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4 level 4 à la Chartreuse#

Le Mercredi 5 février, 2014. Pas de commentaires

Compagnie. Imprimerie. Réécriture. Nouvelle. Création. Inspiration. Pays. Merveilles. Carroll. Interprétation. Rêves. Jung. Représentation. Chartreuse. Spectateurs. Silence. Lumière. Femme. Actrice. Alice. Tasse. Table. Lapin. Trou. Chut. Chute. Silence. Découverte. Innommable. Perdu. Étrange. Lumière. Scénographies. Film. Tissus. Écrans. Vert. Reflet. Ombre. Sculpture. Nuage. Voix. Femme(s). Lumineuse. Chaise. Soutien. Nourriture. Manger. Moi. Inconnu. Intemporelle. Heure. Mouvement. Temps. Illimité. Lumière. Illusion. Flash. Répétition. Aveugle. Réplique.Boucle. Diagonale. Mystère. Sans. Fin. Table. Tasses. Expérience. Élévation. Rideau. Théâtre contemporain…

Le metteur en scène Nicolas Geny et la comédienne Sophie Mangin nous ont proposé, à la Chartreuse, une réécriture de Level 4 no elevator. La spécificité et l’originalité de cette pièce est la réutilisation de quatre scénographies : l’utilisation d’un film, de tissus, d’une sculpture et de la lumière. Le texte est inspiré de Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll et de Sur l’interprétation des rêves de Jung.

Un écran géant prend toute la scène. Une image apparaît et semble montrer progressivement une table. L’écran disparaît pour laisser place à une table sur laquelle se trouve un grand nombre de tasses de thé. A côté de cette table  se trouve une femme .

Elle boit et regarde au loin. Une faible lumière éclaire derrière son dos, l’obscurité dévore toute la scène. Elle regarde au loin en espérant peut-être trouver une lueur d’espoir, un sens à sa vie tout en buvant sa tasse pour rejoindre un pays plus merveilleux.

Qui est-elle ? Où est-elle ? Que fait-elle ? Nul ne le sait. Derrière un écran blanc dont les lumières ne cessent de provoquer un effet de mouvement (incompréhensible), elle regarde son reflet dans un miroir. Elle semble vouloir le traverser mais elle reste enfermée dans cet étrange monde. Devant un écran vert, elle reste immobile puis s’évade; mais sa silhouette s’est « tracée » sur cet écran : son ombre, son âme est prisonnière de cette lame verte sans vertu. Coincée dans ce monde, sans personne, sans bruit, sans vie, elle semble tourner en rond. Qui est-elle ? Où est-elle ? Que fait-elle ? Elle-même ne le sait pas. Elle a suivi cet étrange lapin, portant des vêtements et tenant une horloge  jusqu’à son terrier et est tombée dans cet étrange monde.

Assise sur une chaise, l’actrice est engloutie par une étrange chosequi  tombe progressivement sur elle ne laissant apparaître que ses jambes. Est-ce un rocher ? Mais comment peut-il planer ? Est-ce un nuage gris libérant de la pluie ? Mais comment peut-il pleuvoir alors qu’il n’y a pas de nature, de paysage ? On ne voit que la misère de cette femme perdue dans ce lieu obscur. Tout semble perdu pour celle qui est plongée dans cette solitude.

Soudain une voix au loin. Une voix de femme. Elle s’adresse à la femme sous l’étrange chose. On pourrait penser que c’est sa conscience qui permettrait de la guider ou de la sortir du brouillard. Mais cette femme, cette voix sont-elles réelles ? N’est-ce qu’un rêve ? Cette femme égarée n’est peut-être que la vision, le rêve, l’imagination d’Alice ? Elle n’est peut-être rien. Enfin elle décide de sortir de la chose qui pèse  sur elle pour ne plus s’apitoyer sur son sort mais elle est enfermée comme dans une boite. Un sachet de chips tombe sur elle. Comme s’il était écrit «mangez-moi » sur le paquet, elle dévore son paquet de chips tout en parlant. Se rend-elle compte que c’est elle qui se fait dévorer par le vide, l’absence ? Toujours assise sur la chaise en mangeant, elle parle, elle s’adresse au public comme si elle voulait se libérer, comme si on lui demandait d’avouer un crime et nous, le public, on ne peut que la regarder comme si elle était un vulgaire cobaye que personne ne prend le temps d’écouter. Elle parle dans son monde, elle parle dans le vide.

Debout sur scène, des flashs apparaissent, disparaissent  encore et encore et de plus en plus vite jusqu’à ce qu’elle finisse de parler et s’en aille. Une fois qu’elle est partie, les flashs se transforment en une lumière, une lumière qui donne espoir, qui guide vers la vérité et le bonheur. Mais cela ne dura qu’un instant. Plus tard elle parlera du temps qui n’est plus : en tombant dans ce trou, dans sa perte, elle pouvait faire plusieurs choses en même Temps. Le « reflet » d’une horloge  affiche le temps de manière aléatoire pour montrer qu’ici le temps est détraqué. Elle se met à danser sur cette horloge comme pour montrer que ce temps détraqué lui pèse et l’empêche d’avancer et lui fait faire du sur-place.

Elle finira par refaire cette étrange danse  sur une ligne de cercle de lumière. Mise en lumière comme si elle était la vedette de ce monde, comme si elle se battait pour pouvoir avancer dans ce lieu sans temps.

Une lumière apparaît soudain au loin, lorsqu’elle atteint la lumière le personnage n’est pas le même que lorsqu’elle était dans l’ombre. Est-ce un dédoublement de personnalité pour qu’elle se sente accompagnée, une folie pour ne plus se sentir seule ? Est-ce une hésitation à suivre la lumière, à se libérer de se monde pour toujours ? Y a-t-il vraiment d’autres personnes qui l’entourent ? Tout cela est-il vraiment réel ?

Une table, des tasses, cette femme en train de boire. Tout cela sur scène. Elle semble maintenant « détendue ». Où est passée cette femme perdue dans un monde étrange et sans vie ? Elle s’approche du public et nous raconte que ce que nous avons vu n’était que le résultat d’une Expérience dont elle était le cobaye.

4 level 4 est une pièce étrange qui gagne en originalité grâce à la réutilisation des répliques précédentes, à la volonté de ne pas tout faire comprendre et à la reprise des  quatre scénographies de 4 level no elevator le spectacle précédent de la compagnie de l’Imprimerie. J’ai préféré cette réécriture malgré le fait que la répartition de ces quatre scénographies était, selon moi, meilleure dans 4 level no elevator – car on retrouvait bien l’univers d’Alice au Pays des merveilles et le fait de le transformer en théâtre contemporain donne une originale réécriture.


Nicolas, terminale

Une Bulle. Alexia Vidal # C.R

Le Mercredi 18 avril, 2012. Pas de commentaires

Un compte-rendu du spectacle d’Alexia dont nous avons suivi et accompagné le projet cette année. Après trois semaines de résidence au lycée, les élèves ont pu enfin assister à la création du spectacle.

Le retour de Morgane Méziat, élève d’enseignement de spécialité de première.

On a tous besoin d’une bulle. Pour nous protéger. On a besoin de s’enfermer, dans nos sensations et nos émotions. Pour se recentrer sur soi et ne chercher que le meilleur. On a besoin d’une bulle pour se ressourcer et nous retrouver.
Le spectacle une bulle parle de cette vie, cette routine que l’on côtoie tous chaque jour, cet étouffement que l’on ressent dans ces habitudes que l’on prend dans cette vie de répétitions et de ressemblances, dans ces habits toujours identiques que l’on porte.
Lorsque la lumière s’allume, elle marche sur l’estrade du haut. Son tailleur est bleu et noir. Elle va au travail, elle s’assoit à son bureau et parle de temps en temps; on ne comprend pas vraiment ce qu’elle dit, comme si ce n’était pas ça l’important. On retrouve le « Salut, ça va ? » habituel que chacun se demande sans vraiment attendre de réponse. La pause sonne, elle mange sa pomme d’une manière mécanique. Puis elle reprend le travail et part. Elle tombe et s’étale à plat ventre sur la seconde scène.
Le réveil sonne. Elle se lève et arrache la tenue bleue pour avoir la rose, tailleur identique. Elle monte sur la scène du haut et marche, elle risque de trébucher à chaque pas. Mais reste droite. Elle est à nouveau dans son bureau, elle parle de temps en temps; « Salut, ça va? »; puis elle reprend sa pomme et la mange toujours de la même manière. La pause parait plus courte cette fois ci et le travail qui s’en suit paraît lui, plus long. Tout comme l’est notre réalité. Les habitudes sont les mêmes, les temps de pause, de répit sont de plus en plus courts. Nous ne pensons plus à nous, nous nous enfermons dans un quotidien que l’on pense vrai.
Elle tombe à nouveau et du rose, nous passons au orange. La journée est la même, elle parle simplement plus vite et travaille plus que ce qu’elle se repose. Elle n’a même plus le temps de manger la pomme.
Elle tombe.
Finalement, elle quitte son tailleur pour une robe de soirée. Elle remonte et danse. Elle est en boîte de nuit. Elle tombe une nouvelle fois et lorsqu’elle se réveille, elle allume la télévision. Nous retrouvons les informations, nouvelles tristes, meurtres, enlèvements ou suicides également. Ce que nous entendons nous aussi, dès que nous allumons la radio le matin jusqu’aux informations que nous regardons le soir.
Elle rit. Comme si elle se jouait de toutes ces informations néfastes pour elle.
Ce quotidien d’enfermement elle le vit depuis toujours, ces mauvaises nouvelles ne sont plus rien pour elle. Elle se goinfre de pop-corn et rit encore.
Un murmure se fait entendre, « Je m’agite ». Nous retrouvons le texte que nous avions étudié avec elle, elle s’agite et le clame haut et fort.
Elle parle, enfin. Elle parle vraiment et dit des choses claires, elle s’agite, elle ne veut plus vivre, elle veut se voir mourir.
Enfermée habituellement dans une situation qu’elle connaît par coeur, elle veut se sortir de ça et ne plus répéter continuellement les mêmes choses.
Elle se débat. Elle veut sortir de ce monde qui l’étouffe.
Et nous arrivons à ce qu’elle retire sa robe de paillettes pour n’avoir qu’un ensemble couleur chair. Elle est elle même. Elle se sent elle même. Elle cherche à se débarrasser de ce qui a pu être étouffant autrefois, elle vit. Cette fois, elle cherche à vivre.
Se reconnecter sur soi-même. Elle se débat. Contre cette bulle.
Nous y retrouvons l’exercice que nous avions réalisé avec elle. Et petit à petit on comprend, elle se débarrasse de cette bulle. Enfin.

Ce spectacle a mis en évidence cet enfermement que nous côtoyons tous les jours dès le collège ou le lycée. Cette situation que beaucoup d’adultes vivent aujourd’hui au travail, avec ces sourires forcés, ces faux semblants, ces questions qui ne demandent pas réellement de réponse. Nous retraçons ici, ce combat que peut mener une personne pour se sortir d’un travail où nous en venons à nous oublier nous même et à n’être que dans le paraître pour enfin en arriver à vivre pour soi et être heureux.
Une bulle… Celle dans laquelle nous nous enfermons tous. Celle contre qui il faut se battre pour pouvoir être mieux.

Et celui d’Héloïse Borioli, élève elle aussi de première !


Avant d’assister à la pièce d’Alexia, nous avions participé aux répétitions et aux réflexions et problèmes que la comédienne rencontrait. Je me rendais donc au spectacle avec une longueur d’avance. L’effet de surprise serait donc moindre, je le savais mais cette idée me plaisait. J’allais pouvoir observer tous les détails de tout ce que j’avais déjà vu, constater une éventuelle évolution. De plus, je connaissais grossièrement la trame de l’histoire. En effet, je savais qu’Alexia allait incarner le rôle d’une femme enfermée dans le quotidien du travail, menant une vie rythmée par une routine presque impossible à rompre. Au début, il allait y avoir un procédé de répétition mis en place. Voilà ce qu’il s’est exactement déroulé sous mes yeux : le personnage d’Alexia dont on ne connait pas le nom -appelons-le la femme- marche sur place, face à nous pour se rendre à son travail. La femme entre dans l’entreprise « Bonjour, ça va ? … Ça va, merci. ». Elle s’assied à son bureau, rit à une boutade, on imagine. Elle tape ensuite une multitude de mots sur son clavier d’ordinateur, qui semblent être les mêmes. Une sonnerie retentit, c’est l’heure d’aller manger. Elle se lève et croque une pomme. La même sonnerie se fait entendre, il faut à nouveau aller écrire des mots. Il est vite temps de partir, « Au revoir, à demain ! » La femme s’en va et marche à nouveau face à nous. Elle rentre chez elle. Elle est alors sur une sorte d’estrade en bois (peinte en noir pour ne pas voir les traces faites par les chaussures sous les projecteurs) et elle tombe sur le sol pour littéralement s’aplatir sur le ventre. Le réveil sonne déjà, il faut se réveiller vite et repartir. C’est ce que fait la femme. Elle déchire son joli tailleur bleu, laissant place à un ensemble tout à fait similaire, mais de couleur orange. Et là, tout recommence. La journée d’aujourd’hui n’est qu’un copié / collé de celle d’hier… à une différence : la femme semble avoir plus de mal à marcher. La journée du lendemain sera construite sur le même procédé. Ces répétitions pourraient peut-être sembler longues mais comme je sais où elles vont mener et comme je regarde chaque détails, comme je fais mon possible pour que rien ne m’échappe, je ne m’ennuie absolument pas. Soudain, le rythme semble changer. Non, en fait, le rythme change. Sous son tailleur maintenant rose, ce n’est pas un tailleur rouge ou vert ou gris qui se cache, mais une robe noire courte cousue de sequins. La femme va s’amuser, et sortir danser. Elle commence alors quelques mouvements timides puis commence à se dévergonder un peu. Ça montre crescendo. L’esprit de la jeune femme a de moins en moins d’emprise sur son corps. L’alcool fait effet. Elle devient provocante et subit par la suite un rapport sexuel. Elle rentre chez elle. On la voit se goinfrer de pop-corn et rire au éclat devant les informations télévisées. Une ambiance de mal-être se créait, en tout cas pour moi. Tous ces bruits mélangés m’angoissent. On comprend déjà derrière ce rire le mal-être de la jeune femme. Mal être qui est vite confirmé : le corps de la femme se crispe. Cette dernière ne sait plus que faire de son corps, ses membres qui semblent douloureux et encombrants. C’est à ce moment qu’on l’entend parler « je ne veux plus de moi ». Ces paroles cassent un rythme installé par une bande son extrêmement présente depuis le début, rythmant tous les mouvements du personnage. Je sors donc immédiatement de la petite bulle qui avait été installée et je suis un peu déçue par les paroles de la comédienne. La pièce n’a plus la même emprise sur moi, et je n’ai plus le regard fixé sur le corps de la femme. Toujours est-il que l’histoire continue. La femme ne veut plus de ce qu’elle est devenue malgré elle. Elle déchire sa peau, ôte ses vêtements qu’elle ne supporte plus. Tout le spectacle raconte la libération de cette femme qui ne s’aime plus, ne se sent pas à sa place dans cette société, le monde que lui a imposé un patron, un travail. Alexia a voulu dénoncer la difficulté de l’enfermement qu’on nous impose ainsi que le fait de vouloir en sortir. Je pense qu’Alexia et son équipe ont voulu créer une œuvre sensible, touchante, personnelle et très profonde. Une fois que la femme a déchiré sa peau, comme une mue -faite de collants- elle porte une tenue très légère, connotant la peau humaine sans pour autant montrer la nudité complète, seulement l’évoquer. Pour finir, une multitude de bulles dansent dans l’air, naissant du plafond… Un monde difficile qui se substitue à un peu de poésie …

Extinction de Th Bernhard # ATP

Le Mercredi 24 novembre, 2010. Pas de commentaires

 Compte rendu d’ Extinction de Thomas Bernhard par Clémentine Furic, TL1.

Lecture de Serge Merlin, mise en espace de Blandine Masson et Alain Françon. 

Extinction c’est avant tout un texte. Une grande association. Celle de l’auteur Thomas Bernhard  et du comédien Serge Merlin. C’est le comédien qui est allé à l’encontre de l’auteur, après avoir lu chacunes de ses œuvres. Il deviendra par la suite l’interprète fétiche. Favori. Le meilleur. Celui dont T. Bernhard ne pourra plus se séparer.

Ce spectacle est né d’une conférence radiophonique. Lors d’une soirée, au théâtre de la Colline, une lecture d’Extinction, le dernier roman de T. Bernhard fut enregistrée pour France Culture. S’en est suivi une proposition de tournée grâce à Frédéric Franck, le directeur du Théâtre de la Madeleine, qui avait le désir faire découvrir ce texte, préalablement coupé, de manière à aller aux points les plus importants : un écrivain des années d’après guerre, un professeur se confiant à son élève, sur les traces de sa famille, autrichienne, Nazie, Collaboratrice. Quel dégoût.

Sur scène, Serge Merlin prend place. Il s’assoit à une table en bois. Seul objet meublant l’espace scénique. Quatre projecteurs mandarines éclairent le comédien. D’une lumière douce. Bleutée. Tamisée. Le manuscrit sous les yeux, il débute sa lecture. C’est d’une voix frêle, tremblante que l’homme nous raconte son histoire. L’histoire de son personnage. Celui qui vient se confondre , se mêler à lui avec rage lorsqu’il nous parle de sa langue, allemande. Il retrace son enfance. Le décès de ses parents. Le récit du comédien est parfois entrecoupé par des extraits de la lecture radiophonique. Les deux éléments étant séparés par un air de musique jovial, ainsi qu’une modification de l’éclairage qui devient d’autant plus tamisée. Le comédien se met alors en veille, laissant à ces mots enregistrés auparavant, le soin de narrer des souvenirs. Car on peut en fait, distinguer deux instants. Celui des souvenirs, la grande villa, l’enfance… Ainsi que celui du ressenti, à vif. La parole de l’acteur. L’expression du personnage. Le spectateur peut parfois se sentir bercé par cette voix douce et monotone. Mais il est vite ramené à lui par ces cris de douleur. De rage. De haine. Que l’on pouvait annoncer. Pré-sentir. Voir naitre dans les mains tremblantes du comédien, qui semble porter en lui toute la rage contenu dans les mots. La lecture sort alors de ces codes traditionnels. Nous n’avons pas à faire à un simple comédien se contentant de lire son manuscrit. Bouteille d’eau à sa droite. Mallette en cuir à sa gauche. La lecture va plus loin. Dans l’adresse. Dans l’expression. Dans le regard soutenu du comédien vers le public. Ça se rapproche du théâtre. C’est un peu comme une performance . Celle d’un comédien. Trop vieux pour porter son corps, qui nous fait part de sa vie marquée par l’occupation allemande, qui tourne autours de ses obsessions liées à ce qu’il a vécu, dans un dispositif scénique simple. Car cette table pourrait être celle de son personnage, qui y prendrait appui pour rédiger. Extérioriser. Procédant à mesure de la pièce, à l’extinction de ce feu qui brule en lui, de ce dégout créé par sa langue maternelle, par les membres de sa famille. Matérialiser son ressenti en mots. Les poser sur le papier pour les y laisser. C’est ce que le personnage effectue. Ce feu, cette haine, qui s’éteint, est symbolisé par la lumière des projecteurs qui s’éteint elle aussi progressivement jusqu’au noir.

 On ne peut pas vraiment définir cet événement. Le comédien n’avait nullement besoin de son texte, il ne lisait pas. De plus cela serait devenu une pièce de théâtre à part entière si Serge Merlin avait simplement été debout. On aurait alors parlé de monologue. Car durant ces quelques heures, le comédie n’a pas seulement dit les mots, mais a servi, a fait entendre le texte, la parole, de Thomas Bernhard.

 Pour ceux qui veulent retravailler leur compte-rendu, je signale le dossier de presse, très riche : http://theatremadeleine.com/spectacles/dp-extinction.pdf

Concert Brodsky # Scène nationale de Cavaillon

Le Dimanche 14 novembre, 2010. Pas de commentaires

Compte rendu des Concerts Brodsky, lecture-concert de Dirk Roofthoot et Kris Deffort.

 Par Frédérique Aubert, TL1.

Vendredi 15 octobre, nous sommes allés au theatre de Cavaillon voir Les concerts Brodsky. C’etait une lecture théatrale de poèmes de Joseph Brodsky, poète russe, lus par le comedien Dirk Roofthooft et avec  le musicien Kris Defoort.

Le plateau est assez denudé, deux éléments sont en avant de la scene : le piano à queue et le pupitre. Une petite table est placée un peu en arrière à coté du pupitre, deux bouteilles et deux verres sont placés dessus. À coté du piano, un synthetiseur et un ordinateur. Il y a egalement un écran en fond de scène, qui projette l’intérieur du piano et permet de voir les manipulations que peut faire Kris Defoort pour alterer le son à certains moments. Je trouve que cet espace épuré était juste par rapport à la proposition : cela laissait au texte de l’espace, pour résonner, rien ne distrayait le spectateur, son attention était focalisée sur le texte et la musique. Tout le reste du plateau était noir, sobre. Je pense que c’était une façon de focaliser l’attention du public sur ce qu’il entendait et non pas ce qu’il pouvait voir.

La lecture du comédien était vivante, son accent rajoutait une certaine couleur, ça ne genait pas pour le texte. Il a beaucoup modulé sa voix, il est passé du presque mumure à des cris de gorges, rauques, irritants même. Il bougeait mais tous ses gestes restaient dans une proportion moyenne, certains de ses déplacements étaient totalement détachés du texte et ça m’a un peu génée, on comprend mieux pourquoi Christian nous dit que ce genre de choses parasite la lecture. Je me suis laissée emporée par la chose, je n’ai que peu réfléchi à la valeur, au sens de toutes ces phrases ensemble. Je ne sais plus s’il y avait vraiment des histoires, ni combien. J’ai saisi beaucoup de petits morceaux, de bribes, entre deux pensées personnelles. J’étais dans me rêverie, mais je crois que l’atmosphère de la piece s’y prêtait. Je ne pense pas que c’était éxtrememnt grave d’avoir laissé ses pensées prendre un peu le dessus, je pense que ce type de lecture, de mise en scène induit un peu ça. J’ai senti beaucoup d’émotion dans la lecture de Roofthooft, et c’est là je trouve la beauté de la chose :  même si je ne saisissais que des fragments de son histoire, j’ai quand meme ressenti cette émotion par dessus mes propres pensées.

Je crois que ce qui a fait ce lien et ce qui m’a aussi portée à « revasser » était la musique. Elle m’a semblé etre le lien entre comédien et spectateur, elle a porté sa voix, est venue nous retrouver, nous atteindre lorsqu’on se perdait. Je trouve que c’est grace à cet accompagnement tantôt violent et saccadé, tantot lié et chantant, que la poésie est ressortie de cette lecture. La partie musicale a alterné entre piano, synthétiseur et pistes électroniques. Le tout a crée une atmosphere particulière, à mes yeux c’est là qu’est née cette tension dramatique qui fait tout le théâtre. Defoort a joué avec les sons, avec son instrument en l’alterant, en tapant, en pinçant les cordes à partir de l’intérieur. Le fait qu’il y avait cette petite caméra pour nous montrer ses manipulations était à la fois intéressante mais elle a parfois pris le pas sur le reste et semblait un peu trop comme une expérience à regarder, une présentation de techniques musicales, un peu superficielle. Je me suis sentie tirée de ma reverie lorsque le ton des choses s’est accentué, il a eu un long moment où Roofthooft criait presque, les mots lui raclaient la gorge. Ce moment était primordial, le spectateur est extrait de ses pensées, doit réellement subir ce moment, entendre la violence de cette diction sans rien pouvoir y faire. On vient secouer le spectateur, on le sort de son comfort, de son retrait, de son abstraction et  là, se crée encore une tension dramatique.

Calendrier de travail # 1ères / Tles

Le Mardi 2 février, 2010. 9 commentaires

Les carnets de bord du second trimestre sont à rendre :

- le 11 mars pour les Terminales obligatoires.

- le 18 mars pour les Premières obligatoires.

 DSC07183

Les compte-rendus sur Koltès sont à me rendre au plus tard le 2 mars (plus de pitié !).

Rappel : je recrute pour les journées portes ouvertes du samedi 13 mars. Inscrivez-vous dans les commentaires si vous êtes intéressés, et indiquez vos horaires.

Sujet type bac Artaud # 1ère

Le Mardi 19 janvier, 2010. Pas de commentaires

Voici le sujet et les documents. L’analyse des documents est à rendre pour mardi prochain.

Vous mettez en scène Il n’y a plus de firmament d’Antonin Atraud. Vous vous posez la question du dispositif scénographique que vous allez adopter. Pour nourrir votre réflexion, votre scénographe vous propose cinq documents.

Dans un premier temps, vous les analyserez et direz quels liens ils peuvent entretenir avec le texte d’Artaud. Vous direz aussi sur quelles pistes scénographiques, ils peuvent déboucher.

Dans un second temps, en vous inspirant d’un ou de plusieurs documents, vous construirez votre projet scénographique. Vous pouvez y joindre des croquis.

Doc. 1 : René Magritte, Golconde, 1953.

Doc. 2 : Hieronymus Bosch, Fragment du Jugement dernier, 1504.

Doc. 3 : Joan Miro, Le 13 l’échelle a frôlé le firmament, 1959.

Doc. 4 : Pierre Soulages, Sans nom, 1970.

20040624-magritte

Continuer la lecture…

Carnets de bord Premières obl. 12#09

Le Samedi 5 décembre, 2009. Pas de commentaires