Le livre d’or de Jan (2) # Hubert Colas

Le Mercredi 19 janvier, 2011. 1 commentaire

Jérémy Rayon

 Nous sommes allés voir Le Livre d’Or de Jan, au Théâtre du Gymnase a Marseille. Nous prenons le Bus à Avignon, apparemment, nous devons partir un peu plus tôt que prévu car des embouteillages sont prévus sur la route, nous partons donc en vitesse. Nous arrivons a Marseille, pile à l’heure, nous courrons jusqu’au théâtre ou nous prenons à peine le temps d’acheter à manger puis nous entrons dans le Théâtre du Gymnase.  Le Théâtre du Gymnase est situé assez proche de la Cannebière, une des rues principale de la ville de Marseille. Il a été construit sur l’emplacement d’un ancien couvent, et sa forme me fait beaucoup penser à l’Opéra Théâtre d’Avignon. Actuellement, il est un des Théâtres les plus dynamiques de Marseille, proposant une programmation qui mêle Théâtre contemporain et Théâtre classique. Les gradins sont construits sur plusieurs étages. Un premier étages, le rez de chaussé, au niveau de la scène, et un second, le balcon, qui offre une vue en plongée de la scène. J’étais placé au rez de chaussé, et malheureusement, lorsque nous sommes arrivés, il ne restait plus que des places au fond de la salle. Nous étions ainsi assez mal placés mais les sièges étaient juxtaposés de façon à ce que la scène était facilement visible, même des derniers rangs. La scène, située donc à mon niveau, est assez profonde, elle n’est pas très large mais elle offre juste assez de place aux acteurs. Nous avons une vue sur les Coulisses qui ne sont pas cachées par des rideaux ou autre, nous allons pouvoir voir les comédiens et toute l’équipe technique déambuler en arrière plan, à gauche et à droite de la scène.

La scène arborait une scénographie épurée. Elle était séparée en deux plans égaux par une vitre, aucun autre objet ne venait casser la pureté de cette scène. Les comédiens utilisaient divers objets, ou meubles durant le spectacle, mais ceux-ci ne restaient jamais plus longtemps que quelques minutes sur le plateau qui était nettoyé après chaque « numéro ». Les coulisses étaient donc à vue, on pouvait y voir les comédiens se préparer, s’habiller ou se déshabiller, tous les éléments techniques de mise en scène apparaissaient à l’œil du spectateur, aucun micro ou autre artifice de scénographie n’était caché. La vitre qui sépare la scène en deux offrait aux comédiens des possibilités scéniques diverses et favorisait le déplacement des acteurs ou la séparation de l’action sur deux plans. Ainsi, nous pouvions voir deux spectacles se dérouler, sur la même scène, mais dans deux univers différents. Cette vitre pouvait aussi servir d’écran, quand on y appliquait un filtre, alors, la technique de la vidéo était aussi utilisée dans ce spectacle. Nous étions donc devant un spectacle qui profite pleinement des techniques de mise en scène actuelles, comme la vidéo, ou les effets de fumées et de Lumières. Divers effets de lumières étaient utilisés pour nous transporter dans les scénettes que les acteurs jouaient durant le spectacle. Les ombres des acteurs pouvaient alors être modulées à volonté. Grace aux artifices visuels, nous étions complètement imprégnés du spectacle, par exemple, lors d’un changement de climat, une tempête, de l’eau arrivait sur la scène par le haut, telle la pluie déchainée. Le son était lui aussi très sollicité. Le chanteur Oh! Tiger Moutain fait partie intégrante du spectacle et participe au voyage qu’il nous donne. Sa musique, qui mêle sonorité acoustique et jazzy est très agréable. Il jouait seul, avec sa guitare (électrique ou folk), la plupart du temps mis en valeur par des effets visuels. Sa voix était assez grave, et elle changeait complètement de sa voix « parlée ». Les autres acteurs pouvaient utiliser un micro pour parler, comme lors d’un show télévisé.

Le spectacle commence avec le chanteur Oh! Tiger Moutain qui se situe derrière la vitre à ce moment là, il joue une de ses chansons, une chanson très lente, elle me paraissait assez triste même si je n’ai pas saisi la majorité des paroles (mon niveau d’anglais laisse à désirer). La voix Off est utilisée ensuite pour présenter les personnages de la pièce qui sont en réalité des amis de Jan. Jan est un jeune artiste qui disparu : est-il mort ? S’est-il suicidé ? Nous ne le saurons jamais. C’est son histoire qui va nous être racontée grâce à ses amis. Nous allons entrer dans une sorte de parcours initiatique, en quête de la connaissance du jeune homme. Les amis de Jan vont se présenter un à un, ils sont tous différents. On passe par des archétypes de personnages, chaque personnage possède des traits de caractères qui lui sont propres et représente, selon moi, plusieurs thématiques de la vie. Par exemple, il y a sur le plateau trois ex-copine de Jan, toutes les trois sont très différentes, pourtant, je pense que seule l’une d’entre elle incarne réellement l’amour passionné. Les amis de Jan vont réaliser des numéros artistiques que Jan réalisait lui-même étant vivant, du plus absurde au plus touchant. Ce sont plusieurs parts de Jan qui nous sont montrées dans ses numéros. Nous assistons à un travail de réminiscence extrême, ou chacun des personnages est lui-même. Il n’y a pas de quatrième mur dans ce spectacle puisque les acteurs interagissent directement avec les spectateurs. J’ai eu l’impression d’être intime avec les acteurs, comme si ils ne jouaient pas, comme si ils étaient humains intérieurement pour de vrai.

J’ai beaucoup aimé ce spectacle, il m’a vraiment touché. Je pense qu’Hubert Colas a voulu travailler sur la vie éternelle de l’art. Ainsi, Jan est mort physiquement, mais sa personnalité et son âme vivra éternellement grâce à ses œuvres, et dans le cœur de tous ses amis. J’ai eu la nette impression de connaitre ce jeune homme à la fin du spectacle, ses désirs, ses envies et ses passions. On nous retrace toute sa vie, les mauvais comme les plus beaux moments, mais on a l’impression que chacune de ses actions est significative de quelque chose. Comme s’il avait toujours quelque chose a montrer, à prouver. Je ne sais pas réellement quel était le but ultime de son art, mais je sais qu’il a touché beaucoup de gens, qu’il est resté gravé à jamais dans la mémoire de certains, et ça, cela nous fait réellement passer outre sa mort, nous donnant le désir de vouloir passer le restant de nos jours à contempler l’œuvre définitive de Jan.

Pour moi la pièce reste sans fin, nous laissant rêver à tout ce que Jan aurait pu faire si il n’était pas mort, et je ne veux pas qu’elle finisse, je ne voulais pas qu’elle finisse lorsque je suis sorti du théâtre. Je voulais m’endormir, rêver de cet artiste…

Je n’y ai pas eu droit car nous avons ensuite tourner dans Marseille pendant plus de deux heures, les autoroutes étaient bouchées.

C’est triste.

Un commentaire


Laisser un commentaire