Retour des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Laurie

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Vaé

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

saigon, dextreit natalia

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

La semaine du spectateur et plus globalement les spectacles que nous y

avons vus m’ont permis de confirmer une idée qui commençait à s’imposer à moi.

En effet à travers tous ces spectacles qui n’avaient de cesse de se détacher de leurs histoires, j’ai perçu une certaine perte de sens. Que ce soit dans les cris et la volonté de toujours plus de Die kabale der Scheinheiligen / Das Leben des herrn de Molière de Michail Bulgakow, ou dans les allées-retour de la souffleuse dans Sopro de Tiago Rodrigues, j’ai vu une recherche de quelque chose. On ne sait pas exactement quoi, peut-être le renouveau ? Peut-être l’inspiration par l’expérimentation ? Une recherche que l’on retrouve aussi dans Les Parisiens d’Olivier Py, où les personnages sont sans cesse pris dans une course pour la célébrité, l’amour ou le sentiment d’être vivant.

Je ne peux revoir certaines de ces pièces que comme un fouillis inachevé,  comme un pas incertain vers ce qui semble être le théâtre de demain. L’utilisation d’écran, de caméra sur scène,  de scénographie décalée, de tout ce qui appartient à d’autres arts essaient de donner à ces pièces une richesse, un intérêt que finalement elles pourraient avoir par elles même et sans ces artifices parfois grossiers ( ici je parle des écrans de Princesse Maleine.) Et il en va de même pour cet espèce d’engouement pour la colère et les cris, que ce soit dans Molière, avec l’insupportable Jeanne Balibar, dans Standing in time de Leni Ponifasio, où une des actrices semblait nous foudroyer du regard tout le long de la pièce, ou dans La Princesse Maleine par Pascal Kirsch, ou la-dite princesse est prise d’une crise de folie, assez bien joué il faut le dire. Mais on retrouve cette violence des sentiments dans Memories of Sarajevo du Birgit Ensemble, avec la reprise de la chanson de Nirvana chanté de façon à donner des frissons. Comme si certains sentiments ne pouvaient être que crié de façon viscérale.

Et c’est justement aussi cette puissance des sentiments qui m’a troublé, car faute d’avoir compris les pièces, ils semblaient déplacés. Et alors que peut-être le personnage de Jeanne Balibar aurait pu avoir toute mon empathie, elle ne s’attire, faute d’explication, que ma haine profonde. Et c’est une frustration encore plus énorme qui nait à l’encontre de ces pièces qui chacune ont démontré leur potentiel, mais qui se sont éparpillées dans des choix artistiques excessifs et qui semblent incroyablement élitistes car incompréhensible sans analyse par la suite. Aussi pour des spectateurs ayant besoin de sens comme moi ce fut une dure expérience.

Et face à ces pièces assez peu équilibrées vient Antigone. C’est en mêlant jeux d’ombre, musique jouait avec des instruments traditionnels, et la modernité des sous-titres projetés sur la vieille façade du palais des Papes qu’Antigone de Sophocle par Satoshi Miyagi m’a paru la pièce la plus complète. Et c’était aussi peut-être par l’expression finalement de sentiment qui nous paraissait compréhensible et vrai que cette pièce m’a plu plus que les autres. Alors que dans La princesse Maleine de Maeterlinck par Pascal Kirsch, seul les cris de la princesse lors de sa crise de folie m’ont paru réellement profond, c’est la totalité de cet Antigone japonais qui m’a paru touchant. Et c’est avec ce spectacle qui renouait avec ce que j’avais le plus l’habitude de voir au théâtre que j’ai vu la difficulté à s’attacher à l’histoire des pièces précédentes de par les dispositifs qui nous distrayait de celles-ci.

Alors que pour Antigone je connaissais l’histoire et que les dispositifs mis en place sur scène ne faisait que servir la pièce, dans La princesse Maleine ces dispositifs ne faisaient que m’en éloigner de par les écrans, ou même les glaçons ou la représentation du Fou assez perturbante. Et il en va de même pour l’effervescence de Die kabale der Scheinheiligen / Das Leben des herrn de Molière qui donnait de cette pièce l’impression d’un fourre tout ou le metteur en scène aurait juste réalisé ces plus grands fantasmes, que ce soit avec la tente Louis Vuitton ou le portrait géant de Staline.

On peut voir déjà combien ces pièces m’ont troublés, tant mon écrit doit être décousu, mais je le pense assez représentatif de cette semaine. Une semaine très enrichissante, mais aussi fatigante, la preuve en est que j’ai dormi à tout les spectacles où presque, contre ma volonté. Et peut-être est-ce dû à cette envie d’absorber le spectateur dans la pièce que j’ai ressenti de par tout ces dispositifs qui m’a finalement détachée de celles-ci. Car comment ne pas sortir de la pièce quand une image de château digne d’un jeu de Nintendo 64 est projetée sur un écran ( merci la Princesse Maleine,) et comment ne pas décrocher quand la pièce ne fait qu’empiller les références à d’autre pièces sans les différencier de la pièce même (Sopro et Molière ) nous perdant ainsi entre la pièce et les références.

Néanmoins j’aimerai parler aussi des bons cotés de ces pièces, même si finalement je comprends qu’on puisse se perdre entre ce que l’on veut mettre en scène, ce que le public veut, et ce qui est finalement réalisé.

Est donc venue ma louange pour mes personnages préférés et mis de coté. Je voudrais citer Hémon, l’amant maudit de Antigone. Ce n’est que pure caprice que de le mettre ici, car finalement dans la pièce de Satoshi Miyagi c’est Antigone elle-même qui m’a la plus touchée. Je ne m’étendrais donc pas sur celui qui est pour moi la vraie victime de cette tragédie, perdant à la suite l’amour de sa vie puis sa vie elle-même. Je passe donc à Lucas et Gilda, les deux personnages m’ayant le plus ému dans Les Parisiens, d’une part pour le coté tragique du poète maudit, et de l’autre pour la volonté de la « travailleuse du sexe » qui va mener sa révolution. On a avec Lucas la recherche de l’expérience, de la vraie vie, des émotions, du sens aussi peut-être, et avec Gilda la quête de la reconnaissance et du respect en quelque sorte. Mais c’est sans parler d’autres personnages rayonnants comme Touraine, joué par le même acteur que Gilda, ou Serena et sa quête qui la mènera sûrement à la mort.

On retrouve un peu de cet essoufflement pour la vie dans le personnage joué par Alexander Scheer dans Molière. Jouant d’une part Molière, et de l’autre un réalisateur en pleine crise, ce comédien est celui qui m’a permis réellement de tenir tout le long du spectacle de par son talent. Je n’aurai jamais cru tant m’associer à un personnage parlant l’allemand et joué par un acteur d’une quarantaine d’année, mais il faut croire que nous sommes tous perdus du début à la fin comme lui.

Mais la palme du sauveur reste le personnage qui remonte un peu La Princesse Maleine, dont on ne sait le rôle mais qui a comme particularité d’avoir le monopole du micro, que ce soit pour chanter ou pour railler les autres personnages, sortant totalement de l’ambiance lugubre de la pièce. Apportant un vent de fraicheur tout de même assez funeste pour l’avenir des autres personnages, il permet de se détacher des écrans horribles sur lesquels nos regards étaient jusque là rivé.

Maintenant je ne peux finir mon écrit sans évoquer les lectures à la Maison Ceccano, On aura tout de Christiane Taubira et Anne-Laure Liégois, portées par des acteurs professionnels et des comédiens amateurs tels que Anita et Maxime, deux amis du lycée. Parlant de sujet tels que le travail, ou l’immigration, qui sont tout deux au centre de notre société ces temps ci, ces lectures nous ont donné une petite entracte entre les spectacles tout en nous apportant une réelle réflexion. De plus, portées par des acteurs convaincants, elles ont su nous donner un point de vue différent dont on a bien besoin ces temps ci.

Et c’est aussi ce que l’exposition « Les Eclaireurs » au Palais des Papes

nous montre, en présentant des œuvres d’artiste venant d’un continent trop peu représenté dans l’art. Avec des œuvres magnifiques tel que Solipsis de Wim Botha, on a une autre image des artistes venant d’Afrique que celle qu’on nous montre habituellement, et ça fait du bien.

Pour ce qu’il en est de l’exposition de Ronan Barrot, qui a donné l’affiche du Festival cette année, je l’ai trouvé extrêmement sombre. Avec des peintures aux couleurs ternes représentant des corps difformes, torturés, cette exposition qui prenait place dans l’obscurité de l’Eglise des Célestins m’a mise assez mal à l’aise. De plus dans l’œuvre choisie pour représenter le festival je ne vois que l’œuvre El Tres de Mayo de Goya dont le personnage principal me fait beaucoup penser à celui du tableau de Barrot.

Ainsi se termine ma part de la semaine du spectateur, qui sera aussi déroutante à lire que les spectacles l’ont été pour les suivre. J’aimerai finir des remerciements pour cette semaine sans laquelle je ne serais pas venue au Festival, et qui m’a permis, malgré mes critiques précédentes, de profiter du théâtre tel qu’il est aujourd’hui. Je remercie donc le lycée Mistral, qui pendant trois ans m’a permis de voir des pièces, des films, m’ouvrir à une culture vers laquelle je ne serais sûrement pas allée par moi-même.

Mona

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Louise

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Julia

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Rebecca

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Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Retour sur Le Sec et l’Humide de Jonathan Litell et Guy Cassier

Bien que, de prime abord, cette représentation puisse rebuter -un seul acteur sur scène, statique derrière un pupitre, analysant la sémantique d’un livre écrit par le chef du parti nazi belge durant la Seconde Guerre mondiale- certains détails ont su d’emblée attirer mon attention. Tout d’abord, la présence d’un appareil audio insolite, comme étranger à la « conférence » mise en place par Jonathan Litell, semblant utiliser une bande sonore. Ensuite, une caméra filmant en continu la couverture d’un livre : La Campagne de Russie de Léon Degrelle.

La séance commence avec l’arrivée d’un unique comédien sur scène, Johan Leysen, qui entame son monologue d’un ton professoral, froid et scientifique, se rapportant à la figure d’autorité de l’historien. S’en suit la présentation du livre, La Campagne de Russie mémoires de Léon Degrelle, chef de file de la Légion Wallonie, représentant de l’idéologie nazie en Belgique. Petit à petit, la conférence se met en place, et le comédien établit un fait, inébranlable axiome qui s’impose gravement : « Nous avons tous un monstre en nous qui se réveille ou non ».

Et ainsi, à partir de ce constat, Jonathan Litell découpe les propos de Degrelle, les analyse, et peu à peu tire des conclusions pour construire son discours. À partir des seuls mots  de Degrelle, il parvient à décomposer et identifier la pensée du « fasciste lambda », du monstre qui nous habite, et nous expose point par point, au fur et à mesure de fines analyses psychologiques et sémantiques, l’Idéal et le Spleen du fasciste, le Bien et le Mal, le Sec et l’Humide.

En ponctuant son discours d’interventions du Voice Follower (l‘étrange appareil audio), et en nous faisant entendre le véritable discours de Degrelle, Jonathan Litell analyse en quelque sorte le propos de ce dernier en direct, et nous fait ressentir la voix hypnotique du monstre, celle qui a séduit et poussé au massacre.

Le tableau dépeint par l’auteur et le metteur en scène se découpe de plus en plus clairement. Le Sec, la droiture, figure puissante, forte, divine et masculine, fasciste par dessus tout, doit à tout prix combattre et triompher de l’Humide, limon putride et malin, entité insidieuse et malpropre qui tourmente et asservit, celle qui engloutit le monde de sa boue noire et nauséabonde. Ainsi se développe l’argumentaire clair et précis, « sec », de Degrelle. Ce qui est Sec ne peut être atteint par l’Humide, même dans la mort, il quitte contre son gré mais honorablement le combat contre la marée immonde. Il ne se décompose pas, il s’assèche et redevient poussière. Accompagné de la présence toujours plus importante du Voice Follower, Jonathan Litell fait résonner le monstre pour appuyer son discours. Ce dernier se poursuit, mettant toujours plus en valeur le dégoût de Degrelle pour l’Humide, mais qui, paradoxalement, se fait de plus en plus présent dans ses paroles ; tandis que la voix de Degrelle à travers le Voice Follower, au départ lointaine et bourdonnante, se fait de plus en plus claire et puissante.

Soudain, le discours analytique, la dissection sémantique s’arrête. Le comédien sur scène se place devant la caméra, prend tout l’espace du mur du fond de la scène. La couverture du livre est vite remplacée par un gros plan de son visage qui se découpe, immense, dans le noir de la salle, tel un Big Brother dictant d’un ton solennel son sermon faisant légion. La voix du Voice Follower se fait encore plus forte et oppressante, et le comédien se met à mimer avec ses lèvres les paroles de Degrelle. Ainsi l’hypnose commence, Johan Leysen, donnant vie au discours du monstre nous effraie autant qu’il nous fascine et nous intrigue. La voix de Degrelle et le comédien ne faisant plus qu’un, il est impossible de discerner le monstre de l’humain. Et la voix continue, infatigable : « Le Sec ne ploie pas, il résiste ou se brise, mais jamais ne sombre dans la vase immonde et perverse de l’ennemi ».

Ensuite, au visage immuable et terrifiant qui emplit l’espace de la scène  se joignent les mains du comédien, traçant dans l’air des mouvements fluides et liquides. Lentement, insidieusement, ce visage qui fait loi se fond dans le visage de Léon Degrelle, le monstre.

Doucement, l’infâme litanie du Voice Follower devient de moins en moins nette et se plonge dans le flot des idées horribles qui en ont séduit plus d’un. L’image à l ‘écran, troublante dans son fondu sur les contours du visage, se voit, une fois de plus, perturbée par l’apparition de formes translucides et mouvantes. Des déformations grouillantes qui viennent infecter et corrompre la vision du monstre en personne, pour finalement compléter l’hypnotique mais néanmoins terrifiante peinture du monstre, à la fois Sec et Humide, qui sommeille au fond de chacun. La voix disparaît brutalement, tout comme l’image, et c’est le noir qui survient.

Une magnifique démonstration de la personnalité changeante et insondable de l’Homme, à la fois monstre et défenseur de la morale, qui transgresse ses propres lois pour en établir d’autres.

César

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

« La raison tue la passion » à ce que l’on dit.

Passer cinq jours à dormir dans un internat sans clim, loin de chez nous, où il n’y a pas de jus d’orange pour le petit déjeuner,
Se coucher à 1h30/2h00 tous les soirs et se lever tôt,
Crapahuter dans toutes les rues d’Avignon sous un soleil de plomb, suer, transpirer, boire, avoir des gouttes de sueurs qui perlent sur notre front ou sur notre nez à cause des lunettes de soleils,
Entendre une musique de « J’ai chaud ! » accompagnée de petits rires et de soupirs,
Patienter de longues minutes dans les files d’attentes pour finalement se faire fouiller et déballer toutes ses affaires personnelles devant des inconnus et puis se faire confisquer notre unique bouteille d’eau de 75 cl,
Chercher désespérément des toilettes libres avant que le spectacle ne commence,
Echanger quelques regards complices avec le public, quelques sourires et parfois même quelques paroles,
Se vider les poches, économiser pour être sûr d’avoir assez d’argent pour se payer nos repas qui se composeront pour la plupart de sandwichs ou de burgers surgelés.
Recevoir des papiers, des tracts, des flyers tous les trois pas, se bousculer, s’excuser, courir pour ne pas être en retard, se perdre et faire des détours que nul n’avait encore fait,
Ou encore imaginer être les chevaliers de la table ronde tous les matins et converser, débattre à propos des fantasmagories que nous avions vues. Une fois même nous avons invoqué les dieux de la pluie, nous avons chanté à tour de rôle les yeux vers le ciel.
Y’a-t-il une raison à tout ce périple ?
La passion.

On n’en parle pas assez de notre quotidien de l’école du spectateur et pourtant c’est l’une des raisons pour lesquelles nous revenons chaque année. On a beau se plaindre, cette vie de passionné nous plait et nous en redemandons. L’école du spectateur clôt notre année scolaire et pour d’autres leur vie de lycéen de la plus belle des manières.
En effet, il n’y a aucune raison a tout ce remue-ménage, seul la passion l’anime et le fait vivre. Quelques déceptions se font ressentir, parfois des explosions de libérations, ou encore même des explosions de fascination. Notre palette d’émotions s’étend et se décuple à la sortie de chaque spectacle.

Alors oui, la passion prime sur tout et il faut que cette magie perdure.

Shana

Retours des élèves sur le Festival d’Avignon 2017#

Le Vendredi 11 août, 2017. Pas de commentaires

Céliande