Retour sur l’école du spectateur 2019#

Le Mercredi 7 août, 2019. Pas de commentaires

Retour en poésie de Juliette Mougel
Architecture

Architecture était pièce immaculée
Hystérie chaotique chorégraphiée
Une puissance brute imprégnée de folie
D’une violence étrange et d’innombrables cris
Dans le grand décors blanc explosait la famille
Le père contre fils, les maris et les filles
S’affrontaient en parole et monologues longs
Éclatait un mélange d’incompréhension
Un désordre émotif au vide cohérent
Ponctué de silence et de lourd corps chutant
Dans la déconstruction prospérait l’actuel
Incarné par la guerre aux échos tant cruels
Bateau dramatique passait entre l’histoire
A l’aide d’ellipses et du beau répertoire
De l’art à travers temps et de l’antiquité
Une organisation pourtant désordonnée
Mais il est dangereux de traverser l’époque
Car on perd l’énergie sur le plateau de toc
On créé un spectacle ennuyeux redondant
Soporifique aussi selon les ronflements
Mais on ne peut nier la belle performance
D’exceptionnels acteurs et de l’étrange ambiance
Offrant un rendu beau et très psychologique
Structuré, passionnant, monument historique
Accueillant en son flanc la déstructuration
Du monde qu’on connait poussant la réflexion

Mots du groupe, base du poème :
Long, intéressant, chaotique, étrange, dramatique, redondant, perte d’énergie, immaculé, hurlements, exceptionnel, hystérique, actualité, chorégraphie, psychologique, cohérent, blanc, parole, désordre, émotion, vide, performance, lieu historique, organisé, désorganisé, soporifique, silence, répétition, folie, déconstruction, monologue, incompréhension, chute, puissance, structuré, histoire, ellipse, beauté, violence, famille, guerre


Oksara

Dansez les corps dansez à travers les rideaux
Nous coupant des genres et de leurs idéaux
Nous faisant oublier que nous sommes humains
A l’aide de musique et de chants incertains
Devant nous de l’étrange et du spectaculaire
Mélange délicat de couleurs et lumières
Où se meuvent danseurs avec la précision
Ajoutée au contact et la respiration
Alors apparaissait la magie poétique
Créant devant nos yeux des tableaux esthétiques
Où se mêlaient symbiose et sensualité
Contraste avec la mort qui pourtant nous guettait
Le décès et le beau étaient en cohésion
Émotion qui naissait de la confrontation
Polyphonie étrange, vivace et gracieuse
Épurée, intrigante, atmosphère mélodieuse
Qui fait vibrer l’esprit et parfois clôt les yeux
Qui renforce l’image et donne un entre deux
Entre incompréhension et la complicité
Des danseurs, du public, d’une communauté
Alors on sort dehors, renversés, fatigués
Mais heureux d’avoir vu, écouté et rêvé

Mots du groupe, base du poème :
Beau, étrange, intriguant, incompréhension, atmosphère, esthétique, délicat, épuré, poétique, lumière, spectaculaire, magique, vivace, mélodieux, confrontation, mort, musique, rideau, cohésion, renversant, sans genres, image, gracieux, contact, mélange, chant, couleur, tableau, décès, communauté, respiration, précision, sensualité, symbiose, coordination, contraste, polyphonie, atmosphère, complicité, entre deux.

Nous l’Europe

Dans le dortoir du monde
Les pays se questionnent
Sur l’Europe l’enfant
À la croissance éteinte
Sur ses fonctions d’union
Et son utilité
Sur son histoire enfin
Naissance  mouvementée
Son présent reste aussi
Au milieu des tempêtes
Elle ne sait gérer
Ses parents, leur querelles
Alors tombe le corps
Du haut de la muraille
L’Europe se suicide
Mais ne meurt tout à fait
Pays parents sont là
La relevant sans fin
Aidés par le métal
De la femme à voix d’ogre
Pour finir les Beatles
Nous attirent sur scène
Chantant, criant aimant
La fête de l’Europe
Et visant sans faillir
La solidarité
La vie, la liberté


Nuits d’internat

Personne ne le sait si on ne l’a pas vu
Les nuits de l’internat dans le lycée désert
Où dorment d’étranges, jeunes hurluberlus
Ayant parfois c’est le cerveau à l’envers

Tous les soirs le schéma se passe et se répète
On arrive en zombie, de fatigue assommés
Mais heureux d’avoir vu sous l’appel des trompettes
Des œuvres qui nous ont déplus, émerveillés

Quelle erreur de penser que l’on ferme les yeux
On résiste avec peine à la voix de Morphée
Pour tous se rassembler plus ou moins silencieux
Créer à notre tour un spectacle endiablé

Alors dans Avignon les loups garous s’éveillent
Cupidon amoureux, le corbeau, le renard
Ce beau monde assemblé crée alors des merveilles
A coup de sortilège et violentes bagarres

Puis les plus raisonnables partent se coucher
En petit groupe alors on fait des réunions
Et on parle d’amour, de notre vie rêvée
Tant que l’épuisement n’ai pas notre abandon

Alors oui le matin lourdes sont les paupières
La fatigue nous gagne un peu plus chaque jour
Mais le soir rebelote, descendent les sorcières
Et on refait le monde à grand coup de toujours

En fait voilà aussi le pouvoir du théâtre
De tenir en éveil pour rassembler les gens
Animer les débats et regarder s’accroître
L’amitié, les rêves sous le soleil couchant



Alors pour tout cela, un grand et incommensurable MERCI !


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