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Concours des écoles de théâtre : « tout se passe dans l’instant »#

Le Vendredi 23 février, 2018. Pas de commentaires

Article du Monde daté du 14 février 2018
Etudiants du Conservatoire en répétition en juin 2017 (Christophe Raynaud de Lage)

Ils étaient 1331 candidats inscrits au premier tour du concours du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris en 2017. Ils n’étaient que trente, quinze garçons et quinze filles, à voir leurs noms affichés sur la liste des admis à l’issue de trois épreuves éliminatoires.

La saison des concours a débuté pour les jeunes comédiens souhaitant intégrer des écoles supérieures d’art dramatique (lire notre post Quelles formations pour se préparer aux concours des écoles supérieures d’art dramatique ?). Cette année, le premier tour du CNSAD – l’établissement qui attire le plus grand nombre de candidats – se déroulera du 5 au 17 mars 2018.

Pour départager ces postulants âgés de 18 à 25 ans, un exercice imposé : la scène de concours. Au Conservatoire de Paris, elle ne dure jamais plus de trois minutes, au risque de se voir imposer un implacable « merci » en cas de dépassement du chronomètre.

Trente candidats par jour

Quatre scènes sont à préparer pour le premier tour :  une en alexandrins, une écrite avant 1980, une après 1980 et enfin un parcours libre, expression des talents du candidat. Claire Lasne-Darcueil, directrice du Conservatoire depuis 2013, a imposé une règle simple. Le candidat a le choix de la première scène qu’il souhaite passer durant l’épreuve, « ce qui lui permet de bien se concentrer », détaille la directrice. « Le jury demande ensuite à écouter une à trois scènes supplémentaires ou pose quelques questions au candidat sur son envie d’entrer à l’école ».

Ce jury, composé de cinq professionnels du monde du spectacle, voit défiler trente personnes par jour. Trente candidats accrochés au même rêve, présentant en cent quatre-vingt secondes le fruit de plusieurs mois, parfois même d’années, de travail acharné. « Nous avons le devoir de rester frais et ouverts à toutes les propositions» affirme Claire Lasne-Darcueil. Nous votons ensuite pour les candidats admis au deuxième tour. D’ailleurs, nous sommes en général assez unanimes sur les gens que nous souhaitons revoir. Il y a des évidences.»

Savoir « être au présent »

Ce qui est déterminant pour le jury, selon Claire Lasne-Darcueil, ce n’est pas tant le niveau technique que la capacité à être « au présent ».

« Tout se se passe dans l’instant. Tout d’un coup, on ne voit plus quelqu’un qui fait du théâtre mais on est face à quelqu’un qui est tout simplement là. »

Un fragile équilibre entre présence scénique et gestion du stress qui induit bien évidemment des rendez-vous manqués entre les acteurs en herbe et leurs auditeurs : « Les concours sont arbitraires, il suffit de voir le nombre de candidats pour le nombre d’admis. Et il y a des gens formidables qui ratent parce qu’ils ne sont pas vraiment là au moment de leur passage. Ce qui ne remet en aucun cas en question leur potentiel ou leur valeur. »

Concernant le choix des scènes de concours, Claire Lasne-Darcueil n’a pas de préconisations particulières mais elle apprécie lorsque les jeunes comédiens lui font « découvrir des textes ou des auteurs » : « Des scènes trop passées par les candidats peuvent appauvrir l’écoute du jury. L’année dernière, on a entendu beaucoup de Wajdi Mouawad ou de Falk Richter. »  A bon entendeur… Mais, « il n’y a pas de recette » ajoute prestement Claire Lasne-Darcueil.

Changer la place des femmes sur scène

La directrice du CNSAD a néanmoins formulé une doléance, il y a trois ans de cela, lors d’une rencontre au Théâtre de la Colline questionnant les représentations de la femme sur scène.

« J’avais remarqué qu’en concours, les jeunes filles jouaient des scènes de viol, d’agression, de dégradation. Des situations caractéristiques du répertoire classique, écrit par des hommes, où la femme est malheureusement souvent montrée comme victime. C’était un spectacle assez inquiétant. »

Et Claire Lasne-Darcueil a été entendue : « en une année, ça a changé du tout au tout, c’est tout juste si les candidates ne mettaient pas des beignes à leurs partenaires ! Plus sérieusement, elles m’ont prise au mot de façon fine et humoristique. D’ailleurs, montrer la femme comme drôle, ça c’est quelque chose qui est moins habituel ! »

Enfin, lorsqu’il s’agit de donner des conseils aux candidats qui se présenteront 2 bis rue du conservatoire dans moins d’un mois, Claire Lasne-Darcueil met l’accent sur l’envie et le travail. « Je crois que quand on a un désir profond, il faut se sentir légitime, assure t-elle. On est légitimé par la force de son désir et par son travail, c’est le meilleur cocktail. »

Échange théâtral avec Bruxelles : la presse en parle#

Le Mardi 23 janvier, 2018. Pas de commentaires

Echange théâtral (Vaucluse matin du 23 janvier 2018)

Echange théâtral (Vaucluse matin du 23 janvier 2018) mardi 23 janvier 2018, par Administrateur

Deux retours d’élèves sur « La Mouette » au théâtre d’Arles#

Le Dimanche 21 janvier, 2018. Pas de commentaires

La Mouette s’est jouée le mercredi 13 décembre à 19h30 au théâtre d’Arles, le spectacle a duré 2h, a été présenté par la compagnie Kobal’t et mis en scène par Thibault Perrenoud. Cette représentation est une adaptation du texte deTchékhov: La Mouette, datant de 1896, une comédie contrastée se terminant comme un drame, c’est également une pièce réaliste.

Les principaux thèmes abordés sont l’amour ainsi que les conflits intergénérationnels sur l’art notamment. L’histoire est pleine de liens complexes: Nina est une jeune femme rêvant d’être actrice, elle est aimée par Constant, voulant être écrivain. Mais Nina tombe amoureuse de Boris Trigorine, écrivain à succès et amant d’Irène actrice à succès et aussi mère de Constant. Ce dernier tente de prouver à sa mère sa valeur d’auteur, chose complexe car elle ne fera que le dénigrer (les noms sont ceux de la pièce vue et non ceux du texte original de Tchékhov)

Ainsi cette pièce nous fait réfléchir sur l’amour et sa véracité, sa cruauté, mais surtout sur l’art, sur sa modernité ou nom, sur les gouts de chacun, ces nouveau artistes qui innovent et qui sont souvent incompris où critiqués.

L’espace scénique est assez symbolique mais a aussi des aspects réalistes notamment quand la pièce se passe sur la plage ou lors du barbecue, il faut parfois aussi imaginer cet espace, au tout début par exemple lors de la représentation de la pièce de Constant, rien ne nous indique que cela se passe dans un petit théâtre.

L’espace scénique est circulaire et le public placé autour, les comédiens sont donc presque constamment en mouvement afin que les spectateurs puissent tous les voir. Par cette disposition, le public est très proche de la scène et est même pratiquement dessus, de plus les comédiens viennent souvent dans le public et s’adressent directement à eux, au tout début par exemple quand ils demandent de patienter, que le spectacle va bientôt commencer.

Le plateau est au début vide avec seulement des chaises portant une feuille blanche avec des prénoms. Ces chaises sont pratiquement insérées dans le public. De ce fait, les décors sont mis en place en direct comme la table, les chaises, le barbecue (qui est dans le public). Un élément a beaucoup d’importance: la terre, elle sert de terre au début avec la pièce de Constant, puis de sable ou encore de lit/linceuil pour l’oncle à la fin, elle a une fonction assez symbolique puisque c’est le seul élément restant du début à la fin de la pièce, comme un éternel spectateur accompagnant les personnages jusqu’à la fin, jusqu’à leur mort pour certains.

Les lumières ont plusieurs fonctions au court de la pièce, elles sont le plus souvent allumées d’une teinte orangée éclairant la totalité de la scène ainsi que le public. Mais elles sont aussi utilisées pour suggérer un espace comme quand des néons bleutés placés sous les gradins sur scène délimitent un espace circulaire représentant le lac évoqué dans le texte et ayant une place importante. Dans la deuxième partie de la pièce, la lumière met en évidence la mouette accrochée au mur en l’éclairant spécialement afin de la mettre en valeur. La lumière sert aussi à apporter des informations supplémentaires sur le temps avec la lumière qui s’assombrit puis devient plus vive, évoquant le fait que du temps soit passé entre la scène précédente et celle advenant. Les lumières ne sont pas apportées que par des projecteur mais aussi par des bougies représentant les différents actes de la pièce et soufflés au fur et à mesure qu’ils se passent.

Il y a de multiples objets apportés par les comédiens le long de la pièce comme par exemple un bouquet de fleurs, de la vaisselle. Ceux-ci sont utilisés par leur fonction normale et apportent donc du réalisme à la pièce, ils sont manipulés par les comédiens. Il y a bien sûr le corps de la mouette, ayant une grande portée symbolique car elle représente Nina: heureuse près de son lac jusqu’à ce qu’un homme vienne et la détruise (Boris). Outre cela, la mouette a aussi un intérêt scénographique puisque il y a un jeu autour de ses plumes avec Constant qui les répand sur le sol. Un autre objet sert à la scénographie en créant une image esthétique, les feuilles blanches dans la dernière partie de la pièce. En effet elles sont jetées en l’air puis tanguent et tombent lentement sur le sol. Elle sont aussi là pour démontrer la colère et le désarroi de Constant.

La gestuelle des comédiens était forcément orientée pour faire en sorte que tout le public la voie, les comédiens se déplaçaient donc souvent et se tournaient. Malgré cela, les gestes donnaient l’impression d’être naturels à part la pièce avec Nina qui était chorégraphiée. Ils étaient aussi support de la parole avec des grands gestes par exemple démontrant l’énervement ou alors un remplacement de la parole avec l’exemple des feuilles évoqué ci-dessus. La gestuelle montrait également le statut social des personnages, Irène, la mère de Constant se tenait très droite et était maniérée, prouvant ainsi son statut d’actrice à succès et une forme d’orgueil.

La relation avec le public était particulière, il y avait des contacts directs comme le fait de serrer des mains ou de faire la bise. Ou alors celui de demander aux spectateurs de se tenir la main et de répéter des phrases, ensemble.

Le choix des comédiens était particulier, Constant semblait plus vieux que sa mère et surtout que Boris (avant encore plus car le comédien jouant Constant avait une barbe épaisse).

Les costumes étaient en raccord avec l’époque soit celle actuelle, ils étaient donc plutôt modernes, ils respectaient aussi le lieu de la pièce, des maillots pour la plage entre autre ou le costume de Nina pour la pièce de Constant. Ils reflétaient le statut social, Boris par exemple avait souvent une chemise démontrant un certain statut dût à son métier d’écrivain renommé. Les vêtements étaient aussi utilisés pour démontrer les personnalités, Nina avec sa salopette ou sa petite robe blanche appuyant son caractère joyeux et enfantin s’opposant aux habits sombres avec notamment le grand manteau noir qu’elle porte dans la dernière partie de la pièce car elle est détruite, maussade.

Il y avait très peu de musique. Lorsqu’elle était présente, elle était apportée par un poste, la signification était surtout de signifier l’état d’esprit du personnage soit la tristesse ou la mélancolie avec une mélodie douce. Par contre les sons étaient importants notamment ceux du hors-scène, l’arrivée des comédiens était annoncée par des bruits de pas ou encore les bruit d’une discussion, des rires se passant en hors scène. Ces sons n’étaient pas enregistrés ce qui signifiait que le jeu des comédiens continuait même une fois sortis du plateau.

La visée du spectacle est de divertir, de faire rire tout en passant des message sur l’amour, et les autres thèmes évoquées, il cherche aussi à émouvoir avec notamment la mort de Constant, personnage auquel le public s’est certainement attaché et pris en pitié. Mais globalement, cette représentation avait surtout pour but de plaire aux multi-générations par ce texte remanié et faire découvrir d’une autre manière l’une des pièces les plus jouée au monde.

Pour ce qui est des critiques de cette pièce, ils sont très opposés et nous pouvons voir cela de par les titres:  » La Mouette » ou la puissance des sentiments, article de Marianne ou bien: Une «Mouette» se crashe à la Bastille par Libération, en ce qui me concerne, je rejoins ce dernier journal sur certains points, notamment celui de l’imagination: « elle ne laisse aucune chance [...] à la rêverie ». En effet, de faire une pièce trop réaliste enlève le loisir de l’esprit d’imaginer ses propres symboliques. Tout me semblait trop réel ainsi que, entre autres, « moche » esthétiquement parlant. J’ai beaucoup aimé le jeu des acteurs mais l’enchainement des scènes où ils ne faisait que pleurer et crier m’a rapidement lassée ainsi que l’humour que je trouvais assez redondant. Je rejoins aussi le journal sur un autre point : « chaque phrase commente bruyamment ce que Tchekhov laisse entendre » soit un peu le même principe que celui de l’imagination, en effet cette pièce contient normalement des réflexions sur l’art, sur  l’amour et le destin, seulement ici, ces réflexions sont dites ouvertement et discutées sur scène, ne laissant pas au public, ou du moins plus difficilement, le loisir de se faire ses propres opinions. Malgré ces points négatifs, la forme circulaire de la scène était intéressante et assez bien gérée mais je n’ai dans l’ensemble pas trop aimé le spectacle.

Juliette, élève de première

La mouette est une pièce écrite par Anton Tchékhov en 1896. Cette pièce de théâtre dont le titre fait référence au destin funeste d’une mouette abattue par simple barbarie, nous fait découvrir une sombre histoire d’art et d’amour mettant en scène un conflit entre les générations du passé et du présent. En réadaptant cette pièce très connue et mise en scène de nombreuses fois, Thibault Perrenoud affirme qu’il est de « l’essence même [de certaines questions et relations fondamentales] d’être réinterrogées constamment » et c’est pourquoi il nous propose une fois de plus une interprétation de La mouette.

Cette pièce met en scène 8 personnages dont 4 personnages principaux dont l’histoire est la suivante :

Konstantin est un écrivain passionné qui cherche à faire voir aux spectateurs un « nouveau » théâtre. Seulement, incompris par sa mère Arkadina, une actrice de renom mais une mère cruelle, et constamment repoussé par les grands écrivains du théâtre « traditionnel » tel que Trigorine, qui est de plus l’amant de sa mère Arkadina, il n’atteint jamais ni la gloire, ni la reconnaissance qu’il escompte. De plus, Konstantin est fou amoureux d’une jeune actrice du nom de Nina, mais cette dernière, attirée par la célébrité du grand auteur Trigorine, s’éprend de lui et devient sa maîtresse. Ainsi, abandonné par Nina et constamment rabaissé par une mère qui ne croit pas en lui, Konstantin se suicide de désespoir. Nina pour sa part, se retrouve seule, abandonnée par Trigorine et sombre dans la désolation.

Nous pouvons remarquer que les 4 personnages principaux, par leur apparence physique, semblent avoir le même âge. Or cela peut paraître étrange sachant que l’histoire de la mouette met en scène avant tout un conflit entre les générations du passé (représentées par Trigorine et Arkadina) qui ont déjà leur place dans le monde du spectacle et sont déjà célèbres et les générations du présent (représentées par Nina et Konstantin) qui cherchent à se trouver une place ainsi qu’à être reconnus. Mais si la présence de deux générations bien distinctes est l’un des éléments principaux de la pièce, Thibault Perrenoud, dans sa mise en scène, gomme l’effet du conflit générationnel en choisissant des acteurs d’un âge proche ou du moins d’une apparence qui semble le faire croire. Cela peut faire penser que, pour Thibault Perrenoud, le conflit principal n’est pas dû à la présence de deux générations différentes mais à une conception du monde et à des intérêts différents dû à l’appartenance à une certaine génération. Pour illustrer ce propos nous pouvons prendre l’exemple d’Arkadina qui, ayant baigné longtemps dans le théâtre traditionnel, ne peut accepter la présence d’un théâtre « nouveau » qui briserait les codes du théâtre qu’elle connaît. Elle considère alors son fils, écrivain de ce théâtre « nouveau », comme une personne « sans talent » puisqu’il écrit des textes qui, pour elle, ne sont pas du théâtre.

Thibault Perrenoud dans sa mise en scène brise le quatrième mur afin que le spectateur s’immisce réellement dans la vie des personnages. Ainsi, une partie du public est déplacée sur les côtés et le fond de la scène. Chaque spectateur voit le spectacle d’un angle différent étant plus ou moins proche des personnages. Le fait que les personnages s’adressent aux spectateurs et viennent s’assoir à leurs côtés met en place une relation spéciale entre les deux parties de telle manière que les spectateurs semblent faire partie de la pièce, d’autant plus qu’ils occupent déjà une partie de l’espace scénique.

Nous pouvons noter la présence de bougies autour de la scène. Une bougie est soufflée à chaque fin d’acte comme dans le théâtre classique français dans lequel la longueur des actes correspondait à la durée de vie des bougies disposées pour éclairer la salle. Mais nous pouvons penser que ces bougies ne sont pas présentes sur scène seulement pour faire référence au théâtre classique mais qu’elles sont également symbole d’espoir, sûrement celui de Konstantin et de Nina, qui s’éteint au fur et à mesure qu’ils voient leurs rêves disparaître.

Ainsi nous pouvons constater, à l’intérieur même de la mise en scène une opposition entre le théâtre classique avec la présence des bougies et le théâtre « nouveau » avec la disposition des spectateurs.

Nina et Konstantin, s’ils sont pleins d’espoir pour l’avenir au début de la pièce, finissent par enterrer celui-ci. Nina, quand elle revient voir Konstantin à la fin de la pièce porte des vêtements sombres et un manteau qui semble lourd, d’autant plus qu’elle est trempée et donc alourdie par la pluie. La vie pour elle a alors l’air pesante et dure à supporter tandis qu’elle affiche un visage morose et explique à Konstantin combien elle souffre. Konstantin, pour sa part, avait, au-début de la pièce, disposé, avec enthousiasme, de la terre sur le sol afin de montrer à sa mère et aux autres personnages, la mise en scène de la pièce qu’il avait écrite. Cette terre reste tout le long de la pièce jusqu’à ce que Konstantin vienne la balayer comme s’il balayait lui-même son rêve et ses espoirs. Cette scène où Konstantin balaie son rêve est certes dramatisée par la présence d’un fond musical mais sera pourtant tournée au ridicule par l’un des personnages qui amènera un aspirateur, faisant lever les pieds du public pour passer en-dessous de ceux-ci et faisant ainsi rire tous les spectateurs. Konstantin, lorsqu’il balaie cette terre, forme au milieu de la scène une sorte de tas qui sera ensuite recouvert d’un drap blanc ce qui peut faire référence au drap blanc dont l’on recouvre les morts. De plus, une fois recouvert, le tas peut faire penser à une tombe.  Et si celui-ci peut représenter la mort du rêve de Konstantin, il peut également avoir une dimension prophétique en prédisant la future mort du personnage.

COMPARAISON DE MISES EN SCENE :

Au cours de l’année précédente, nous avons eu l’occasion de voir une mise en scène différente de La mouette : celle de Thomas Ostermeier. Nous pouvons remarquer que même s’il s’agit de la même pièce et de la même histoire, les mises en scène sont pourtant totalement différentes.

L’une des grandes différences entre les deux mises en scène que nous pouvons noter et celle de la disposition à la fois du public et des acteurs sur scène. D’une part, une partie des spectateurs chez Perrenoud est déplacée sur scène et occupe ainsi une place importante dans la pièce, tandis que la disposition des spectateurs chez Ostermeier ne diffère pas du théâtre traditionnel. D’autre part, dans sa mise en scène, Ostermeier propose une mise en abyme du théâtre, ainsi, quand les personnages ne sont pas acteurs de l’histoire, ils se trouvent autour de la scène et regardent l’histoire tel des spectateurs, tandis que dans la mise en scène de Perrenoud, les personnages lorsqu’ils ne jouent pas sortent de scène et il y a donc de nombreuses entrées et sorties de scènes.

Ensuite, les metteurs en scène ont tous les deux représenté la mouette morte par un objet présent sur scène et pourtant nous pouvons constater une différence importante : chez Ostermeier la mouette qui a été tuée par Konstantin est tenue par celui-ci par les pattes, comme un simple butin, un animal que l’on ramènerait de la chasse tandis que chez Perrenoud  la mouette est tenue par les deux mains comme un être précieux et fragile ou même presque comme un trésor, elle est posé par terre délicatement et déplacée tout aussi méticuleusement. La mouette prend alors l’apparence d’un symbole important dans la mise en scène de Perrenoud, d’autant plus qu’elle est posé au cours de la pièce sur une étagère en hauteur, comme si elle dominait l’histoire et commandait les personnages.

Bérénice, élève de terminale


Mise en scène d'Ostermeier

Mise en scène de Perrenoud

Du 16 au 19 janvier 2018 échange théâtral avec le lycée français de Bruxelles que nous accueillons#

Le Lundi 15 janvier, 2018. Pas de commentaires

Depuis juillet 2017 nous avons inauguré un échange théâtral avec le lycée français de Bruxelles basé sur la pratique théâtrale et sur l’école du spectateur.
Nous avons commencé en juillet 2017 par une immersion de 3 jours de nos amis de Belgique dans le Festival d’Avignon durant notre école du spectateur avec nos 30 élèves.

Du 16 au 19 janvier 2018 nous avons le plaisir d’accueillir dans nos murs 14 élèves du lycée français de Bruxelles, leur professeur David Jauzion et Sacha Kremer, l’intervenant artiste. Au programme 2 grands temps de pratique théâtrale les après-midis de mercredi et  jeudi  pendant lesquels  nos élèves de première L spécialité théâtre et les élèves de Belgique travailleront à la Chartreuse ensemble au plateau autour de « Plume » d’Henri Michaux et de la notion de rêve. Au menu de la semaine également  visite de la FabricA, de la collection Lambert et du Palais des Papes. Les élèves de France et de Belgique assisteront au spectacle « Les Inassouvis »au théâtre des Halles jeudi 18 janvier.

Du 7 au 11 mai nos élèves de première spécialité iront en Belgique poursuivre et  prolonger le travail de pratique et pour assister à un spectacle programmé au Kunstenfestivaldesarts.

Des informations et photos au fur et à mesure…

PROGRAMME DU 16 AU 19 JANVIER 2018

ÉCHANGE THÉÂTRE AVIGNON/BRUXELLES

Mardi 16 Mercredi 17 Jeudi 18 Vendredi 19
8h30 : petite réception des élèves

9h : 10h : étude Bruxellois

Salle 37

10h : rencontre des élèves

11h : visite guidée de la collection Lambert

Départ lycée 8h30

9h-10h30 : visite commentée  de la FabricA

11-12h : étude Bruxellois

Salle 33

8h-9h30 : étude Bruxellois

Salle 13

Départ lycée 9h30

10h : visite du Palais des Papes

12h : déjeuner au lycée 12h : déjeuner au lycée 12h : déjeuner au lycée
13h30-16h30 : pratique théâtrale à la Chartreuse 13-16h : pratique théâtrale à la Chartreuse Départ  TGV: horaire 15h04
Arrivée  TGV : 21h17

Arrivée au lycée : vers 22h

Repas de réception au lycée 20h : représentation de Les Inassouvis au théâtre des Halles

Mort d’un grand homme du théâtre : Jacques Lassalle#

Le Dimanche 7 janvier, 2018. Pas de commentaires

Jacques Lassallea dirigé Isabelle Huppert pour « Médée », à Avignon en 2000.

C’était un homme entier, pour qui seul comptait le théâtre, à qui il a beaucoup donné au cours de sa riche carrière, et dont il a reçu de vilains coups, comme son éviction de la Comédie-Française, après un seul mandat d’administrateur général, de 1990 à 1993. Jacques Lassalle, qui est mort mardi 2 janvier, à Paris, à 81 ans, était aussi un homme singulier : suspicieux et ombrageux, il tenait sa tête penchée en angle droit sur l’épaule, et livrait tout bas de passionnants développements sur l’art qu’il a servi en signant pas loin de cent cinquante mises en scène, parées, à leur meilleur, d’une belle élégance classique.

L’une des dernières, en 2014, fut Matin et soir, de Jon Fosse, un de ses auteurs de prédilection, avec Michel Vinaver, Marivaux, Nathalie Sarraute, Carlo Goldoni ou Molière. La pièce fétiche de Jacques Lassalle était d’ailleurs Le Misanthrope, ce qui n’étonne pas ceux qui ont connu cet homme capable d’arpenter pieds nus les rues d’Avignon, tel un pèlerin, mortifié par l’échec de sa mise en scène d’Andromaque, de Racine, dans la cour d’honneur, en 1994, puis de déclarer publiquement qu’il renonçait à tout jamais au théâtre. Ce que, heureusement, il ne fit pas.

Né à Clermont-Ferrand, le 6 juillet 1936, Jacques Lassalle ne s’attardait pas sur sa biographie, qu’il faisait commencer avec ses études, à Paris : une agrégation de lettres classiques, une licence de sociologie, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où il est élève d’un grand professeur, Fernand Ledoux. Mais ce n’est pas le métier de comédien qui l’intéresse. Il veut mettre en scène et s’inscrire dans le grand mouvement de la décentralisation théâtrale. Le maire de Vitry (Val-de-Marne) lui en fournit l’opportunité, en lui proposant de créer un théâtre dans sa ville. Ainsi naît, en 1964, le Studio-Théâtre, qu’il dirige jusqu’en 1982. C’est là qu’il creuse son sillon, d’abord avec ses propres pièces, puis des créations subtiles de Michel Vinaver, Dissident, il va sans direNina c’est autre chose, dont le minimalisme de l’écriture s’accorde au goût pour l’intimisme du metteur en scène, grand pourfendeur du théâtre ostentatoire.

Au Français, cible d’une cabale

Sa réussite à Vitry mène Jacques Lassalle vers le prestigieux Théâtre national de Strasbourg (TNS), qu’il dirige de 1983 à 1990. Ce sont des années fastes pour la culture, bien lotie financièrement. Des années où l’on peut rêver avec orgueil, comme il le fait en inaugurant son mandat avec un coup d’éclat : Tartuffe, de Molière, avec Gérard Depardieu et François ­Périer en Orgon, deux stars que le metteur en scène rêvait de réunir depuis des années. Le spectacle frôle le chef-d’œuvre, et le TNS ­entame une nouvelle aventure, après celle, politique, de Jean-Pierre Vincent. L’universitaire Bernard Dort, fin connaisseur de l’Allemagne et de l’Italie, occupe la fonction de « conseiller littéraire » de Jacques Lassalle, qui monte Woyzeck de Georg ­Büchner avec les élèves de l’école du théâtre, et fait ses grands débuts au Festival d’Avignon avec une belle présentation d’Emilia ­Galotti, de Gotthold Ephraim ­Lessing, en 1985.

Ces classiques côtoient des contemporains, comme toujours dans l’itinéraire du metteur en scène : Jean-Pierre Sarrazac ou Jean-Marie Besset, alors jeune auteur, qui, dans Villa Luco, imagine avec brio une rencontre entre le général de Gaulle et le maréchal Pétain, dans sa cellule de la prison de l’île d’Yeu, après la seconde guerre mondiale. Deux ­figures sont sur scène : Maurice Garrel et Hubert Gignoux, le premier directeur du TNS. Un théâtre que Jacques Lassalle quitte en 1990 pour la Comédie-Française, où il succède à Antoine ­Vitez, mort brutalement.

Dès sa première conférence de presse, le nouvel administrateur général annonce la couleur, en invitant le réalisateur égyptien Youssef Chahine à signer une mise en scène de Caligula, de ­Camus. D’autres grands artistes étrangers, Idrissa Ouedraogo, Anatoli Vassiliev ou Otomar ­Krejca, sont ensuite invités, ce qui aurait dû être porté au crédit de Jacques Lassalle. Mais un mauvais vent aux relents xénophobes a soufflé, mettant à malles choix de l’administrateur général qui, par ailleurs, a eu très vite maille à partir avec une partie de la troupe, opposée à son arrivée.

La politique d’ouverture de Jacques Lassalle, qui portait également sur le renouvellement de la troupe et du répertoire, a valu à l’administrateur général une virulente cabale, que son caractère ne lui permettait d’affronter. En août 1993, il a été évincé de son poste en n’obtenant pas un second mandat.

A Avignon, succès et ratage

Cela ne l’a pas empêché de laisser en héritage, outre l’ouverture du Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, de fameux souvenirs, comme celui de Bal masqué, de Mikhaïl Lermontov, sous la direction stupéfiante d’Anatoli Vassiliev, ou du Dom Juan, de Molière, qui a enflammé la Cour d’honneur du ­Palais des papes, en juillet 1993. Jeanne Balibar était Elvire et Eric Ruf Don Carlos dans cette mise en scène de Jacques Lassalle, ­dirigeant la troupe de la Comédie-Française. Un an plus tard, toujours dans la Cour d’honneur, redevenu un metteur en scène « libre », il dirigeait Andromaque, de Racine. Un ratage. Cela arrive, mais l’homme l’a très mal pris. Encore blessé par son départ de la Comédie-Française, il a accusé les pouvoirs politiques et médiatiques de « condamner les artistes », et annoncé qu’il renonçait au théâtre.

Le désir fut le plus fort. Deux ans plus tard, Jacques Lassalle était de retour, au Théâtre national de la Colline, avec L’Homme difficile, d’Hugo von Hofmannsthal. En 2000, il tenait sa revanche, en dirigeant à Avignon Isabelle Huppert dans une Médée, d’Euripide, qui a fait date. Mais c’est beaucoup à l’étranger que le metteur en scène a ensuite œuvré, en Scandinavie ou en Pologne, où il jouissait de la plus haute considération.

Lire aussi :   Jacques Lassalle en quelques dates

En France, ses grandes années étaient derrière, même s’il a ­retrouvé la Comédie-Française en 2008 pour Figaro divorce, d’Odon von Horvath, et L’Ecole des femmes de Molière, en 2011. Au printemps 2017, il devait monter La Cruche cassée, de Heinrich von Kleist, au Théâtre du Vieux-Colombier. Il a dû renoncer, épuisé par le chagrin que lui avait causé la mort de sa femme, un an plus tôt. Elle s’appelait Françoise, il l’avait épousée en 1958. Ils avaient eu trois fils, et ils étaient inséparables.
LE MONDE |  03.01.2018 à 10h36 | Par  Brigitte Salino

Hommage à Molière par Guillaume Gallienne#

Le Lundi 27 novembre, 2017. Pas de commentaires

ca-peut-pas-faire-de-mal-25-novembre-2017

« Ca se joue maintenant », de jeunes comédiens racontent leur entrée dans la vie active

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Article du Monde (via flickr – Ádám Fedelin)

Certes, l’arrivée du mois d’octobre annonce la reprise des cours pour les apprentis comédiens. Mais, pour ceux qui viennent d’achever leurs études théâtrales, cet automne 2017 marque une rentrée « sans rentrée ». Loin du cocon rassurant de l’école ou du conservatoire, d’une scolarité intensive où tout se fait en collectif, les jeunes artistes s’astreignent à devenir maîtres de leur carrière et de leur emploi du temps, à choisir leurs projets et, parfois, font face au vide, à la peur latente d’être oubliés, de ne « plus jouer ». En somme, il s’agit de leur ultime apprentissage, celui qui se fait seul.e et répond à l’élan initial qui avait suscité leur vocation de comédien.ne et amorcé leurs années d’études de théâtre. Choisir quels artistes ils souhaitent devenir. Et aussi, de façon plus concrète, saisir les clefs administratives ou inter-professionnelles pour tenter de vivre de leur métier.

Qu’ils ou elles soient issu.e.s de l’université, d’écoles supérieures, de conservatoires ou de cours privés, L’Ecole du Spectacle a rencontré cinq jeunes artistes sur le chemin de l’insertion professionnelle.

« Lors de ma sortie, je n’ai pas arrêté une minute » : Thalia Otmanetelba, 25 ans, Ecole du Théâtre National de Strasbourg (TNS)

« Même si j’ai été diplômée en 2016, on pourrait dire que c’est ma première vraie rentrée loin de l’école. La première année où il y a des vraies plages de vide dans mon emploi du temps… Je suis parfois un peu perdue mais ce n’est pas douloureux. C’est intriguant d’affronter une période que je ne connais pas, de se demander ce que j’aime vraiment faire, comment je peux travailler quand je ne suis pas sur un projet, ça veut dire quoi « être comédienne » quand on n’est pas au plateau tous les jours….

Ma sortie d’école, c’était le luxe ! La saison dernière, je n’ai pas arrêté une minute entre les tournées des spectacles crées durant le TNS, les ateliers que j’ai donnés et les projets sur lesquels j’ai été embauchée. J’ai joué au Théâtre de la Bastille, à l’Odéon, en Chine avec Thomas Jolly… J’ai fait mon intermittence très rapidement et j’ai déjà renouvelé mes heures, ce qui m’apporte une certaine sérénité !

L’école du TNS m’a permis de rencontrer énormément d’artistes et d’univers différents, ce qui fait, qu’aujourd’hui, je peux m’appuyer sur un certain réseau pour travailler. En ce moment, je passe des auditions, j’aimerais aussi faire du cinéma. J’ai envie de continuer d’explorer les univers des gens en jouant et d’explorer la vie aussi ! C’est un super endroit de recherche, la vie !

Mélanie Charvy ( au centre), directrice artistique de la Compagnie des Entichés qu’elle a fondée avec des camarades du Studio de Formation Théâtrale (Compagnie les Entichés)

« Il faut être solidaires les uns avec les autres » : Mélanie Charvy, 28 ans, Studio de Formation Théâtrale de Vitry-Sur-Seine

Quand je suis sortie, en 2016, ça a été un peu dur car il n’y avait pas grand chose à l’horizon ! J’avais déjà co-fondé ma compagnie, les Entichés, pendant l’école mais je savais qu’il fallait absolument que je sois intermittente pour avoir le temps de m’y consacrer pleinement. J’ai donc cumulé les cachets et, en quatre mois, j’ai réussi à décrocher ce fameux statut. Ce qui s’est avéré concluant. Près d’un an et demie après la fin de l’école, j’ai écrit et mis en scène « Provisoires », un spectacle sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile qui a été joué plus d’une cinquantaine de fois. Ma compagnie s’est implantée en région Centre et nous pouvons enfin commencer à nous payer tout en développant de nouveaux projets.

Je trouve que, quelque soit la formation suivie, on ne nous donne pas assez de clefs administratives. Il faudrait que nous soyons plus solidement préparés à la recherche de subventions, à la gestion de compagnie, à la production… Ca fait aussi partie du métier et, lors de mes premiers rendez-vous professionnels, j’avais l’impression qu’on me parlait chinois !

Enfin, je pense qu’il est obligatoire d’être solidaire les uns avec les autres et s’intégrer le plus vite possible à un réseau, et ce dès l’école. Sinon il y a le risque de s’épuiser à courir les castings et d’envoyer 150 mails qui demeureront sans réponse…

«Créer reste la chose la plus difficile » : Simon Primard, 29 ans, Conservatoire du 6ème arrondissement de Paris

Je ne suis pas aussi effrayé que je pensais l’être de me retrouver « sans rien » à la rentrée. Peut-être aussi car je l’ai déjà vécu à plusieurs reprises ! Je vois cette fin d’études comme l’occasion de commencer à travailler sérieusement dans le domaine théâtral. Cette année, je travaille au développement de la structure que nous avons créé avec des camarades du conservatoire et à la création de Voie(x), un spectacle sur le voyage que je mets en scène. Très concrètement, je vis pour le moment du  revenu de solidarité active (RSA) et un de mes objectifs est de parvenir à être intermittent.

Effectivement, il y a des moments de découragements : on abat des heures de travail sans être rémunérés, on doit parfois payer pour avoir des salles de répétition – ce qui est insupportable : payer pour travailler alors qu’on a pas une thune ! -, on fait des petits boulots qui ne nous laissent plus le temps de nous épanouir artistiquement…

Mais l’enjeu principal est de réussir à créer des pièces que l’on est fier de présenter, qui nous permettent de transmettre au mieux notre point de vue. La principale difficulté pour moi ne sont pas tant les conditions de travail –  si je prends du recul, je viens d’une famille plutôt aisée avec une culture et un entourage qui me préservent de la précarité – mais bien de « faire » les choses, jusqu’au bout. Dans tout ça, créer reste la chose la plus difficile. Mais une fois le rythme lancé, la vie nous veut du bien !

Julien Julien diplomée du Conservatoire de Paris (Julien Julien via CNSAD)

« Je n’ai pas vraiment coupé le cordon ! » : Julie Julien, 29 ans, Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris

Avec ma promotion, on ne s’est toujours pas quittés. Depuis notre sortie, en 2016, nous travaillons ensemble sur des projets, nous passons du temps au Jeune Théâtre National  (JTN) [dispositif d’insertion professionnelle sur 3 ans NDR] pour répéter, on se voit beaucoup. Je n’ai pas vraiment coupé le cordon avec le Conservatoire !

Cette saison, je joue dans plusieurs projets – dont « Carmen » de Lucie Digout au Théâtre de Belleville et « Victoires » de Wajdi Mouawad à la Colline -, je passe des auditions au JTN et j’écris en ce moment une pièce qui questionnera les questions de notre temps et de notre génération dans un univers post-apocalyptique.

Avoir terminé mes études me donne l’occasion de choisir ce que je veux faire. A l’école, tu as envie de tout expérimenter, de tout bouffer. Maintenant, je commence à savoir ce qui me plait, les paroles que j’ai envie de porter. L’humain est aussi de plus en plus important dans mon travail. C’est ce que nous a appris Wajdi Mouawad, une rencontre qui m’a retournée : l’essentiel n’est pas de faire un produit fini mais de créer des voyages et des aventures. Se demander à quel endroit le théâtre devient poème et voyage.

Le Conservatoire nous a permis de faire des rencontres incroyables, aussi bien avec les intervenants que les élèves. Mais je trouve que pour tout ce qui est administratif et concret, on est laissés dans la nature. Il y a eu quelques cours théoriques mais pas assez. Le JTN prend le relais mais sur les questions d’intermittence ou de gestion de projets, on est des bébés !

« Je me donne un an à un an et demi pour trouver un rythme » : Camille Danveau, 25 ans, diplômée d’un Master recherche en Théâtre et autres arts de l’Université Paris 3

Je suis heureuse que mes études soient derrière moi ! L’année dernière, même si la recherche me plaisait beaucoup, je me disais déjà que j’étais dans autre chose, que c’était « l’année de trop ».

Bien sur, il y a les trouilles habituelles : ne pas savoir où tu vas, ni comment tu vas vivre. Mais j’ai envie de me consacrer au travail de création avec ma compagnie – Mots Nu Ment – et à de la recherche personnelle pour mon projet d’écriture. Nous cherchons actuellement des subventions pour pouvoir être payés et cesser de jouer gratuitement.

Pour le moment, je suis encore aidée par mes parents et je travaille comme ouvreuse dans un cinéma, ce qui me permet tout de même de rester dans un univers culturel. Mes parents sont aussi dans le milieu du spectacle donc ils me soutiennent. Ils savent que c’est moins facile qu’avant, quand on pouvait gravir les échelons un à un au fil de l’expérience. Je sais qu’il y a une périodes de galère mais je m’y étais préparée, ce n’est pas une surprise. Je me donne un an ou un an et demi pour me permettre de tâtonner et de trouver un rythme.

Ce qu’on peut me souhaiter ? Que mes projets se concrétisent !

uelles formations pour se préparer aux concours des écoles supérieures de théâtre ?#

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Etudiants de l’étbsa © Anne-Sophie Annese

La rentrée universitaire 2017 marque également le coup d’envoi de la préparation aux concours d’entrées des 13 écoles supérieures d’Art Dramatique (voir notre papier Tout savoir sur les écoles supérieures d’Art Dramatique). Habilitées à délivrer le  DNSPC (Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien), ces formations en trois années sont prisées par un nombre croissant de candidats.

En 2017, le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD) en comptabilisait 1330 pour 30 places ou 430 pour 14 places à l’École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine (l’éstba). Pour se préparer aux fameuses « scènes de concours » – ces trois minutes où le comédien en herbe doit révéler son potentiel artistique – plusieurs options sont possibles. D’un côté les cours publics dispensés dans les conservatoires municipaux, départementaux ou régionaux. De l’autre les cours privés et le « coaching » – des comédiens ou metteurs en scène qui proposent des cours particuliers pour des tarifs avoisinant en moyenne 30 à 40 euros de l’heure.

« Nous n’avons aucun à priori au moment du concours sur l’endroit où les candidats ont été préparés, explique Franck Manzoni directeur de l’éstba. Il est important que les candidats n’arrivent pas totalement vierges au moment du concours mais, davantage que d’avoir toutes les armes, il faut proposer quelque chose de singulier ». Une affirmation reprise par Serge Tranvouez, directeur de l’Ecole Supérieur d’Art Dramatique de Paris (ESAD) : « il faut être bien préparé pour être à l’aise sur le plateau et dans ses scènes mais ne pas chercher à être efficace, il faut tenter d’être soi-même. Certains candidats semblent parfois formatés. Or, ce qui nous intéresse, c’est de laisser entrevoir une fragilité ».

Les cours publics ont le vent en poupe

A titre indicatif, l’Ecole du Spectacle a recueilli la liste des formations suivies par les candidats reçus au CNSAD et au à l’éstba en 2017 et à l’Ecole du Nord de Lille en 2016. Des données à « relativiser au regard du nombre de candidats présentés par chaque école » précise t-on au Conservatoire de Paris où 16 admis viennent du cours Florent sur une promotion de 30 élèves. Il faut dire que le célèbre cours privé a présenté 318 candidats. Un effectif colossal lorsqu’on sait que les conservatoires ne comptent généralement qu’une quinzaine d’élèves par cycles.

« Le niveau des conservatoires a considérablement monté ces dernières années en terme de préparation aux concours, constate le directeur de l’ESAD. Un avis partagé par l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Techniques Théâtrales à Lyon où l’on précise que « la majorité des étudiants proviennent de conservatoires publics, de province ou d’arrondissement. ».

Vers l’égalité des chances

Face à la concurrence, de plus en plus d’écoles supérieures ont mis en place des dispositifs d’égalité des chances (voir notre reportage « Repousser les limites » avec les jeunes comédiens de la classe égalité des chances de la MC93). Après l’Ecole de la Comédie de Saint-Etienne ou le Théâtre National Supérieur de Strasbourg, l’éstba ouvre une classe préparatoire. « Le concours est de plus en plus difficile, affirme Franck Manzoni.  Le niveau monte considérablement et certains jeunes gens arrivent un peu perdus. L’univers théâtral peut sembler très codé, restreint. Nous avons eu envie de donner leur place à des personnes qui n’ont pas les moyens financiers, géographiques de passer les concours ou tout simplement qui n’ont pas accès aux bonnes informations. »

Pendant deux années, l’éstba va organiser des stages (inscriptions  jusqu’au 30 novembre) avant d’ouvrir une classe pour la rentrée 2019. Les frais des concours seront pris en charge par l’école. Car « passer les concours » coûte cher. « Près de 2 000 euros en comptant les déplacements, le logement et les frais d’inscription » estime Franck Manzoni. « Il y a une forme d’urgence à ce que les écoles accueillent des étudiants issus de milieux différents. Cela fait partie de notre mission, assène t-il. On ne peut pas faire vivre une institution qui soit un coffre-fort.» .

Tout savoir sur les écoles supérieures d’Art Dramatique#

Le Dimanche 15 octobre, 2017. Pas de commentaires

Article du Monde avec les vidéos

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Vous rêvez de devenir comédien, metteur en scène ou scénographe et vous avez du mal à vous y retrouver parmi la multitude de formations ? L’Ecole du Spectacle vous propose de faire le point sur les douze écoles supérieures d’Art Dramatique ainsi que les possibilités d’alternance et de compagnonnage. Dates de prochains concours, conditions de sélection et modalités des apprentissages, voici quelques indications pour y voir plus clair.

LES ECOLES SUPERIEURES

Ces écoles publiques délivrent le DNSPC (Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien) à l’issue des trois années de formation et proposent des dispositifs d’insertion professionnelle.

Le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris. Fondée en 1784, c’est la plus ancienne et la plus prestigieuse des formations d’art dramatique en France. Gérard Philipe, Michel Bouquet, Isabelle Huppert ou Pierre Niney y ont fait leurs classes. Les élèves étudient rue du Conservatoire dans le neuvième arrondissement de Paris et ont la possibilité de suivre un parcours de mise en scène.

Mode de sélection : Être âgé de 18 à 25 ans – concours en trois tours (présentation de scènes de 3 minutes et entretien oral) – Inscriptions au concours 2017 closes.

Dispositif d’insertion : accès au Jeune Théâtre National.

Coût de la scolarité : 459 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

L’Ecole du Théâtre National de Strasbourg (TNS)

Située au coeur du Théâtre National de Strasbourg, cette école très en vogue réunit des élèves-comédiens mais aussi des apprentis metteurs en scène, dramaturges, scénographes, costumiers et régisseurs.

Mode de sélection (comédien) : être âgé de 18 à 25 ans – concours en trois tours ( scènes + stage probatoire) – Inscriptions au concours 2017 closes.

Coût de la scolarité : 459 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

Dispositif d’insertion : accès au Jeune Théâtre National.

L’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT)

Cette école située à Lyon accueille chaque année près de 200 étudiants. Elle propose une formation à la fois théorique et pratique en jeu, administration, costume, direction technique, écriture dramatique, mise en scène, conception lumière ou son et scénographie.

Mode de sélection (comédien) : être âgé de 18 à 25 ans – concours en deux tours (scènes de 3 minutes puis stage) – Inscriptions au concours jusqu’au 1er février 2017.

Coût de la scolarité : 604 € de frais d’inscriptions (sauf boursiers).

Dispositif d’insertion : soutien financier ponctuel à l’emploi, jusque trois ans après la sortie de l’école.

Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes (ERAC)

Mode de sélection : être âgé de 18 à 26 ans – concours en deux tours (scènes et stage probatoire) – inscriptions jusqu’au 15 février 2017.

Dispositif d’insertion : le FIJAD.

Ecole de la Comédie de Saint-Etienne

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans – concours en deux tours (scènes et stage probatoire) – inscriptions au concours 2017 closes.

Possibilité de suivre une classe préparatoire intégrée Egalité des Chances.

Dispositif d’insertion : DIESE # Rhône-Alpes.

L’Académie de l’Union (Limoges)

Mode de sélection : Prochain concours comédien en 2019.

Dispositif d’insertion : aide aux salaires et aide logistique jusque trois ans après la sortie de l’école.

Ecole Supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine (ESTBA)

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans – prochain concours en 2019.

Dispositif d’insertion : fonds d’insertion depuis 2010.

Ecole de théâtre du Théâtre National de Bretagne (TNB) à Rennes

Mode de sélection : être âgé de 17 à 26 ans – prochain concours en 2018.

Dispositif d’insertion : soutien de projets pendant les six années qui suivent la fin du cursus.

Ecole Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier (ENSAD)

Possibilité de suivre une classe d’initiation et de préparation aux concours.

Mode de sélection : être âgé de 18 et 26 ans – deux tours (scènes et stage probatoire) – prochain concours : juin 2017.

Dispositif d’insertion : FIPAM

Ecole du Nord (Lille)

Formation comédien et auteur dramatique

Mode de sélection : avoir entre 18 et 26 ans – prochain concours en 2018.

Dispositif d’insertion : fonds de soutien aux productions théâtrales.

Ecole Supérieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris (ESAD)

Mode de sélection : avoir entre 18 et 27 ans – concours en trois tours (scènes, stage probatoire) – inscriptions 2017 closes.

Dispositif d’insertion : fonds d’insertion PSPBB/ESAD.

Théâtre Ecole Aquitaine, à Agen

Mode de sélection : être âgé de 18 à 30 ans – entretien avec le jury puis stage d’une semaine

ALTERNANCE ET COMPAGNONNAGE

Certains formations mettent l’accent sur l’insertion professionnelle et proposent à leurs élèves-comédiens d’entrer de plein pied dans le monde du travail.

Ecole Supérieure de Comédiens par l’Alternance (ESCA) du Studio d’Asnières sur Seine

Cette école supérieure est la seule à avoir mis en place un CFA des comédiens, une formation en alternance durant 3 années.

Mode de sélection : être âgé de 18 à 25 ans, concours en trois tours (scènes puis chant, danse et entretien) – inscription avant le 18 février 2017.

L’Atelier de Toulouse (durée 1 an)

Les sept élèves bénéficient un contrat de professionnalisation (rémunération entre 85 et 100% du SMIC) tout le long de leur scolarité.

Mode de sélection : être âgé de 18 à 27 ans – prochain concours en 2018.

Le GEIQ – Compagnonnage à Lyon

Dispositif de formation de comédien en alternance durant deux ans.

Mode de sélection : prochain concours en 2018.

Défense et illustration de l’option théâtre sur France Inter#

Le Samedi 7 octobre, 2017. Pas de commentaires

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