Masterclass avec Baptiste Amann le 20 novembre 2019#

Le Mardi 3 décembre, 2019. Pas de commentaires

La grâce, c’est le mot qui apparaît et me reste dans la tête.
Il est des êtres touchés par la grâce, des êtres qui savent aussi la diffuser. Baptiste est de ceux-là.
Baptiste, à 16 ans, c’était déjà un auteur en puissance, une voix singulière. Ce qui a fait de lui un auteur_texte et spectacle tout à la fois_ ce sont ses refus. Je ne peux m’empêcher de penser aux propos de René Char : « L’acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté ». Il a su refuser tout ce qui s’écartait de son projet, peut-être même quand celui-ci n’était pas clair encore pour lui, il a tracé son sillon avec obstination, il a su s’entourer, accepter une posture qui n’allait pas de soi, pour lui qui a chevillés au corps des principes d’égalité et de démocratie : celle du metteur en scène.
Il avait 16 ans lorsque je l’ai vu sur scène la première fois, un être magnétique attirant la lumière.  Mais ce n’est pas la place qu’il occupe sur ce spectacle : il est tout à la fois, auteur, metteur en scène et scénographe. Nos élèves ont vu son spectacle « Des territoires…(et tout sera pardonné ?) » à la Garance le mardi 19 novembre. C’est une œuvre forte, complexe, qui questionne, bouleverse et agit en nous longtemps. Depuis le premier volet de la trilogie, ses spectacles gagnent en puissance. Je suis impressionnée par celui-ci, éblouie, remuée.
Le lendemain, échange à bâtons rompus entre nos élèves et Baptiste : sur le cirque, le théâtre et la découverte de la littérature au lycée, là où s’origine le goût des mots et de la scène. Casquette sur la tête, il partage son territoire proche encore du leur, transmet son savoir, explique de façon lumineuse puis dirige nos élèves en lecture avec précision et bienveillance. « Un mélange rare d’intelligence et d’humilité » m’écrit ma collègue Sonia Bresson. « Un parcours qui fait rêver » me dit une journaliste au téléphone.
Indéniablement.
Un parcours qui doit beaucoup, ainsi que le reconnaît Baptiste avec une élégance toute camusienne, à l’enseignement du théâtre au lycée. Un enseignement qui doit donc être défendu avec ferveur. Pour les prochains Baptiste.

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