petits matins. Je l’amenerai avec moi mardi, et pourrai le prêter s’il y en a que le sujet intéresse…

A aller lire aussi, une critique du film dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/09/14/the-cat-the-reverend-and-the-slave-les-ames-perdues-de-second-life_1410979_3476.html et celle de Télérama : http://www.telerama.fr/cinema/films/the-cat-the-reverend-and-the-slave,417744.php

Et puis, évidemment la bande-annonce :


The Cat, the Reverend and the Slave – Bande annonce
envoyé par LEXPRESS. – Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

Concert Brodsky # Scène nationale de Cavaillon

Le Dimanche 14 novembre, 2010. Pas de commentaires

Compte rendu des Concerts Brodsky, lecture-concert de Dirk Roofthoot et Kris Deffort.

 Par Frédérique Aubert, TL1.

Vendredi 15 octobre, nous sommes allés au theatre de Cavaillon voir Les concerts Brodsky. C’etait une lecture théatrale de poèmes de Joseph Brodsky, poète russe, lus par le comedien Dirk Roofthooft et avec  le musicien Kris Defoort.

Le plateau est assez denudé, deux éléments sont en avant de la scene : le piano à queue et le pupitre. Une petite table est placée un peu en arrière à coté du pupitre, deux bouteilles et deux verres sont placés dessus. À coté du piano, un synthetiseur et un ordinateur. Il y a egalement un écran en fond de scène, qui projette l’intérieur du piano et permet de voir les manipulations que peut faire Kris Defoort pour alterer le son à certains moments. Je trouve que cet espace épuré était juste par rapport à la proposition : cela laissait au texte de l’espace, pour résonner, rien ne distrayait le spectateur, son attention était focalisée sur le texte et la musique. Tout le reste du plateau était noir, sobre. Je pense que c’était une façon de focaliser l’attention du public sur ce qu’il entendait et non pas ce qu’il pouvait voir.

La lecture du comédien était vivante, son accent rajoutait une certaine couleur, ça ne genait pas pour le texte. Il a beaucoup modulé sa voix, il est passé du presque mumure à des cris de gorges, rauques, irritants même. Il bougeait mais tous ses gestes restaient dans une proportion moyenne, certains de ses déplacements étaient totalement détachés du texte et ça m’a un peu génée, on comprend mieux pourquoi Christian nous dit que ce genre de choses parasite la lecture. Je me suis laissée emporée par la chose, je n’ai que peu réfléchi à la valeur, au sens de toutes ces phrases ensemble. Je ne sais plus s’il y avait vraiment des histoires, ni combien. J’ai saisi beaucoup de petits morceaux, de bribes, entre deux pensées personnelles. J’étais dans me rêverie, mais je crois que l’atmosphère de la piece s’y prêtait. Je ne pense pas que c’était éxtrememnt grave d’avoir laissé ses pensées prendre un peu le dessus, je pense que ce type de lecture, de mise en scène induit un peu ça. J’ai senti beaucoup d’émotion dans la lecture de Roofthooft, et c’est là je trouve la beauté de la chose :  même si je ne saisissais que des fragments de son histoire, j’ai quand meme ressenti cette émotion par dessus mes propres pensées.

Je crois que ce qui a fait ce lien et ce qui m’a aussi portée à « revasser » était la musique. Elle m’a semblé etre le lien entre comédien et spectateur, elle a porté sa voix, est venue nous retrouver, nous atteindre lorsqu’on se perdait. Je trouve que c’est grace à cet accompagnement tantôt violent et saccadé, tantot lié et chantant, que la poésie est ressortie de cette lecture. La partie musicale a alterné entre piano, synthétiseur et pistes électroniques. Le tout a crée une atmosphere particulière, à mes yeux c’est là qu’est née cette tension dramatique qui fait tout le théâtre. Defoort a joué avec les sons, avec son instrument en l’alterant, en tapant, en pinçant les cordes à partir de l’intérieur. Le fait qu’il y avait cette petite caméra pour nous montrer ses manipulations était à la fois intéressante mais elle a parfois pris le pas sur le reste et semblait un peu trop comme une expérience à regarder, une présentation de techniques musicales, un peu superficielle. Je me suis sentie tirée de ma reverie lorsque le ton des choses s’est accentué, il a eu un long moment où Roofthooft criait presque, les mots lui raclaient la gorge. Ce moment était primordial, le spectateur est extrait de ses pensées, doit réellement subir ce moment, entendre la violence de cette diction sans rien pouvoir y faire. On vient secouer le spectateur, on le sort de son comfort, de son retrait, de son abstraction et  là, se crée encore une tension dramatique.