Retour sur « Dan Då Dan Dog » à la Garance #

Le Dimanche 2 juin, 2019. Pas de commentaires

ANALYSE DE MARTINA, UNE ÉLÈVE TCHÈQUE QUI VA NOUS MANQUER


Jeudi le 14 mars on est allé voir un spectacle qui s’appelle Dan Då Dan Dog, aliasLe Mardi ouMorty est Mort,qui était écrit par Rasmus Lindberg et joué par les acteurs de Théâtre du Rivage. Il a eu le lieu à la Garance en Cavaillon. La mise en scène était faite par Pascale Daniel-Lacombe, qui a aussi fait la scénographie. La pièce était traduite par Marienne Ségol-Samoy, qui a aussi fait la dramaturgie, et Karin Serres. Le son était créé par Clément-Marie Mathieu et les lumières par Yvan Labasse. Les courtes scènes de danse étaient proposées par Elsa Moulineau. Cette pièce parle des problèmes sociaux d’aujourd’hui, notamment de la réflexion sur le sens de la présence des gens au monde et la crise de la quarantaine, comme des mécanismes d’adaptation après la mort de quelqu’un proche et des doutes et de la vie quotidienne en général.
DÉVELOPPEMENT :
À l’entrée dans la salle, tous les acteurs sont déjà présents sur la scène, chacun dans son coin, et ils font des mouvements répétitifs, mais juste avant le début de la pièce, la plupart d’entre eux sort de la lumière, pour ne pas empêcher le jeu. La scénographie était très profondément réfléchie dans cette pièce. Sur le plateau, on trouve tout un mécanisme manipulant des plaques mobiles sur scène, qui aident à créer des espaces différents. Par exemple, pour la toute première scène, il y a une plaque qui symbolise un coin de salon, où est assis monsieur qu’on ne connaît pas encore et une femme se tient debout derrière son fauteuil. Quand la scène commence, cette plaque est tirée en avant par des cordes métalliques et les personnages sont mis sous la lumière. Je trouvais cette idée très créative et très efficace, car elle a aidé à imager différents espaces mentaux, et même a donné la capacité de mettre en scène des scènes qui auraient autrement être très difficiles à gérer (par exemple quand plusieurs personnages racontent une histoire racontée par autre personnage). À part de cela, la scénographie était plus symbolique qu’explicite, par exemple, je sens que la première scène se passe dans le salon à cause du fauteuil, mais cet espace pourrait également être un bureau
ou une salle de ciné personnelle, parce que cette chambre est équipée d’un fauteuil et d’un projecteur. Cela laisse beaucoup d’imagination aux spectateurs.
Les lumières étaient simples, en général, la lumière utilisée était blanche, mais les lumières ont changé selon la situation : pendant les scènes nostalgiques elles étaient plus jaunes ou oranges, et pendant les scènes dramatiques ou négatives elles étaient bleues. Elles ont donc servi à mieux transmettre les émotions des personnages sur scène. Les lumières n’étaient pas très exploitées, mais je trouve qu’elles ont bien souligné le travail des acteurs et augmenté la perception de la signification des scènes, ce qui a aidé aux spectateurs à bien comprendre ce qu’ils voyaient, parce que vu que cette pièce était proche du théâtre de l’absurde, on aurait pu avoir des problèmes par rapport à la sincérité ds scènes.
Le décor de la scène était marqué par le dispositif des plaques qui représentaient les différents espaces. Sur le côté jardin, on a pu voir un fauteuil avec deux lampes, au milieu de la scène, il y avait des bancs et sur le côté cour, il y avait une table avec deux chaises et un lit avec un matelas et des couvertures. Le côté cour était utilisé comme la chambre de personnage de Sonny, l’espace au milieu était réservé au personnage de père de Sonny, j’imagine que c’était son bureau, mais ça aurait pu être également une cuisine. Ces espaces déplaçables ont été complétés par les bancs mobiles, qui ont été utilisés pour créer un pont soit proches des spectateurs, soit de l’autre côté du plateau. Tout le décor était simple, dans les couleurs neutres, j’ai noté que le matériel utilisé pour ces objets était plutôt le métal que le plastique ou le bois. Le décor a changé souvent selon les scènes pour convenir au mieux aux acteurs et pour représenter de nombreux espaces (une gare, la rue, plusieurs maisons, un cimetière). Il y avait aussi la neige utilisée dans une scène, qui était dispersée sur la scène de haut, et à la fin de la pièce, personnage de la femme qui est en train de mourir utilise des cordes métalliques pour s’envoler.
Puis, de nombreux objets ont été utilisés, le plus remarquable était un balai, qui était utilisé par plusieurs personnages pour représenter le chien, Morty. Cet objet était le plus remarquable représentant de l’aspect comique de cette pièce, parce que les acteurs qui ont travaillé avec ont basculé entre le fait que c’est un chien pour les personnages et le fait que c’est quand même un objet artificiel. Je trouvais cette idée géniale, parce que la présence de cet objet-personnage a vraiment aidé à alléger quelques scènes graves, plus les acteurs ont des fois vraiment donné l’impression de travailler avec un chien, ce que je trouvais drôle. De plus, on voit personnage de Sonny utiliser un fusil, quand il veut tuer Herbert, on voit aussi des valises portées par les personnages de la touriste ou par Amanda, quand elle décide de partir à l’étranger. On peut aussi voir les papiers qui portent le message de la maladie mortelle, qui va tuer la femme, ou une tasse à café, où les écouteurs, mais leur importance n’est pas très haute.
La musique employée était moderne, sans paroles, souvent jouée au piano accompagné de la batterie, et elle a, comme les lumières, servi à augmenter les émotions présentes sur scène. Pendant les scènes, quand les personnages parlent, elle n’est pas trop utilisée, pour ne pas empêcher leurs paroles, mais pendant les scènes de la danse de la touriste ou quand Sonny écoute de la musique pour travailler avec ses émotions, elle est bien forte. Ce niveau d’exploitation de la musique me paraît suffisant, je crois qu’elle a bien accompagné la pièce tout en laissant un espace aux paroles, qui étaient très importantes. Je crois que ça aurait possible de l’utiliser un peu plus, mais je comprends qu’il ne faut pas empêcher l’attention des spectateurs non plus.
Ensuite, lereste d’univers sonore, on note surtout que les acteurs aboient pour représenter Morty ou à la fin les bruits de la balle qui rebondit sur des nombreux objets, pour finalement assassiner Morty. Sinon l’univers sonore n’était pas très marquant, par contre j’ai remarqué, que les plaques ne faisaient pas de bruit quand elles étaient déplacées sur la scène, ce qui était très agréable pour le spectateur.
Les acteurs ont porté des costumes de l’époque contemporaine. Pour certains personnages la tenue a changé pendant la pièce, par exemple, quand on voit Herbert dans son travail de médecin, il porte (comme on attend) une blouse de laboratoire, par contre quand il promène Morty, ou quand il le cherche, il porte une veste d’hiver et une casquette. La femme qui va mourir change sa tenue aussi, quand elle visite le cimetière pour réfléchir sur sa vie et son défunt mari, le père de Sonny enlève ses vêtements à la fin du jeu, quand il se lâche finalement et danse à travers la scène. Par contre la touriste ne change pas ses vêtements, même quand il neige sur la scène ce qui fait un contraste avec les autres. À la fin, quand Morty est atteint par la balle, plusieurs personnages ont les vêtements colorés par le sang, notamment la femme qui va mourir et Herbert, qui essaye de ressusciter Morty. L’utilisation des tenues contemporaines semblait évidente, car la pièce est écrite récemment.
Selon moi, les acteurs ont joué naturellement, ou au moins dans la plupart des scènes (il faut dire, que je ne sais pas si c’est vraiment possible de jouer naturellement qu’on vole dans dix mille mètres d’altitude). J’ai beaucoup apprécié les scènes avec Morty ou la scène après la séparation d’Amanda de Sonny, où Sonny parle de tout ce qu’il souhaite pour Amanda. Je trouve que l’acteur a vraiment bien trouvé le côté agressif de cette scène. De plus, j’ai été étonnée par la force de sa voix, car il est arrivé à crier vraiment fortement sans empêcher l’articulation de ses paroles, même s’il a parlé vers le sol, et pas vers les spectateurs.
CONCLUSION :
Je trouve que cette pièce avait un plus grand impact que les pièces de théâtre traditionnelles, parce qu’on n’est pas encore habitué à la manière dont elle nous raconte une vérité sur nous-mêmes. Puis j’ai beaucoup aimé la scénographie, car elle a permis de mettre en scène comment les personnages racontent les paroles des autres personnages, ce qui me paraît génial. La pièce était très touchante aussi. C’était magnifique que la pièce ne mélange pas seulement les différents lieux, mais les différents temps aussi (par exemple, quand au milieu de la pièce, on se trouve dans une scène qui se passe quelques jours avant le début, et qui explique comment Amanda et Herbert se sont connus). De plus j’ai bien aimé la manière avec laquelle la pièce mélange les registres comique et tragique. Par exemple au tout début, on observe deux personnages qui répètent beaucoup de fois quelques phrases. Au départ, c’est drôle, mais comme le temps passe, on commence à réfléchir sur le sens de ces répétitions et la scène développe un côté tragique. Quelques traits sont aussi augmentés jusqu’à l’absurdité, par exemple l’indécision d’Herbert ou le fait que personnage de la femme n’a aucune possibilité de vivre à partir du moment où elle découvert qu’elle va bientôt mourir, ou qu’elle « lâche prises » à la fin et cætera. Ces aspects du spectacle m’ont beaucoup plu, parce que ça laissait au spectateur la décision du registre majeur de la pièce. J’ai aussi bien aimé les réflexions sur la vie et la manière dont elles étaient montrées par les acteurs.

Résultat de recherche d'images pour "Dan Då Dan Dog"


Pas de commentaires

N'hésitez pas à commenter cet article


Laisser un commentaire