Répétition publique de « Tu », spectacle de Matias Pilet à la Chartreuse le 19 septembre3

Le Mardi 27 octobre, 2015. Pas de commentaires

La scène était différente des autres spectacles. Elle n’était pas noire mais recouverte d’un papier blanc. Le silence s’est fait. Une forme s’est glissée lentement dessous, puis arrivée à l’extrémité de la scène, a ramené le tissu vers elle, jusqu’à former une gigantesque boule de papier. On aurait pu croire qu’elle était en train d’ingurgiter le papier ! Puis cette boule s’est transformée en quelques instants en un petit trampoline, c’est alors qu’à travers tout l’espace qui lui était accordé, l’acrobate a dansé avec cette boule.

Beaucoup d’harmonie ressortait de cette chorégraphie. Cela a duré quelques minutes mais malgré l’espace restreint, les figures étaient toutes différentes. Puis, tout s’est arrêté. D’autres tissus de papier se sont déroulés du plafond, faisant office d’écran. Cette partie du spectacle a été très émouvante. Une voix féminine nous a dévoilé son histoire, un événement marquant. Durant la diffusion de l’enregistrement, l’acrobate est resté assis sur scène, essoufflé mais tout aussi ému que le public.

A travers ce spectacle autobiographique, Matias PILET, nous a raconté son histoire, celle de sa jumelle non- née. Je n’ai pas pu interpréter correctement toute la représentation, certains éléments de son acrobatie m’ont échappé ou non pas été assez clairs pour moi. Cependant, l’utilisation du papier sulfurisé était un indice pour comprendre ce qu’il voulait nous faire passer et était très ingénieuse. A travers l’utilisation du matériau j’y ai reconnu la membrane de la poche où l’embryon se développe dans le ventre de sa maman.

De plus, l’intégration des images et de l’enregistrement ont vraiment rendu ce spectacle émouvant, nous permettant de comprendre l’importance pour Matias de nous raconter son histoire, qui est un sujet délicat et un poids pour lui. En effet, lors de notre échange à la suite de la représentation, il nous a expliqué qu’il avait le sentiment constant d’un manque, d’une absence.
Ce n’était qu’une représentation partielle du spectacle. Peut-être que si je vois le spectacle entièrement je pourrais comprendre ce qu’y est encore flou pour moi. C’était en tout cas, un beau spectacle dans lequel Matias PILET se dévoile et montre son talent d’acrobate.
Shana

Nous sommes allés voir à la Chartreuse le spectacle d’acrobatie « Tu » avec Matias Pilet et mis en scène par Olivier Meyrou. Il s’agissait d’une répétition. Les répétitions ont commencé trois semaines avant la première représentation officielle. Ce projet est donc en pleine maturation… Ce dernier représente l’intériorité d’une personne, d’un embryon tourmenté par la mort in utero de sa sœur jumelle. La répétition alterne entre extirpements impossibles et témoignages de la mère à son fils.


Les acrobaties, parfois violentes, traduisent son tumulte intérieur, en parti dû au refoulement de cette vérité à l’adolescence. L’acrobate confie notamment à la fin de la représentation que des choses ont besoin de sortir de lui par le corps, des choses qu’on ne peut exprimer par les mots. Il parle d’une renaissance en libérant une tension par le corps.
Le début m’a laissé perplexe : est ce vraiment un homme entortillé dans du papier sulfurisé ?


La suite est beaucoup plus prenante. Je me suis laissé intriguer, toucher par cette volonté farouche de craqueler, froisser, replier inlassablement ce papier qui parait indomptable. Une affaire bien étrange se transforme en lutte acharnée. Puis nous sommes entrainés dans ce tourbillon infernal, nous voulons savoir pourquoi cette détermination, parfois violente, qui s’explique progressivement au fil de l’œuvre par la voix d’une femme, Erika, la mère de Matias, expliquant sa fausse couche.
Nous comprenons peu à peu …


Les gestes lents de Matias, s’étirant le visage, me font penser à quelqu’un qui se lave de ses tourments, peut être de ses illusions. Cette obstination de libération fait sens : j’y reconnais les peines, les obsessions qui nous tiraillent et qui peuvent être extériorisées. Et puis même si ce papier sulfurisé, cette boule de tensions est repliée, il en restera toujours quelques morceaux à certains endroits, comme sur scène, encore à la lumière des projecteurs. Nous savons qu’il faudra vivre avec notre passé.


 » Tu  » délivre un message universel, celui d’une renaissance de l’être, d’une libération par le corps, d’une expulsion d’énergies, de tensions qui ne peut s’exprimer par une réflexion intellectuelle.
Jo


Matias Pilet, acrobate, a décidé de faire ce spectacle en hommage à sa sœur jumelle morte 3 jours avant la naissance.
J’ai trouvé l’utilisation du papier sulfurisé très utile pour représenter la membrane. Pour moi, le papier représente d’abord le ventre de sa mère, Matias étant dessous, donc dans le ventre, se débattant, ce qui m’a donné l’impression qu’il y avait deux personnes dessous mais seul Matias en sort. En effet, il a passé 3 jours dans le ventre de sa mère avec le corps mort de sa sœur avant de naître, seul.


Le papier devient ensuite sa sœur elle-même contre qui il se bat, il essaye de monter sur le papier comme pour surmonter son absence, il tente de mettre le papier le plus en boule possible comme pour la faire disparaître, il veut s’en séparer mais revient toujours vers elle car il y est manifestement lié. S’il essaye de la mettre de côté pour l’oublier, elle revient toujours (le papier revient en se déroulant d’en haut).


J’ai trouvé le témoignage de sa mère très émouvant et paraissait très naturel. Il permettait d’aborder le sujet du spectacle de façon concrète.


Je trouve que l’on peut facilement s’identifier à Matias par la tension qu’il a avec sa sœur qui peut représenter toutes les tensions que l’on peut ressentir nous même dans la vie. Je me suis senti concerné, ce qui a renforcé mon émotion.
Clément

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